DES ÉCOLES UE MÉDECINE
leur sont relatives, beaucoup de lumières infiniment précieuses : mais , à son tour , elle leur renvoie les plus vives clartés; elle indique, et bientôt elle fera peut-être mieux qu’indiquer cet invisible lien qui unit les fonctions des organes avec les opérations les plus nobles de l’intelligence et de la volonté : enfin , plus puissante que les leçons de la sagesse, elle sait ramener quelquefois , par l’effet immédiat de certaines impressions physiques , l’esprit égaré de l’homme au bon sens , à la vertu , au bonheur.
Ajoutons que si notre espèce, comme on ne peut plus , je pense , en douter maintenant , est susceptible d’un grand perfectionnement physique , c’est encore à la médecine qu’il appartient d'en chercher les moyens directs, de s’emparer à l’avance des races futures, de tracer le régime du genre humain : d’où il suit que des progrès de cette science dépendent peut-être les destinées étonnantes d’une époque à venir que nous n’osons pas même imaginer.
Quoi qu’il en soit , au reste , tous les hommes éclairés commencent à sentir aujourd’hui la haute importance de la médecine ; ils reconnaissent
toute l’étendue de son influence sur les autres parties de la science humaine. Pour répondre à leurs vues, pour ne pas rester au-dessous des lumières du siècle, son enseignement doit remplir les différents objets que je viens d’exposer en peu de. mots. Il ne doit pas seulement assurer
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et hâter ses progrès particuliers; il doit encore avoir pour but d’augmenter cliaque jour cette grande action quelle exerce sur les autres travaux de l’esprit , et notamment sur La philosophie rationnelle et sur la morale, dont le flambeau nous devient d’autant plus nécessaire, que, toutes les superstitions étant évanouies , il s’agit sérieusement d’établir, sur des bases solides , le système moral de l’homme , et de faire une science véritable de la vertu et de la liberté.
En lisant les écrits des anciens médecins, on a souvent sujet de s’étonner qu’avec si peu de connaissances exactes en physique , avec des moyens curatifs si faibles et si bornés, ils aient pu porter si loin la pratique de leur art. Mais , outre cet esprit éminent d’observation qui fait leur caractère distinctif, ils furent exempts de beaucoup de préjugés systématiques, dont les modernes, malgré toute la supériorité de leur savoir , ont bien de la peine à se délivrer entièrement. ,
Une circonstance particulière paraît avoir influé beaucoup sur la rapidité de leurs premiers pas , et la circonstance contraire sur le désordre , l’on peut même presque dire sur le brigandage qui s’est introduit dans la médecine vers ces derniers temps : c’est que les anciens n’avaient point imaginé de morceler dans la science, ce qui est indivisible dans la nature, et qu’liabitués à ‘considérer les fonctions de la vie sous toutes leurs
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laces, les altérations dont elles sont susceptibles sous tous leurs rapports, les moyens de curation, et les effets de ces moyeus sous un seul point de vue ou dans une espèce de tableau méthodique, il s’ensuivait que les observations de ces génies originaux , leurs expériences , leurs raisonnements embrassaient toujours la totalité des phénomènes et l’ensemble de leur sujet.
Ce fut seulement vers la fin du quatorzième siècle, temps d’extravagance et de barbarie, que la médecine subit un partage légal: dès lors on vit s’introduire dans son étude, et dans sa pratique, tous les abus que peuvent produire, d’un côté, de vaines idées de prééminence et le mépris des connaissances les plus utiles; de l’autre, les usurpations toujours croissantes de l’ignorance et l’avilissement des plus nobles fonctions.
Séparer la chirurgie et la pharmacie de la médecine proprement dite, c’est réellement mutiler l’art de .guérir ; c’est le mettre hors d’état de rendre à l’humanité tous les services qu’elle doit en attendre. En effet, pour arriver à son but, je veux dire pour obtenir la guérison, l’art emploie deux espèces de moyens, "dont les uns agissent en changeant l’état intime des organes , ou simplement celui de la sensibilité ; les autres n’ont pour objet que de changer la seule disposition ifeécanique des parties. Ces deux espèces de re-, modes Ont souvent besoin d’ètre employées à la fois. artiste qui las rfiet en usage doit donc