‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 192 sur 669 · SCÈNE III. I · texte numérisé non relu

SCÈNE III. I

AKÉBAR, IDA.MOnf;. i

lO.AHORE. j

Votre message a droit de me surprendre;

A cet excès d'honneiir j'éLiis loin de m’attendre. ! Vous souhaitez me voir, vous, seigneur! et pourquoi? , Pontife du Très-Haut, que voulez-vous de moi? '

AKtDAR, Ipirt, j

De quel œil ce profane insulte à ma présence ! I

A Idamorc. 1

( A>nirc ma faihic voix vous vous armez d’avance;

Vous ap|K>rtez sans doute à ce grave ciilrciien Un cœur aigri, blessé, bien diOércutdu mien;

Vous le connaissez mal.

lÜAIORE.

11 a changé peut-être.

Pourmoijje suis le même, et je veux toujours l'élrc; , Juste, mais inflexible. |

AEEBAB. '

Ainsi votre fierté i

Prend le mépris des lois pour l’austère équité.

(àebras, qui les détruit, met la force à leur place, | N'ccoiite de conseils que ceux de son audace.

Un vainqueur tel que vous se croirait avili S’il n’aflcctait l’horreur de tout ordre établi.

Vous laissez le vulgaire accorder à l’usage j

Scs aveugles rcs|)ecis et sou servile hommage ; I

Mais vous!...

IDAHOBE.

He mes avis le sacrilège orgueil |

Hu temple où vous ixigncz a-t-il franchi le seuil?

U'a-l-on vu s'arroger quelques droits despotiques Sur vos rites secrets, vospicti.ses pratiques?

Content d'y présider, laissez, laissevmes mains Se charger du fardeau des intérêts liuinains.

Soyez plus qu'un mortel, j'y consens, si nous sommes, Vous le dernier des dieux, moi le premier des hommes.

ASÉBAR.

Poursuivez, Idamorc; il est digne de vous D'accabler un vieillard sans force et sans courroux. Esi-cc là ce guerrier si grand, si magnanime?

Insensé ! quelle erreur contre moi vous anime? Suis-jc votre cimemi?

IDAEORS.

Vous rèlC5, je le sais.

Mon ennemi! qui, vous?... plus que vous ne pensez... Plus que je ne puis dire.

akEbar*

Eh! comment? je l'ignore.

Qu’ai-je fait?

idaeore.

Mon malheur. Vous qu’un vain peuple adore, Qui portez saintement d'inévitables coups;

Oui, vous, mon ennemi, le plus cruel de tous;

Oui, ce que n’auraient pu ni direticns niTarlares, Vous l'avez fait: c’est vous... Malheureux, lu t’égares!

AkEBAR.

Que répondre, Idamorc, à ces vagues discours.

Dont la fureur commence et ronq>t soudain le cours? O vous qui m’accusez, je plains votre délire, (loimaisvcz-la celte àuie où vous avez cru lire:

Moi, nie préoccuper de soins ambitieux.

Quand la nuit du tombeau sc répand sur mes yeux , Quand l'eau lustrale attend ma dépouille glacée? Qu’un plus sublime objet absorbe ma |)on$éc!

Le bonheur do ma fîlle, après de longs combats ,

Est l'unique devoir (pii me trouble ici-bas.

Le ciel, dont la bonté la rend à mes tendresses,

•V dérobe sa tète au bandeau des prêtresses.

Une illustre alliance embellirait s(îs jours;

J’ai clicrché dans l’armée, au temple, dans les cours. Quelque mortel si grand, que son sang trouvât grâce Devant l’cclal divin des auteurs de ma race.

IDAHOBE.

11 est ^choisi sans doute?

akEdar.

Oui, seigneur. Je le croi Digne de mes aïeux, de ma flilc cl de moi.

ID.iHoRt.

Son nom?...

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