HOSTESSE
Que Danvillc en rentrant va bénir tant de léle!...
Car Üanville est au bal.
LE DCC
C’est lui, je me rappelle.
C'est lui que j’ai cru voir ; même j'ai fait un pas...
Mais vous m’avies tant dit que nous ne l'aurions pas.
noETESSE. I
En lisant ce papier, concevci-vons sa joie? |
El ma mère... oh! je veux que ma mère le voie; j Oui, je cours...
LE BL'C, rlvcmeot.
Arrêtez : vous allez oic priver D’un plaisir qu’à mon tour j’osais me réserver:
Que la nouvelle au moins par vous lui soit transmise; Quami je pourrai plus lard jouir de sa surprise- BORTE^Se.
Ab ! c’est tout naturel , vous défendez vos droits ;
Elle rend le brevet au duc, qui le pote tur U Ubie.
Mais quels rcmerdmenls nous vous devons tous trois! Que mon cœur est ému! que je me plais d’avance A vous entrcleiiir de leur reconnaissance!
LE ucc.
La vôtre me sullit, la vôtre est tout pour moi. N’ajoutez rien, madame, au prix que je reçoi ;
Il est déjà trop grand et je n’en suis pas digne.
De <e peu que j’ai fait mon zèle ardent s’indigne.
Pajé d’un mot de vous, puis-je désirer mieux?
Ou le plaisir que j’ai se peint mal dans mes jeux.
Ou vous devez y lire à quel excès nie louclie Un mot reconnaissant qui sort de votre bouche.
HORTESSE.
Si ces rcmercimcnts ont tant de prix pour vous.
Que ceux de mon mari vont vous parailrc doux! Caimhien son amitié...
LE me.
Parlez-moi de la vôtre;
Près de ce bien si cher je n’en conçois pas d’aulrc; Lui seul, il satisfait aux besoins de mon cueur. Puissc-jc l’obtenir cctle amitié de sœur!
Moi , votre ami , inadaine ! ali ! lier d'un tel |>arlage ,
Que je devrais alors m'estimer davantage!
Votre ami ! quelle gloire et quel charme à la fois D’en mériter le titre et d’en avoir les droits. Respectable union, attachement sincère.
Lien durable et pnr que l’espme resserre!
Ah ! loin d’un monde vain où je ns sans plaisir ,
Où je flotte incertain de désir en désir.
Que n’aurais-je à gagner dans ce commerce aimable! •Ardent, léger, frivole, et quelquefois... coupable,
Je trouverais en vous un guide , un con&denl Sage, mais sans rigueur, facile, mais prudent;
Et vous n’auriez en moi qu’un disciple fidèle ,
Enchaîné pour la vie aux pieds de son modèle.
lOETEXSE.
C’est m’honorer beaucoup ; mais ce sublime emploi , Ce litre de mentor est bien grave pour moi.
Et ce serait , je pense , une folie extrême De donner des avis dont j’ai besoin moi-même.
LE DCC
Pourquoi donc? à mon tour, dans nos douicntrelicns ,
11 me serait permis de hasarder les miens.
Je ne vous vante pas ma raison trop fragile;
Mais le conseil d’un fou parfois peut être utile.
nORTERSE.
Danville , comme nous , n’csl pas sage à demi ;
Voilà mou vrai mentor, mon guide, mon ami;
En est-il un meilleur ?
LE DCC
Comment? je le révère;
Mais... dans son indulgence un vieillard est sévère.
Scs conseils sont forts bons , d’accord ; mais... absolus. On est moins tolérant pour des goûts qu’on ii’a plus. Au même âge on s’entend , l’un l’autre on se pardonne ; Dans CCI échange égal on reçoit ce qu’on donne.
Votre époux de sa femme est l’orgueil cl l’appui;
Mais que sa jeune épouse est encor plus pour lui! Quel charme elle répand sur sa triste vieillesse !
Il l’adore, il l’admire , il peut la voirsans cesse;
Il lui peint scs transports, il n’a pas le tourment De feindre une froideur que son trouble dément;
Il peut, sans l’oRcnser , lui dire: Je vuusaimc.
BURTErtSE, naiAeroent.
Pourquoi ni'cn offenser ; je le lui dis moi-méinc.
LE DCC
Vous!... Aussi j'admirais ce bonheur mutuel.
Moi seul... étrange effet d’un souvenir cruel!... Pardonnez au désordre où la douleur me plonge; .Autrefois j’espérai... Cet espoir fut un songe.
Hélas! je me souviens, troublé par vos aveux,
Qu’un bonheur aussi grand fut [>eriiiis à mes voeux.
i;ÉCOI.E DES VIElLLAIinS. — ACTE IV.
A vous» monsieur le duc?
LE DIT
£t l'on me poric envie !
Et le plaisir lui seul semble remplir ma vie!
Doux cl triste voyage où je vins inc livrer A Tattrait du poison qui devait in'ciiivrcr?
Ah! qu'un premier amour a sur nous de puissance ! J'aimai... c'était la grâce unie à l'innocence;
Naïve comme vous » elle charmait sans art.
Votre voix est la sienne; elle avait ce regard;
Kt sa beauté» la vôtre à mes yeux ta rappelle;
Mais non» plus jeune alors, elle était bien moins belle» Si sa grûce eût brillé de cet éclat vainqueur» Aurais'je pu cacher le trouble de mon coeur?
Mes traits» mes ycux»maToix,toutjusqu*à mon silence Eût de ma passion trahi la violence;
Mais jeune» mais tremblant» la fuyant à regret» Peut'éire moins épris» j'ai gardé mon secret.
El depuis...
ROETCV5E.
Quel motif peut vous forcer encore A renfermer l’aveu d'un amour qui l’honorc?
LE DI c.
La peur de rofl'cnserm'a toujours retenu.
fiODTENSE.
LE DLC.
Tout mon malheur ne vous est pas connu.
DORTES8E.
Quel nom pour une épouse est plus beau que le vôtre?
LE DIX
La femme qui m'est chère est l'épouse d'un autre!
HURTEVSE.
Ciel!
LE DIT , vivemenL
El juste pourtant »j'csiimc» j'ai servi Cet heureux possesseur du bien qui lu'csl ravi.
Mais celle que j'aimai, je l’aime , je l’adore ;
Le feu qui me brûlait aujourd'hui me dévore ;
Elle me voit, m'enieud, j’ai brave son courroux ; Oui» je tombe à scs pieds» je vous aime, c'est vous!
H0ETX5SX.
Se peut-il? vous osez... muette à ce langage»
J'hésite » et doute encor qu'à ce poiul l’on m'outrage.
LE DIT
Pardonnez; cet aveu n'eût pas dû m'échapper.
.Mais sur vos sentiments j'eus droit de me troai|>cr. Vous vous plaisiez aux soins que j’aimais à vousremlre; Votre accueil fut si doux que j'ai pu m’y méprendre.
I Non , vous m'avez compris ; non , vous no croyez pas I Qu'on puisse impunément admirer tant d’appas;
I Vous vous faisiez un jeu de me voir misérable ;