‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 281 sur 669 · B0S5ARD · texte numérisé non relu

B0S5ARD

Hii tout.

OAXViUE.

l)ANMI.rB

Cm vieux nmmard! où dialde avait-il la cervelle?

ilüRTEXSE, une IcUre A la main.

Dubois! Picard! Quelqu'un! Vicndra-i-on quand j‘ap-

[iK'Ile!

Apercevant Danvlllc, et cachant la lettre daiu «on sriu. Mon mari !... Pour vous voir j'ai couru ce malin;

Je vous ai cru souffrant, je vous savais chagrin; J’étais très-inquiète, cl l'on m’a rassurée:

« Il repose... » A riiistanljc me suis ixMiiX'C

Sur la pointe du pied, sans bruit, parlant tout bas;

Vous reposiez encor, mon ami, n’csl-cepa^?

DAXVIU.E.

’ Sans doute.

noRTEXSE , A pari.

Il ne sait rien.

UAXVll.lE.

F.t celle confidence I Que vous deviez me faire...

! auRTEXsB. embarra&M^c.

I Kst de peu d’importance...

DAWILLE.

Vous teniez iin papier!

HMSTF.XSB.

Qui n’a nul intérêt.

^ OAXVIUE.

Intéressant ou non, quel cst-il?

IIÜETBXSE.

I Un billet.

I DAIVILLE.

Vous me le montrerez.

IIORTEXSE.

(rest un mot que j’envoie.

DAXVILLE.

Tu te battras.

imXXAED.

Kli non!

Tu peux pour Ion boniieur prendre ainsi fait et c.aiise ; Mais je tlis, à mon tour, que, moi, c’est autre chose. Je lie me battrai pas. M'exposer! uii moment!

Un duel pour cela ne m’irait nullement.

Tu inc parles d'un ton qui fait que je balance;

Mais ailleurs notre affaire exige ma présence.

Je me rends sans larder chez notre protecteur,

J'y cours. Peste! un duel! je suis ton serviteur.

.V qui donc?

HORTEXSE.

Kli!... qu’importe?

I)AX\ ILI.E, avec violence.

il faut que je le voie.

□ORTEXSB.

l'oiirquoi? De quel soupvon scmhlez-vous agité?

Je ne vous vis jamais tant de sévérité.

Indigné contre moi...

Je le suis, je dois leirc.

L’ÉCOLE DES VIEILLARDS. — ACTE V

D'tiouflcr sa fureur mon cœur n’est plus le matiro. Il s’ouvre, il laisse enfin éclalcr ses transporls,

Et leur trop juste excès les répand au dehors.

Je vous aimais, ingrate, et jusqu’à la faiblesst*.

Que vous a refusé mon aveugle tendresse?

Ai-je forcé vos vœux ? ai-je contraint vos goiRs?

Quel innocent plaisir ai-je éloigné de vous ?

Suis-je un vieillard morose, un tyran qui vous géiu ! Vous ai-je fait sentir le poids de votre chaîne?

Et vous l'avez rompue ! et vous m’avez trahi !

Ah! je vous aimais trop pour n'étre point haï;

Mais me rendre à jamais malheureux , ridiruh* ,

Mais me déshonorer !

HORTEXSE

Croyez ..

OAXVILLZ. I

Je fus crédule, '

Et je ne le suis plus; je sais tout, j’ai surpris Celui de qui l'affront me condamne au mépris.

J’en ai voulu raison, et j’ai fait peu de compte D'un vain reste de sang dont je lavais ma honte.

BORTEXSR. I

Vous , Danville ? Ah! d’effroi tout le mien est glacé!

DAMILLE.

>e TOUS alarmez pas, le duc n'est pas hle.sM^

HOETEXSK. I

Ah! monsieur!

DAXVILLE.

11 l'emporte, et ma honte me reste; |

Mais que le sort bientôt me soit ou non funeste ,

Je ne vous dois plus rien, plus d’amour, de respect; Tout me devient permis, lorsque tout iii’csi suspect; Le passé contre vous tient mon ànic en défense.

Je veux voir ce billet, quel qu’il soit, il m'offense.

Vous le rendez coupable en le cachant ainsi;

Je veux, je veux le voir; je le veux.

Il ne saurait m'apprendre un lualhoiir que j'ignore. Et je tremble... Ab! je sens que je doutais encore.

LiMDt l'adrcMC.

Ciel! Au due!

A lui-méinc.

DAIUILLE.

Au duc! j'avais raison.

Mon cœur m'avertissait de cetlc trahison.

l)AXV|i.l.E.

Il ic faut hien ; mais non , luuii œil s<* Irouhie,

Ne lit rien, ne voit plus, et ma fureur redmihle.

Ah! perfide !

IIUKTEXM.

Donnez.

Elle lit U letiiN'.

I Monsieur le due,

» (!'esi une femme que vous avez offensée qui vous k adresse ses justes plaintes contre vous-même. J’ai

* pu vous paraître légère, mais je ne j>ensais pasavoir » mérité l’outrage d'un aveu que j'ai rougi d’cntcndrcî

> et que j’ai honte de rappeler. J'aiiiic mon mari, je

> l'aime de toute mon âme, et croyez-moi, monsieur » le duc, je pourrais vous revoir sans danger; mais » je dois à mon honneur blessé, autant qu'à la irnn- » quillité de M. Danville, de vous interdire désormais k sa maison. En cessant de m'accorder votre attention

• dans le monde , vous me prouverez que vous m«

> croyez digne de votre esliuic ci que vous méritez » encore la mienne. >

DAXVILI.B, reprenant ta iettro-

Esl-il vrai? Qu'ai-je lu?

UÛRTE!*I$E.

De grâce, écoutez-moi, Danvine;j'ai voulu, Craignant de vos transports la juste violence.

D’un rival à vos yeux dérober la présence :

J'amenai le péril en pensant l’éloigner.

Et j’exposai vos jours, que je cni.s épargner.

Vos jours qui sont les miens!... mais, tremblante, éper- La terreur m’égarait et fut seule entendue. [duc ,

Ali moment de me vaincre cl de tout déclarer.

Je sentis mon aveu dans ma bouche expirer;

Et même ce matin, décidée à roc taire ,

Sauvons, m’éials-jc dit, sauvons par ce mystère Un chagrin à Danville, cl faisons mon devoir,

En ordonnant au duc de ne plus me revoir.

Je n'ai rien déguise, je ne veux rien défendre ;

Mais consultez ce cœur qui pour moi fut si tendre ; Qu’il me juge, il le peut, j’ai parle sans détours.

DAXVILIE.

Est-il vrai?... celle Icurc... oui , le duc... scs discours. Doiir vous justifier s’offrcni à ma mémoire...

ÎIORTE.XSE, iv^ tendreuc.

Ou vous ne m'aimez plus, ou vous devez me croiiv, n.vnviLit.

Ail! je vous aime encore, el ma crédulilé Prouve à (|iicl fui excès cel amour csl porté.

Page 1