‹ Œuvres complètes de Cabanis, membre du senat, de l'institut, de l'école et société de médecine de Paris, ... Tome premier cinquieme Révolutions et réforme de la médecineChapitre 51 sur 67 · SUR L ORGANISA T ION · texte numérisé non relu

SUR L ORGANISA T ION

connaître leur nature et leur action particulière; il doit savoir préparer ceux qui demandent quelques transformations préalables. Le traitement de l’infirmité, la plus simple en apparence, exige, pour le choix et l’application des moyens, toutes les connaissances générales et fondamentales «le l’art : des études partielles ne donnent pas ces connaissances ; les plus grands abus sont donc le résultat inévitable de la division, établie chez les modernes , eutre le médecin et le chirurgien.

Mais quand il serait moins nécessaire de réunir de nouveau des études et des fonctions qui appartiennent à une seule et même science , à un seul et même art , il suffit que cela soit possible pour que vous deviez le tenter. Qui de vous, en effet, peut ignorer que ces diverses connaissances s’appellent, se fortifient, se fécondent mutuellement, et que rien n’est plus utile que d’en rassembler les objets sous un seul point de vue, quand on< le peut, sans qu’il en résulte de confusion?

Nous vous proposerons donc, citoyens représentants, de ne reconnaître qu’une seule science dans les diverses parties de la médecine * de ne légaliser l’exercice que d’un seul art de guérir.

Objecterait- on que les campagnes manqueront de secours , si l’on exige de trop fortes études de la part des officiers de santé? Je réponds qu’il vaut mieux quelles en manquent réellement, que d’en recevoir qui sont presque toujours funestes. Ajouterait-on quelles ont un besoin indispenSa-

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ble de chirurgiens, et qu’il faut que la chirurgiq puisse s’y faire sans tant d’appareil? Je réplique que , dans le vrai , la chirurgie ne s’y fait pas. Pour les opérations de la taille , du trépan , des hernies , on va chercher de véritables chirurgiens dans les grandes communes voisines ; et quand on se conduit autrement, le pauvre patient s’en trouve mal. Les chirurgiens de campagne ne font pas la chirurgie que leur titre les obligerait k savoir , et ils font la médecine qu’ils n’ont point apjjnse. Quelques hommes instruits , disséminés dans un département , y seront bien plus véritablement utiles que cette foule d’ignorants auda- * cieux qui se jouent de la vie de leurs semblables, et qui moissonnent impunément la classe respectable, mais souvent crédule, des cultivateurs.

Par la loi du 14 frimaire an III, la Convention nationale organisa les trois écoles actuelles, de Paris , de Montpellier et de Strasbourg. Le plan en avait été tracé par les meilleurs esprits et discuté avec beaucoup de soin. Cette assemblée dont le souvenir se rattache à celui des plus grands événements, fut sans doute gigantesque en tout : terrible, insensée, monstrueuse daiis les écarts où la précipitèrent les manœuvres de quelques brouillons, et, s’il faut le dire aussi, la difficulté des circonstances; elle fut sublime par son énergie, par sa constance invincible, par le bon sens supérieur avec lequel elle adopta souvent les vues les plus grandes et les plus philoso-

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phiques pour le perfectionnement des sciences

et des arts.

Parmi ses bienfaits dans ce genre, je ne crains pas de citer la création des écoles actuelles de médecine. C’était pour la première fois qu’on appliquait, chez nous, à l’enseignement de cette science, des idées dont nos voisins profitaient depuis long-temps , mais qu’on devait, en grande partie, à la philosophie française. Le suocès n'a point trompé les espérances des fondateurs de ces écoles : les deux qui sont en pleine activité ont déjà produit de nombreux élèves, dom les • maîtres ont plus d’une fois , admiré la solide instruction. Déjà, dans leur existence nouvelle, ou voit sortir de leur sein , des ouvrages dignes dé marquer honorablement cette époque; et les étrangers qui viennent de toutes parts y perfectionner leurs études, répondent assez aux censures dont elles ont pu devenir l’objet.

Ainsi donc, ce ne sont pas;vos commissions qui vous proposeront de désorganiser cette partie de l’enseignement, et de la livrer encore à plusieurs années peut-être d’anarchie, en la recréant sur des plans nouveaux. Nous ne vous le proposerions même pas, quand elle présenterait un aspect moins satisfaisant. , >

Il s’agit aujourd’hui fie consolider et de perfectionner. Quelques savants nous restent encore pour renouer la chaîne de l’instruction interrompue depuis long-temps : si nous voulons ne

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pas perdre le fruit de leurs lumières et de leur zèle, il faut les rassurer sur leur sort. De nouvelles incertitudes achèveraient facilement de les dégoûter; et l’enseignement public les perdrait pour toujours.

Ce que je dis ici n’empêche point sans doute les réformes de détail que chaque établissement d’instruction peut exiger; mais tous les hommes éclairés , tous les amis des lumières , tous ceux qui , s’intéressant à la prospérité durable de la république, savent en même temps lire dans l’avenir, sont fortement convaincus que tout nouveau boideversement, à cet égard 'comme à beaucoup d’autres, serait véritablement fatal.

Dans le plan de vos commissions, les écoles de médecine font partie des lycées. Mais leur nombre n’est pas tout-à-fait le même; c’est-à-dire, qu’il y aura six écoles, dont quatre doivent être placées dans les mêmes communes que les lycées eux-mêmes. La cinquième, ou celle de Montpellier, et la sixième , ou celle de Strasbourg, seront seulement à côté de fortes écoles centrales; car il ne paraît guère possible de placer un lycée ni dans l’iine ni dans l’autre de ces deux communes , qui d’ailleurs n’auront rien à envier, quand leurs écoles de médecine auront pris tout l’éclat que sont dignes de leur donner d’illustres professeurs.

Vos commissions ont regardé cette réunion des écoles de médecine aux lycées, comme très favorable aux progrès de la médecine, et de toutes

les autres parties de renseignement : aussi ne peuvent-elles s’empêcher de regretter que leurs vues, à cet égard, soient dérangées par les deux exceptions ci-dessus. Et sans doute elles entrent dans vos sentiments, en exprimant ici, par mon organe , combien elles auraient désiré que toutes les autres convenances se fussent trouvées ici d’accord avec l’intérêt bien réel de l'instruction, et avec la juste estime, dont il vous eût été doux de pouvoir donner un témoignage indirect à des savants distingués.

Vos commissions ne pensent pas que vous deviez régler en détail et d’une manière fixe le nombre, l’objet et la formation des différentes chaires : elles ont jugé que la loi devait se borner sur ce point à des dispositions générales, et laisser aux écoles le soin de faire, dans la distribution des cours , tous les changements qui peuvent devenir nécessaires. En effet, les progrès journaliers de la science peuvent rendre certains cours inutiles; ils peuvent, ils doivent même, de temps en temps , exiger l’établissement de plusieurs cours nouveaux : et il ne faut pas que le législateur en fixant, d’une manière invariable, ce qui, de sa nature, doit être susceptible de changement, s’oppose d’avance à des améliorations que le cours des choses doit rendre indispensables, qui même seront commandées quelquefois par certaines circonstances de localités. C’est ce que l’école de Montpellier a démontré

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solidement, dans son Mémoire sur la nouvelle organisation de l’Enseignement médical.

Nous avons également pensé qu'il n’était pas digne de la loi, d’entrer clans les détails d’un réglement relatif à la police des écoles, à l’admission des élèves dans leur sein , aux examens qu’ils doivent subir pour recevoir le titre légal d’officiers de santé, à la tenue des registres, à la forme des diplômes. Ce sont autant d’objet d’exécution ou d’administration, qui, par conséquent, appartiennent au Directoire exécutif, et pour lesquels il a seulement besoin d’être dirigé par les personnes à qui , naturellement , ils sont le plus familiers. Aussi votre commission vous proposera -t- elle de confier aux écoles la confection de ce réglement; mais d’exiger qu’il ait reçu l’approbation du Directoire, avant de pouvoir être mis en exécution.

D’ailleurs, peut-être est-il déjà temps que les lois de la république dépouillent, une fois pour toutes , cet esprit réglementaire et minutieux qu’elles ont présenté trop de fois , et qui certainement en dégrade la majesté.

Les personnes qui voudraient mettre les établissements d’instruction publique sur le même pied , dans les petites communes que dans les grandes, feront sans doute un sujet de reproche à vos commissions,, d’avoir conservé entre les écoles de médecine de Paris , de Montpellier et 'de Strasbourg, la gradation établie par la loi du

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14 frimaire an III; et peut-être crieront - elles de nouveau contre l’aristocratie de Paris. Mais il est assez démontré que les lumières n’existent malheureusement encore que dans les grands foyers très-populeux. C’est là seulement, que les hommes avides d’instruction trouvent tous les moyens d’en acquérir; c’est là, que les grands talents cherchent un théâtre digne de leur ambition ; c’est -là , que la réunion des esprits les plus distingués dans tous les genres, celle des collections qui fournissent un aliment éternel à l’étude, et des monuments de tous les arts; en un mot , c’est là que la réunion de tout ce qu’on entend et de tout ce qu’on voit, imprime un mouvement singulier à l'intelligence , donne au goût une finesse et une siireté qui rejaillissent utilement , même sur les scienées aux progrès desquelles le goût semble avoir le moins de part. Or, pour répandre les lumières où elles ne sont pas, il faut bien nécessairement les prendre où elles sont; pour en rallumer véritablement le flambeau, il faut le chercher dans les lieux où il fume encore , dans les lieux où toutes les circonstances peuvent lui rendre rapidement tout son éclat.

Songez, en outre, que des savants distingués, que de grands artistes ne se déplacent pas facilement. 11 en est peu qui se laissent arracher à un séjour où leur esprit peut recueillir journellement de nouvelles connaissances, étendre et multiplier. journellement ses conceptions et ses vues;

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où viennent se réunir, de tous les points du monde savant, les hommes les plus dignes de converser avec eux et de les apprécier.

C’est donc là , d’abord , qu’il faut chercher à tirer parti des lumières existantes : c’est là qu’il faut commencer à créer de grands établissements d’instruction. Bientôt des élèves nombreux viennent de toutes parts se former dans leur sein ; et bientôt ils en rapportent le feu sacré, dont ils vont partout disséminer les étincelles.

Mais ce qui est vrai relativement à toutes les sciences en général, l’est surtout relativement à la médecine en particulier.

Permettez-moi d’entrer, sur ce sujet, dans quelques explications.

Il serait à désirer, par exemple , qu’on pût établir, dans toutes les écoles, une chaire d’anatomie pathologique; c’est-à-dire, de cette anatomie qui, par les lésions organiques observées après la mort, cherche à deviner l’enchaînement des phénomènes de la maladie, et à déterminer sa véritable cause. L’objet de ce genre de recherches est véritablement médical et pratique : l’on n’a pas besoin d’ètre homme de l’art pour en sentir toute l’importance. Sans les lumières que ces recherches peuvent fournir au praticien , combien d’erreurs n’est-il pas sujet à commettre chaque jour ! De combien de vues heureuses', de combien d’indications nécessaires ne se trouve-t-il pas privé! Les bons recueils, dans ce genre, peuvent être

regardés maintenant comme la lecture la plus solidement instructive pour les élèves qui commencent l’étude clinique des maladies. Mais ces recueils sont loin d’être complets : et ils ne peuvent le devenir que dans les immenses communes, où de vastes hôpitaux fournissent une grande quantité de sujets pour les observations; où des hommes de tous les pays, de tous les climats, de tous les tempéraments, des hommes livrés à toutes les habitudes , pliés à toutes les formes de régime , apportent , ou contractent toutes les espèces de maladies, et présentent, pour ainsi dire, à cet égard , comme à tout autre, un abrégé de l’univers. C’est donc, surtout' à Paris, qu’il importe de créer des cours, où les ouvertures des cadavres et l’enseignement anatomique aient l’observation et la description pathologique des organes pour objet particulier.

Il faut en dire autant de l’observation , de la description et du traitement des maladies rares. L’art de les reconnaître, les essais à tenter pour leur guérison , ne peuvent prendre un caractère méthodique, ne peuvent offrir des résultats un peu généraux, que lorsqu’on est à portée de rapprocher et de comparer un nombre considérable de cas de ces maladies. Or, ce ne sont que les très-grandes villes qui peuvent les offrir dans ce rapprochement, nécessaire pour leur étude et leur comparaison. C’est là seulement enfin, que se trouvent réunis tous les moyens pour les expériences de traitement.

Jusqu’à ce jour, à peine a-t-011 pensé qu'il fût convenable d’enseigner l’art des accouchements, comme les autres parties de la clinique, au lit même des malades. Cependant rien n’est plus nécessaire. Mais cet enseignement serait tout-à-fait stérile , s’il portait sur les cas ordinaires , où la nature n’a besoin d’aucun secours étranger : il ne doit sans doute avoir pour objet , que des cas rares , et même les cas très-rares , dont une. vaste population peut seule offrir les d iff érentes variétés.

Les cours ci-dessus, devenus maintenant indispensables, exigent donc que l’école de médecine de Paris conserve les dimensions que lui donne la loi du i4 frimaire an III : d’autres additions, dont les hommes instruits ne peuvent mécon-J naître l’utilité, l’exigent plus impérieusement encore.

. En effet, indépendamment de celles dont je viens de parler, les progrès actuels de la chimie commencent à permettre l’application dé cettè science à l’économie animale. II est temps que son application' au traitement des maladies devienne l’objet d’un cours particulier : et c’est surtout dans l’école de Paris, qui possède des chimistes extrê* mement distingués, que ce cours paraît devoir produire d’utiles et beaux résultats.

Observez que je n’ai point encore parlé d’une autre nouvelle chaire , dont la nécessité peut encore moins être mise en doute. Suivant le plan que votre commissipn vous soumet , l’ensei-

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gnement de la pharmacie doit avoir lieu désormais dans les écoles de médecine. Cette branche de l’art de guérir est d’une trop haute importance; elle est trop étendue comme science, elle exige trop de manipulations délicates comme art pour ne pas demander un cours spécial très-détaillé et très-complet. 11 est donc évident qu’une chaire particulière de pharmacie est indispensable dans les nouvelles écoles de médecine que nous vous proposons.

Mais les motifs les plus impérieux vont forcer en outre l’école de Paris à diviser sa clinique en quatre cours, dont deux pour la médecine interne, et deux pour la médecine opératoire. Dans l’état actuel , il n’y a que deux cours : la multitude d’élèves qui les suivent, y rend leur instruction impossible. Comment , en effet , conduire cent cinquante, ou deux cents élèves au lit d’un malade? comment leur permettre de l’observer et de le palper à loisir? cela ne se peut pas. Les élèves ne voient, rien , n’apprennent rien ; et hes malades sont horriblement importunés et fatigués. Vous vous souvenez peut-être d’avoir lu dans Martial , l’histoire d’un certain Symmaque qui donnait ses leçons au lit des malades, et qui traînait après lui des centaines d’élèves, comme sont forcés de le faire maintenant les professeurs de clinique de Paris. Aussi le poète assure-t-il que ce médecin donnait souvent la lièvre à ceux qui

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DES ÉCOLES »B MÉDECINE. 38 1' ne l’avaient pas : il en avait, dit-il, fait lui-même la triste épreuve.

Vous voyez donc, citoyens représentants, que chaque clinique doit être divisée en deux, dans l’école de Paris. Les hospices ne manqueront point pour cette division. Un cours se ferait à celui de l’Unité, comme aujourd’hui; l’autre au grand hospice de l’Humanité. Mais ces quatre cours exigent huit professeurs; car il doivent se faire sans interruption. Or, les professeurs peuvent tomber malades; et pour l’avantage même de l’enseignement, il faut qu’ils puissent, par intervalles, suspendre leurs travaux.

Ces dernières chaires, et quelques-unes des précédentes, comme celles de chimie, de pharmacie, d’anatomie descriptive, d’anatomie pathologique, etc., qui toutes exigent de longues préparations et démonstrations, ont absolument besoin de deux professeurs chacune. Accorder aux autres le même avantage , serait sans doute un abus: mais les adjoints, actuellement existants, seront suffisamment employés , à raison des cours additionnels, des doublements dont je viens d’établir la nécessité, et surtout du grand nombre de réceptions que devra faire l’école de Paris.

A ces cours additionnels, peut-être serait-il convenable d’en ajouter un dernier, auquel l’état présent des sciences philosophiques permet de donner un caractère entièrement neuf, et qui , V" •» " 1 - " V * •" 1 -

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remis en d’habiles mains , peut en effet avoir un grand but d’utilité : je veux parler d’un cours «le méthode générale appliquée à l’étude et à l’enseignement de la médecine. Depuis quelques années, on commence à sentir combien serait avantageux, pour la rapide propagation des lumières, un enseignement normal dans tous les genres, où d’habiles professeurs pussent se former en peu de temps, et où le jeune homme pùt venir puiser des règles sûres, qui lui tiendraient lieu de maîtres habiles, quand il n’aurait plus ces derniers sous la main. 11 est aisé de prouver encore que c’est uniquement dans les grands foyers des sciences et des arts, que se recueillent ces observations, que se font ces rapprochements continuels, ces comparaisons délicates, d’où naît la perfection, tous les jours croissante, des méthodes générales et particulières : et ce n’est peut-être qu’à Paris, du moins dans le moment actuel, qu’elles peuvent être enseignées couvenablement.

Enfin, l’hospice clinique, dit de perfectionnement, où se traitent les maladies rares, soit interne, soit externes, et où se font les essais des nouveaux remèdes, mérite une attention particulière. De la conservation de ce cours, paraissent dépendre aujourd’hui les découvertes les plus importantes pour les progrès de l’art. On peut espérer avec fondement, que les caractères de certaines maladies, ignorés jusqu’à ce jour; que l’effet de beaucoup de remèdes, employés encore

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DES ÉCOLES DE MÉDECINE. 383 d’une manière purement empirique, cesseront enfin de se dérober à de plus justes appréciations.

Tels sont les motifs qui nous engagent à vous proposer de conserver aux écoles actuelles, les mêmes dimensions qui leur furent données par la loi du \l\ frimaire an III.

Une partie des arguments que je viens d’exposer, s’appliquent également à toutes les écoles. Mais , si j’insiste particulièrement sur celle de Paris , c’est qu’elle a souvent été l’objet d’attaques personnelles : et je suis convaincu que , dans l’état actuel des choses, et vu l’immense population au milieu de laquelle cette école se trouve placée , l’enseignement n’y peut être complet , sans un nombre plus considérable de chaires et de professeurs que dans les écoles des départements. J’a-f jouterai même que, d’après la marche rapide que prennent les sciences physiques et chimiques, si étroitement liées à la médecine, et dont le véritable foyer est à Paris, les succès de l’enseignement, dans les autres points de la république, dépendront de ceux qu’il obtiendra dans ce point central.

Que , si maintenant vous jetez Jes yeux sur les deux autres écoles existantes, c’est-à-dire, sur celles de Montpellier et de Strasbourg, vous n’aurez point de peine à voir, d’un côté, qu’il faut bien se garder de réduire leurs dimensions actuelles, si vous voulez ( et vous le voulez sans doute) que l’enseignement y soit mis au niveau de

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1r science : de l’autre , qu’il est convenable de les conserver dans le même rapport de gradation quelles ont maintenant entre elles : de sorte que les professeurs de Montpellier restent toujours plus nombreux. Car, en rendant une entière justice aux savants médecins de Strasbourg , vous serez forcés de reconnaître que l’ancienne gloire de Montpellier mérite encore bien plus d’égards. En effet, l’habitude où l’Europe entière est, depuis long- temps, de regarder cette ville comme un des temples, ou des séminaires de l’art de guérir ; les traditions d’enseignement , et les moyens d’instruction que les siècles y ont rassemblés; enfin, cette réunion de célèbres professeurs qui sont maintenant à la tète de cette école : tout invoque en sa laveur l’attention du Corps législatif; et vous voudrez sans doute que les institutions nouvelles, loin de diminuer sa gloire, tendent à lui donner encore plus d’éclat.

Quand à ce qui concerne les réceptions des candidats, il est évident que leur nombre ne peut manquer de se proportionner dans chaque école, à celui des élèves : ainsi le nombre des examinateurs n’y doit pas être moindre que celui des professeurs.

Outre les six grandes écoles de médecine , vos commissions vous proposent l’établissement de plusieurs écoles secondaires , ou préparatoires. 1,’idéen’en est point nouvelle. Depuis qu on s occupe sérieusement des moyens d’améliorer l’im-

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