‹ Œuvres complètes de Cabanis, membre du senat, de l'institut, de l'école et société de médecine de Paris, ... Tome premier cinquieme Révolutions et réforme de la médecineChapitre 52 sur 67 · DÉS ÉCOLES DE MÉDECINE · texte numérisé non relu

DÉS ÉCOLES DE MÉDECINE

struction médicale , on a senti qu’il était important de placer partout , et le plutôt possible , les jeunes élèves au milieu des principaux objets de leurs études; et depuis que la philosophie a donné des notions plus saines de la manière dont nous acquérons nos connaissances , on a bien reconnu que la partie pratique de l’art de guérir ne peut bien s’appliquer qu’au lit des malades ; la matière médicale descriptive, la chimie, la pharmacie, qu’au milieu d’une ample collection de drogues, au sein d’un laboratoire et parmi les instruments et les appareils. Les grands hôpitaux ont donc, ' paru la place naturelle de ces écoles. Les médecins les plus éclairés de la France et de l’Europe'' ont énoncé le vœp de voir former partout des établissements de ce genre. Le projet n’en est pas même étranger au Conseil des Cinq -Cents : notre collègue Daunou les faisait entrer dans le plan général d’instruction qu’il présenta vers la fin de la session de l’an et ce plan, concerté \ avec des commissaires de l’Institut national , comme le dit notre collègue dans son excellent rapport, appuie encore d’une grande autorité la proposition que nous faisons dans ce moment.

Il est, du reste, aisé de voir que ces écoles présentent en effet plusieurs avantages essentiels.

D’abord , l’instruction se trouve ainsi rapprochée des élèves : elle est surtout mise à la portée des sages-femmes, et de cette classe de jeunes gens peit favorisés de la forturte, qui peuvent bien en- I, 25

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treprendre un voyage pour aller se faire exami- * ner et graduer dans les grandes écoles , mais à qui le long séjour d’une commune très-populeuse causerait des dépenses au-dessus de leurs moyens.

En second lieu, vous ferez participer un plus grand nombre de départements et de communes à l’avantage des établissements d’instruction.

Troisièmement enfin , comme je viens de l'indiquer, aucun genre d’école ne saurait être plus approprié à la manière dont nos idées se forment, aux procédés naturels de l’esprit humain; car toutes les connaissances viennent ici directement par les sensations : aucun n’est plus simple et plus économique; car une école- pratique se trouve, en quelque sorte, formée d’avance dans tout grand hôpital , le médecin pouvant* enseigner la médecine interne , le chirurgien l’anatomie et la raé- • decine opératoire , le pharmacien la chimie pharmaceutique, ainsi que la matière médicale descriptive (i) : et l’iDiganisation de l’établissement n'exige d’ailleurs qu'uneJégère augmentation dans le salaire de ces officiers de santé. . r.V

r Ce plan offre de plus un double avantage qui doit sans doute être mis en ligne de compte : c’est,. i° de diminuer les frais d’infirmiers dans les hôpitaux dont il est question, par l’utile emploi qu’on peut y faire des élèves, pour le service des

(i) I.a matière méclion ;it iqm ■ ne peut s’diseigoer qu’au, lit des malades: elle tait partie de la clinique. \ '

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malades; a°. d’offrir un moyen de plus de s’in-

'■ sfruirc à des jeunes gens pauvres, qui s’estimeront heureux de pouvoir acquérir de l’instruction, , sans aritres frais qu’une portion de leur temps et. quelques soins, donnés en retour de leur nourriture et de leur logement.

Enfin, ces écoles semblent avoir d’avance, en

leur faveur, le suffrage de l’expérience. Celles qui sont établies dans les hôpitaux militaires, à Metz et à Lille, et dans les hôpitaux de la marine, à Toulon, à Brest, à Rochefort, ont déjà rendu de '• .grands services: il en est sorti plusieurs médecins utiles, et même quelques médecins distingués.

Vous attacherez sans doute, représentants du

peuple, la même importance que vos commis- ' sions, à l’éta blissemeut des nouvelles écoles préparatoires de médecine : car j’ose vous dire qu’en

vous les proposant, nous sommes les organes de . tout ce qu’il y a de plus éclairé parmi les méde- • V oins, de tout ce qui met un intérêt prévoyant au .- perfectionnement de l’art de guérir.

Ces écoles, où l’enseignement sera presque • tout expérimental et pratique, produiront des résultats d’autant plus sûrs que les éleves, encore

une fois, v recevront leurs leçons de la nature r „

elle-même. Placés au milieu des objets de leurs études, ce seront ces objets, bien plus que les professeurs, qui feront les frais du cours. Rien n’est plus capable de bien préparer aux exercices -. pratiques qui formeront la partie fondamentale . • ' • *5?-

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38# sur l’organisation

de l’enseignement dans les grandes écoles. Et voilà ce qui distinguera particulièrement la manière ' d’enseigner désormais la médecine, de celle qui était usitée avant la révolution. Les jeunes élèves apprendront l’anatomie en disséquant, la chimie en taisant des expériences, la pharmacie en préparant des remèdes, la médecine pratique en voyant soigner et soignant eux-mèmes des malades. C’est ainsi qu’avec la connaissance des bonnes méthodes théoriques, et de toutes les vérités que l’art doit à l’expérience des siècles, ils se familia- , riseront encore avec les méthodes plus délicates •• et plus mobiles qui dirigent, dans les applications particulières, l’artiste doué d’un tact sur et d’un coup d’œil pénétrant. - •

Depuis quelque temps, la médecine légale est devenue une branche très-essentielle de la science. Des ouvrages profonds , des discussions remplies de finesse et de critique , ont été publiés sur cette , matière. Ces écrits commencent à former un corps ' 'de doctrine; ils sont devenus le sujet d’un ensei- . gncment particulier. Aucun de vous ne peut ignorer qu’un grand nombre de questions re- . .* latives à l’état civil des citoyens, et plusieurs faits . importants qui servent de base à des procès criér minels, ne peuvent souvent être bien éclaircis que d’après le rapport fidèle de médecins éclairés.

' ' Vous sentez donc combien il est indispensable ' .que cette partie de l’enseignement médical soit convenablement traitée dans nos nouvelles écoles, .

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