‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 155 sur 669 · PE10ROCK · texte numérisé non relu

PE10ROCK

Je ne souffre que trop à vous croire parjure; Achevez.

ESTELLE

Je m'adonne à la littérature.

PEEBROCE.

Comment?

ESTELLE

Tout cet éclat me devient odieux!

PEXBEOCE.

Mais écoutez-moi donc.

ESTELLE

O funeste délire !

Qui |>eiisa me coûter le seul bien où j'aspire !

PEXBBOCk.

De grâce...

ESTELLE, entraînant Pciubrock.

Adieu, lauriers! Venez.

PEXDROCE.

Mais...

; ESTELLE

Je le veux :

Que m'importe de plaire à vos derniers neveux?

C'est de vous , de vous seul que je veux être aimée ; Je vous dois immoler jusqu'à ma rcnoiiiniét*;

' Je vouslasacriGe... Cii vain vous résistez...

Vous!

ESTELLE

La pièce est de moi.

PEJIBROCE.

Vous auteur !

ESTELLE

Eli ! milord ,

Quelle femme aujourd'hui ne brigue un si beau sort!

En vain raulorilé d’un ridicule usage

Confinait nos talents dans les soins d’uii ménage :

Le Pindc est envahi par des femmes auteurs;

Devant nous la morale abaisse ses hauteurs ;

Notre génie embrasse et peinture cl musique ,

Et dans scs profondeurs sonde la politique.

Des rigueurs du public j'osais braver l’écneil ;

Je vous apparaissais, dans mes rêves d'orgueil,

Aux acclamations d'un |>arierrc unanime,

Comme un astre, écartant la nuit de l'anoiiymu ;

Je vous voyais surpris, stupéfuil, cnclianté.

Je n’ai rien fait , iugrat, pour la postérité;

L'amour seul me guidait au temple de mémoire;

Oui, je voulais en dot vous apporter ma gloire,

El vous suivre à l’autel le front ceiut de lauriers.

PEMBROCk.

Quoi! la pièce qu'on donne... est-il vrai?.. vous seriez...

I A part.

I Venei... Je suis perdue !

Page 1