ODDO
N'esl-il donc plus d'espoir ?
SALVIATI
Uesterons-nous esclaves ?
LORtOAN.
j C’est trop d'incertitude ; il faut mourir en braves!
I PROCIDA
I Non pas mourir, mais vaincre, et venger à la fuis ’ Votre Dieu, vos foyers , et le sang de nos rois, j De vos projets, dli-on , la trame est découverte :
LES VÊPRES SICILIENNES. — ACTE IV
On TOUS trompe , et vous seuls méditez votre perte. : Cro^rcz-moi , vos tyrans , loin de vous redouter, I Semblent s’offrir aux coups que vous n'oscz porter, j Un fort mieux défendu trompe votre espérance ; Accuser le hasard et non leur prévoyance. j
Ce soin reste sans bat si tout est ignoré ; I
Il est insuffisant s’ils ont tout pénétré. I
N’ont-ilsqucdessoupçons,gardezqu’ils s’éclaircissent! ; Le choix nous reste encor: mourons ou qu'ils périssent! ; L’absence de Fondi m'a troublé comme vous ;
Quelle était notre erreur? je le vois parmi nous.
Choisi pour présider aux plaisirs d'une fête.
Il dirigeait ces jeux dont la pompe s’apprête.
La mer nous interdit tous secours étrangers ;
L’audace vaut le nombre et croit par les dangers.
Le retour des proscrits couronnait l’entreprise :
Qui la décidait ? nous j l'instant nous favorise.
Déjà par la prière aux autels rappelé l.e peuple dans le temple en foule est assemblé. ! Offrons un sacrifice affreux, mais nécessaire ; Apparaissons soudain au pied du sanctuaire :
Courons le glaive nu , le bras ensanglanté ,
En proférant ces mots : i Vengeance et liberté ! >
Que cette multitude , au carnage animée ,
Se lève devant nous et devienne une armée.
Soutenons la valeur de ces soldats nouveaux ,
Par nos deux cents guerriers vieillis sous Icsdiapcaux. Pour arrêter mes pas, quelques faibles cobortes Du palais à la bâte ont occu|>é les portes ; l*révcnons leur défense, et le fer à la main Dans leurs rangs dispersés ouvrons-nous un cltemiii... | Ecoutez... l’airain sonne , il m’appelle, il vous cric Que l’instant est venu de sauver la patrie ! [
Vons frémissez , amis, d’un généreux transport ; [
Je le vois, ce signal est un arrêt de mort.
Venez, le cœur rempli d’une sainte assurance. Reconquérir vos droits et votre indépendance ;
Venez, allons venger nos femmes et nos sœurs;
Que Palcrme se plonge au sang des oppresseurs. Frappons , et de leur tête arrachons la couronne.
A ces profanateurs, que Dieu nous abandonne. Rendons guerre pour guerre et fureur pour fureur : Dieu les terrassera d’une invincible horreur...
Il promet à vos mains la victoire et l’empire...
Venez, marchons, c’est lui, c’est Dieu qui nous inspire!
SÀZVIATI.
Que Montfurt sous nos coups succombe le premier ! j
LORËDXa.
Mont fort ! |
raoeiDA. I
Ne tardons pas...
losSdax.
Tous contre un seul guerrier Plongé dans le sommeil... mais un bras doit suffire. raociDA.
Eh! qui le frappera?
lOZZOAX.
Moi I
SALVIATI
Vous ! qu’osez-vous dire ?
raociDA.
L’bonnenr du premier coup sans doute m’appartient : J’ai droit de le céder , et c’est lui qui l’obtient.
Va, redeviens mon fils. Vous lui faites outrage :
Pour garant de sa foi je me livre en otage.
-Mes jours sont dans tes mains, marchons.
SCÉKE V.
lorEdan.
Je l'ai juré :
Il mourra. Voilà donc l’instant si désiré D’éteindre dans son sang la soif qui me dévore !
Oui ; je le punirai, ce rival que j’abhorre.
Mais loin de me flétrir par un assassinat.
Je lui dirai : Montfort , je t’appelle au combat.
Il vient... il va périr... Que vois-je? il est sans armes!