‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 106 sur 669 · I.ES VÊPRES SICILIENNES. - ACTE III · texte numérisé non relu

I.ES VÊPRES SICILIENNES. - ACTE III

Du fer sacré Jcs lois tu profanais l'usage :

Tyran, je l’ai saisi pour sortir d’esclavage.

Dans un sang odieux bridant de le tremper ,

Pour lui rendre l’Iionneur j’ai voulu l’cn frapper.

Que mon dernier aveu l’éclaire et te délivre Des soupçons outrageants où la terreur te livre. J’étais de ce dessein l'auteur et l'instrument ;

Mon père l’ignorait, mon père est innocent.

Hélas! j’ai cru servir, en t'arrachant la vie.

L'ingrate (jui t'adore cl qui me sacrifie;

F.llc veut mon trépas, je l’attends sans effroi,

El même do ta main c'est un bienfait pour moi.

A Protid».

Il vous rend rinnoccncc, il va briser ma chaîne ;

A Monirort.

Il assemble sur toi plus d’opprobre cl de haine. Achève, je suis prêt, tu le peux onlonner :

C’est moi qui suis coupable et qu’il faut condamner !

MOXTFOUT.

Malheureux, lu te perds! crois-tu sauver ta gloire Par ce suj»crbc aveu d’une fureur si noire?

l.üRf:DA?<.

Je vous l'ai dit, mon cœur ne me reproche rien ; Faites votre devoir, j’ai cru fiiire le mien.

MOimORT.

Tii le veux, j’y consens! l’Eiai qui me contemple Attend de ma rigueur un effrayant exemple :

Ton indexiblc oi^ueil m'excite ù le donner...

D'où vient que ma pitié s*oh.stinc à pardonner? Amitié, dont la voix cric au fond de mon âme, r.ontrc toi vainement mon équité réclame!

Que mes jours, s'il le faut, soient encor menacés.

Je consenc les siens; qu'il vive, c'est assez!

Celui que j’ai chéri . que j'ai nommé mon frère.

Ne saurait dé|>oui)ler ce sacre caractère.

A LorCdan. qui veut riiilcrrompre.

N’espérez plus, scigueur, rallumer mon courroux ; Êcoulcz-moi, je veux vous sauver malgré vous. .\pprcnant vos fureurs, le roi dans sa justice Doit sans doute au forfait égaler le supplice;

Ce soir, sur un esquif abandonnant ces liords. Dérobez votre léie à scs premiers transports.

A Procld;i.

Vous suivrez votre fils. Je sais qn'on vous soupçonne; El quel qu'en soit le but, ce prompt retour m'étonne. Gardez de murmurer quand ma sévérité .\ssurc mon repos et votre liberté.

Par cct onlrc envers vous ma faveur se déclare.

Tous mes torts, Lorédan , ce moment les répare ;

Je suis quitte avec toi, je ne suis point dément.

Ab! quand on est heureux, qn'on pardonne aisément!

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