AE&BAR
Tu ne dois plus le voir.
ZARX».
Kst-ii possible?
AkËRAR.
Il meurt.
Z«RtS.
Mon fils!... quoi! son silence Trompait de mes terreurs la juste violence?
Il meurt ! c’est pour toujours qu’il vient de me quiuerî Où CCI ordre iuliumain doit-il s’exécuter?
J’y cours, je veux le suivre... ou pliiuUjc l’implore
ZARÈS, AKÉBAR, EMPSAEL.
E1P9AEL.
Le peuple accouru pour demander sa proie. Mêlait des cris de rage aux clameurs de sa joie. Idamorc parait , supert)c et l'œil serein ;
Il écarte In foule, il marche en souverain , [gluirt^ Nous guide, et semble encor, comme aux jours de aa Promener dans nos murs roi^iicil d'une victoire.
(!c captif ennemi, toléré parmi nous
Tant qu'un indigne cfief nous vit à sc.s genoux,
Alvar, qui l'attendait , à scs côtés s’élance ,
Fil nous prenons nos rangs dans un morne silcuce.
LE PAUIA. — ACTE V.
Pcnilanl que le chrétien, prolongeant scs a^üeux, D'une pitié coupable importunait nos yeux.
Lui, des derniers accents de sa voix sacrilège ,
Bravait à chaque pas son funèbre cortège : i llàtez-vous, criail>il, quel brame ou quel guerrier
I Se réserve l'honneur de frapper le premier? »
Puis passant près des lieux où du haut des murailles Son bras armé pour nous semait les funérailles :
4 Choisissez, a-Ml dit, pour déchirer mes flatiis,
» Ces rocs, dont j’écrasais vos ennemis ircmblanis î • Le {)cup1c s'en indigne, et sa prompte justice Pour ce crime nouveau cherche un second supplice. Le trouve, et dans son cours soi-méme s’irrilani,
Au massacre d'Alvar prélude en rinsuhatil.
Idamorc s'arrête à leur voix menaçante ;
Dtqà les plus hardis reculaient d’épouvante,
Quand mille hras vengeurs sur lui de toutes parts Font pleuvoir les débris dans la poussière épars.
(In nuage s'élève, il s'ouvre, et la tempête Éclate sur son soin, sifBe autour de sa télé...
II défend son ami , l'embrasse, oppose en vain
Au coup, qui chcrcbc Alvar, sa poitrine et sa main; Ce chrétien sans fureur, qui succombe cl qui prie,
Sur le signe impuissant de son idolâtrie Attache un oeil d’amour, l'invoque, et radieux Tombe aux pieds d'Idamore en lui montram les ciciix : Seul debout, rinsensé, faible cl presque sans vie. Lève à travers l’orage un front qui nous défie , Protège encore Alvar, pâlit, tombe accablé,
El le couvre en mourant de son corps mutilé.
AKÊBXR. I
Je li’ai plus de rival cl ma fille me reste !
E1P9AEL.
Mais une femme accourt, clic approche, clic atteste , Sur ces membres flétris qu'ont dispersés nos coiijm, Qu’elle aimait Idamorc cl qu'il est son epoux.
J'ai profané, dit-elle, un divin ministère.
Pour vous j'oflrnis au Gange un encens adultère ; '
J'ai trahi son hymen, j’ai violé mes voeux , ^
Et j'aUemls de vos lois le prix de ces aveux. |
L'infidèle è ces mots dans les traits d'Idamore •
Clierchc cl ne trouve plus l'image qu'elle adore , Pleure, et sur son visage, à ce sj>ectaclc aflreux, , Ramène avec effroi son voile et scs cheveux. |
Les brames, par mon ordre, entourent la cou|)able. j De l'exil, qui l'attend, l’arrêt inévitable '
Doit signaler ici votre juste courroux. I
On murmure contre elle, on s’attendrit sur vous; j Vous-même frémirez quand vous râliez connailro.
Le peuple la devance, cl je la vois paraître. |
ai
! SCÉiNE VII.
J Z ARÈS, AKÉBAR, EMPSAEL, NÉ AI. A, Rmiits,
CrERRIERS, PecPIE.
Z^RÈ^.qul i'e«t Mntnu' i>»r U('KrO«.
Se peut-il?
AKÊBAR.
Cest clic! Dieu puissant ,
Que ne prévenais-tu l’opprobre de mou sang?
A XCalA.
Toi , dont le front baissé fuit mon regard sé>ère , Que viens-tu faire ici? que clicrches-iu?
xBvt.A, t'«pprochan( d<> ZarC».
Mon |)ère.
AKtB\R.
Lui!
I ZARÈS
Qu’cnlemls-jc?
NÊALA.
Oui, mon père; il le fut, quand j'appris Que les jours d’Idamore étaient par vous proscrits, j II comprendra mes maux, notre perte est la ntéim>;
I Je m'exile avec lui pour pleurer ce que j'aime.
I Ne me soupçonnez pas de vouloir vous braver ;
I Mais de son seul appui je viens de le priver.
Je devais le lui rendre en publiant ma faute.
Vous ne gémirez pas sur ce peu qu’il vous ùlc.
Des terrestres liens votre cœur détaché ,
Pour moi d'un tendre soin ne fut jamais touché.
Ravi par sa ferveur au-dessus des faiblesses.
Il ne pouvait descendre à souffrir mes caresses ;
Vous n’osiez pas m'aimer. Heureux, comblé de biens. Vos jours sont l>eaiix sans moi ; j'adoucirai les siens. A son fils qui n'csl plus je me suis immolée.
Que cette ombre chérie, un instant consolée, Transmette à mon amour scs devoirs et scs droits. Le nioincnl n’est pas loin où, réunis tous trois,
Nous n'accuserons plus la mort qui nous sépare;
Je le sens !
akXbar.
Eh! sais-tu quel destin le prépare (!cllc mort, seul refuge ouvert à votre espoir?
nËAL.\.
Hélas ! je dois souffrir, mais je dois le revoir!
Je vous quitte à jamais , vous, qui m'avez chérie. Vous , dont je fus la .sœur, et loi , douce patrie !
l.F. PARIA. — ACTE V.
ils
AH gTAmt pi-étri*.
Adieu !... J'aUemls l'arriH que vous devez |>orter. akEbar.
O Icmlrcsse! A devoir! qui des deux écouler?
Aprii un moment de tilenrr.
Je dévoue à l’exil l.'i léie rrimindle...
Va, fuis, riiiinianilé le rejcllc loin d'cilr;
Fuis, j’aliacheà les |>as l’almudoii cl reflroi;
Je le maudis... Mes pleurs s'écliappciil malgré moi.
XtAl.A , A Zan'*».
H esl temps de partir, la nuit vient, et pour guide ,
! Mon (>èrc, vous n'avez qu'une vierge timide.
On va , si nous tAirdtms, nous clins.scr de.s s.aints lictix.
i ZARÈS.
I Mafillc!
i StALA.
I Kcvez-voiis.
; ZAKÈS, rogiH«> un momrnl Xi'.'Ua , qiril cmbrJSAC, puis Aki'b.ir, ol ü'Orrlo :
I l'ontifc. Il c&l (Ica dicu\ !
I II sVlol^no soiilcnii p.-)r X4*Mla: lo peupir se relire pour leur ouvrir un pausitc: AkObsr, la iet<ï appiiyOe sur la alatuc de I Brama , reste dans ta douleur.
NOTES
Ud critique, à la hicnveillancn et à riirbanité «luquel je me plai» à rendre hommaf'r, a cru devoir [ sifjnalcr, comme faute de prosodie, remploi que j'ai fait du mot cro/en/daiis ces tleux vers :
Va, CCS mortels si üert, qui nous oiil rejetés,
X>e ce boulieur.eii vain nous ccoienl déshérites-
I.C resiM^t que tout écrivain doit b la langue in’cùt lait uii devoir de corriger ce passage, si je ii’avais pas pour moi l'exemple de Racine, qui a dit :
Qu'ils raient comme la poudre cl la paille IcQèrc, t^ue le vent cliaise devaut lui.
Le mot employé dans £si/ter, et celui dont je me suis »er>i, sont tous deux monusylIaluqiie.s; ils sont formes presque en enlkr des mêmes lettres, *el ils apportent h rureille la même Imninajsun masculine ; si Tun est admis dans le vers, pourquoi Taiitrc en seruitdl banni? La langue poétique en France esl clle assez riche pour se montrer dédaigneuse.
ou marche-t-elie si librement qu'elle doive s'imposer à cllc-niômc de nouvelles entraves?
Dans les vers suivants, la règle des participes a paru violée :
Notre lentire amitié remplit lu cour» du» Iteuroit ;
£e> arbre» l'uni vu naitre.
Ici le plus harmonieux et le plus correct de mts I poètes vient cncoreb mon secours. Racine a fait dire j à Néron, eu parlant à Junie :
I Immobile , saut d'un long étonnement ,
I Jo l'ai laitrê |>a«»cr dan» »ou appartement.
De plus, j'ai en ma faveur rnuloritc «le Eondillac. Il établit peur règle que tout partieipe suivi d'uu inKiiitif demeure invariable, quels que soient d'ailleurs le genre et le notiibre tUi régime qui précède . ; et même lorsque l'infitiilif est un verbe neutre. I (Voyez la Grammaire tle Condillac, page 1U3. in-H", 1701L)
On a adressé à nuire puele nue criliqiie étrange b propos de ces vers du chœur du deiixtême acte :
Des èaniani tuufTus par le brame adurés Depuis tuagtem|is la Saoguctir non» implore ;