SCÈNE III
VICTOR
Qui sait, grand Dieu ! (]ucl sort nraiteiul ce soir? SousTcirori des sifflets si ma pièce siiccomlie,
C'en est fait, je vous perds ; je suis mort si je toiiilic.
Jugez de mes tourments, Victor, et plaigncz-iiioi : .\iix regards du public déguisant mon effroi.
Prêle à verser des pleurs, il nie faudra sourire... Mon rôle est excellent , je crains de le mal dire.
VICTOR
Fôt-il cent fois mauvais, dit par vous il plaira.
UÎCILE, VICTOR. BEUIOSE.
1 BRLROSE.
: J'étais sûr de vous trouver ensemble.
^ Ici, dans un in.slant, le comité s'assemble.
VICTOR
Quand répélcra-l-oii?
BCI.ROSS.
; V os alTai rcs von l mal .
La pièce est aux arrêts chez le censeur royal.
1 VICTOR
LICILE.
Lorsque je paraîtrai, comme mon cœur battra !
VICTOR
Quel moment pour tous deux! Encor si nul obstacle N ajourne mon supplice en changeant le spectacle!
(jcl ! je crois voir l'afliche en proie aux curieux D'une bande iraliressc épouvanter leurs yeux.
Je ne sais quel démon à ma perle conspire :
Quel que soit mon projet, quelque but où j'a.cpirc , I Mes vœux par le destin seiiibicnl coiurariés :
Si je vous baissais nous serions mariés.
Qu'on vante les vertusdu l>cau siècle où nous sommes! J'ai cherebé vainement un appui chez les hommes. Orphelin . sans secours et partout repou^é.
Je suivais malgré moi mon penchant insensé;
Nul ne m'a soutenu d'un regard d'indulgence. Abandonné par eux à ma liérc indigence.
Seul, j'ai conçu ma pièce avec rage cl douleur ; C'était un sujet gai. pour comble de malheur.
.Mais puis-je comparer ces cliagrins domcslupies ceux que roc gardaient vos sénateurs comiques! Trailcni-ils d'assez haut l'auteur qui les nourrit ? Font-ils languir assez un pauvre manuscrit ?
Quels dédains protecteurs! quelle étrange imioicnee ! Ils ont pendant six ans lassé ma patience :
Quand par grâce à la fin je suis reprcscnlé . l’n jour j»eut me ravir ce qui m'a tant coûté ;
El j'attendrai dix ans. dix ans avec ma honte L’humiciirdc me laver d'une cimie si prompte.
Qu’ai-je dit ?