‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 10 sur 669 · LA BATAILLE DK WATERLOO · texte numérisé non relu

LA BATAILLE DK WATERLOO

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Parmi dos tourbillons de flaimne et de fumée ,

O douleur! quel spectacle à mes yeux vient s’offrir? Le bataillon sacré, seul devant une armée,

S’arrête pour mourir.

r/est en vain que, surpris d’une vertu si rare,

I.OS vainqueurs dans leurs mains retiennent le trépas; Fier de le conquérir, il court, il s'en empare :

La Garde , avait-il dit , mei ht et ne se rend pas.

On dit qu'en les voyant couchés sur la poussière, D’un respect douloureux frappé par tant d’exploits, L’ennemi, l’oeil fixé sur leur face guerrière.

Les regarda sans peur pour la première fois.

Les voilà ces héros si longtemps invincibles!

Ils menacent encor les vaiu(|ucurs étonnés!

(ilaccs par le trépas, que leurs yeux sont terribles ! Que de hauts faits écrits sur leurs fronts sillonnes î Ils ont bravé les feux du soleil d'Italie,

De la Castille ils ont fratubi les monts;

El le nord les a vus marcher sur les glaçons Dont réternci rempart protège la Russie.

Ils avaient tout dompté... le destin des combats Leur devait, après tant de gloire.

C’a; qu’aux Français naguère il ne refusait pas :

Le bonheur de mourir dans un jour de victoire.

Abl ne les pleurons pas ! sur leurs fronts triomphants La palme de riionneur ii’a {»as été ilétrie;

Pleurons sur nous. Français, pleurons sur la patrie : L’orgueil cl l’inl» rél divisent ses enfants.

Quel siècle en trahisons fut jamais plus fertile? L’amour du bien commun de tous les cœurs s'exile: La timide amitié n'a plus d’épancbemeiils:

On s'évite, on se craint; la foi n’a plus d'asile,

El s'enfuit d'épouvaole au bruit de nos sernteiits.

O vertige fatal ! déplorables querelles Qui livrent nos foyers au fer de l'étranger !

Le glaive étincelant dans nos mains infidèles Ensanglante le sein qu'il devrait protéger.

L’ennemi cependant renverse les murailles

De nos forts et de nos cités;

La fotidrc tonne encore, au mépris des traités.

L’incendie et les funérailles Épouvantent encor nos hameaux dévastés;

D’avides proconsuls dévorent nos provinces;

El, sous l'écliarpe blanche, ou sous les trois couleurs. Les Français disputant pour le choix de leurs princes, Détrènent des drapeaux et proscrivent des (leurs.

Des soldats de la Germanie J'ai vu les coursiers vagabonds Dans nos jardins |>ompeux errer sur les gazons, Parmi ces demi-dieux qu'enfanta le génie :

J’ai vu des bataillons, des tentes et des chars.

Kl l’appareil d'un camp , dans le temple des arts. Faut-il, muets témoins, dévorer tant d’outrages? Faut-il que le Français, l’olivier dans la main.

Reste insensible et froid comme ces dieux d’airain Dont ils insultent les images?

Nous devons tous nos maux à ces divisions Que nourrit notre intolérance.

Il est temps d'iniiuob'r an bonheur de la France Gel orgueil ombrageux de nos opinions.

Étoulfons le flambeau des guerres intestines.

Soldais, le ciel prononce, il relève les Iis i Adoptez les couleurs du héros de Bovines,

En donnant une larme aux drapeaux d* .Austerlitz.

France, réveille-toi! qu’un courroux unanime Enfante des guerriers autour du souverain!

Divisés, désarmes, le vainqueur nous opprime : Préscnlons-lui la paix , les armes à la main.

Et vous, peuples si fiers du trépas de nos braves. Vous, les témoins de notre deuil ,

Ne croyez pas, dans votre orgueil.

Que pour être vaincus, les Français soient esclaves, (jardez-vous d'irriter nos vengeurs à venir ;

Peul-èirc que le ciel, lassé de nous punir.

Seconderait notre courage ,

El qu'un autre Gcrmanicus Irait demander compte aux Germains d'un autre .Age De la défaite de Yarus.

i.rzzr^

DEUXIEME MESSENIENNE.

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