‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 233 sur 669 · EXAMEN CRITIQUE DU PARIA · texte numérisé non relu

EXAMEN CRITIQUE DU PARIA

L'échtl éblouit , uiais ne trouble pni; puis est*ü correct de (lire qu’on se trouble à l'éclat *

Le second vers est une paraphrase de ce mot si connu de de Staël , parlant de Bonaparte : il croit en lut. La précision du mot on fait tout le mérite. J'ai bien |>eiir que M. Delavigne ne l'ail (;âté en le délayant. Et puis , il t'itnpose présciite>t>il une idée claire et précise?

Le même Idamorc dit en parlant de lul-mCme :

Jeté faroacbo eacore S travers ces entraves.

Je gémis sous leur poids léger pour des esclaves.

On attache le$ entrare» aux pieds , mais on n'est pas Jeté à travers : i'ima^e est fausse; et d'ailleurs les entraves n'asserrissenl point parleur poids, mais parleur dureté et leur force. Le poste emprunte au joug une iné> lapbore qu'il transporte improprement à un objet auquel elle ne convient nullement.

Va , ers mortels si tiers qui nous ont rejetés,

Do ce bonheur en vain nous croient déshérités.

Ici la faute de prosodie est palpable. La terminaison du mot croient ne peut entrer dans un vers que lorsqu'elle est masculine , comme dans les imparfaits de l'indicatif, Hê aimaient , ils enraient, toc faute toute semblable se retrouve dans le dernier des deux vers suivants :

Sans qur ses premiers fcui ni sa clarté mourante De mes sens éperdus aient calmé répouvaotc.

La règle de l’accord du participe est évidemment violée dans cet hémistiche; il s'agit de l’amUié :

Ces arbres l'ont vu naître

On doit écrire , tue.

Que d'orgueils révoltés' .. .

C'est la première fois que j'ai vu le root orgueil employé au pluriel , et je doute qu'il fût possible à M. Delavigne d'autoriser ce pluriel ]>ar quelques exemples.

J'ai marqué ces inadvertances grammaticales, non que J'y attache une importance pédanlesquc , mais parce qu'elles gâtent des pensées et des tirades où l’on ne désinrait qu'admirer.

Voici des observations d'un autre genre : on applaudit I beaucoup les deux vers suivants , adressés par Idamore au grand bramine :

I Soyrt pliu qu'un mortel , J'jr consent , si nous sommes .

Vous lé dernier des dieux , moi (e premier des bornâtes.

J'ignore si ceux qui les applaudissent ont le bonheur de les comprendre; Idamore ne cesse de déclamer contre la L prééminence du grand prêtre sur la tribu des guerriers. I et il établit les motifs de ses prétentions à la supériorité ' sur la caste des brames , dans ces vers singuliers, que . [ dans une autre circonstance , il adresse au peuple. Je - combattais , dit-il , je remportais la victoire ,

Quand CCS brames si Qcr« que Je courais défendre , i:acbét an fond du temple et courbés sous la cendre , Implorant un appui qu'ils n'osalenl vous offrir , rrialent , Ireinblaleat pour vous, et vous laltsaleut périr.

Le reproche assurément est bizarre , et l'on ne voit (las trop ce qu'en tout pays livré aux horreurs de la j guerre des prêtres ont de mieux à faire que de prier pour scs défenseurs. Uuoi qu'il en soit , il résulte de cette allocution qu'Idamore entend bien prendre le pas sur le pontife, ce qui sera difficile d'après la concession qu'il lui fait; le premier des hommes, suivant toutes les règles de l'étiquette polythéiste , ne doit venir immédiatement qu'à la suite du dernier des dieux.

Je me résume. Des fautes dans la disposition des scènes , quelques négligences de style , des idées fortes , une j foule de beaux vers , des tirades entières écrites de verve ^ ou imitées avec éloquence , un but moral très-élevé, de ' l'exagération dans certaines parties des rùlcs d'Akébaret d'idamore , beaucoup de charme et de nature! dans celui ( de Néala, un dénoùmenUragiqiie, mais invraisemblable, un grand talent qui donne de plus grandes espérances encore ; tel est le jugeroeol qu'après plusieurs épreuves i j'ai porté du f’ari'o : cl ce qui m'a inspiré delà confiance dans mon opinion, c'est qu'elle a été partagée par le ^ public , qui , tout en blâmant ce qu'il y a de répréhensi- • ble dans l'ouvrage , ne cesse de se porter en foule aux représentations. Ce ne sont pas les défauts, ce sont les j beautés qui font le sort d'un ouvrage dramatique ; l'heu- I reuse destinée du Paria cl celle de son auteur me parais- ' spiil désormais assurées.

LEOÜLE DES VIEILLARDS,

COMÉDIE EN CINQ ACTES, EN VERS

REPR£»KirCC SLR LE TIltiTRE rSAHAIS .LE O PÈC.EVRBE 18^5.

Scn îif(<ss< S(ifniss!mc ^«nsfigiuiir

LE Dl C D’ORLÉ VTSS,

l'UEMinR l'RINCE DU SANG;

Comme un flammage de Re*i>ecl et de lîeconnaittanee .

CASIMIR DELAVICN'E.

Ce 15 «KVcoilirc 183Ü.

■^CtîLÆKO-^ <

PERSONNAGES

DANVILLE, anclrn armoleur. Madame DANVtLI.F.

BONNARD, son ami. MadameSINCLAIR.

Le ürc d'ELMAR. l'x Laqi aïs.

A'ALENTIN, domestique Je Danville. i D»iix domestiques.

La icène se passe à Patis.

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