‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 305 sur 669 · SA.S8AVE · texte numérisé non relu

SA.S8AVE

Parlez.

rEatrix.

l n ouragan, des vagiic-s, le tonnerre!

La belle horreur à voir, quand on la voit de terre! nEI.AVM.VE.

SASSVVE.

^ Coniplez-moi vos malheurs.

I BEATRIX

' Dans ce commun danger ,

^ En tiers de la régence a failli naufrager.

Car pour narguer les vents, le tonnerre cl Neptune ,

1 Notre barque portait César et sa fortune :

; Plus galant que jamais, le marquis de Polla,

. Le gouvernail en main, avec nous s’enrôla.

Son litre d’amiral et son air d'importance Mc rassuraient d'abord sur ma faible existence.

Je chanUais... comme oïl chante alorsqu’on tremble iin Soudain la mer s’élève et le ciel est en feu. [jien.

, Le marquis, l’air troublé, riait île mon martyre ,

I Mais de ce rire éteint qui ne vous fait p.as rire,

I Quand un grand Ilot survint, qui île front nous choqua ; Notre amiral pâlit, et la voix me manqua.

, La barque est en suspens, l’air siflle, le mât cric.

I Alphonse au gouvernail se jette avec furie ,

' Repousse le régent qui, sans voix, sans coup d'œil , Effaré, nous menait tout droit sur un écueil,

El, si ce bras sauveur ii’cût changé la manœuvre,

: Dans les llols avec nous achevait son clicf-vl'œuvre.

A qui donc se fier, alors qu’un amiral N’cnlcnd p.as la marine cl gouverne aussi mal''

SASSAVE.

, El Son .Altesse?

BEATRIX

Oit ! rien ; une toilette à f liie.

Ce soin, que le voyage a rendu nécessaire ,

Dans sa maison du golfe, ici prés, la relient.

.Mais qu avait le marquis? comprend-on d'où lui vient Celle galanterie à nos jours si fatale?

S.V85AVE, » part.

Le aol! il eflt noyé Son Altesse Royale,

Pour lui faire sa cour!

B&ATAIX.

J en risilans ce ihomeni;

.Mais a vous, luiii du pori, je |>cnsais trisicmmii :

l.A rniNCESSE AURÉLIE. - ACTE III.

Oui, comte, à chaque lloi dont j'étais menacée. Voire désespoir seul occupait ma pensée.

Il ne me verra plus! qu’il va me regroltcr! Itisais-jc, cl que de pleurs ce jour va lui coiUcr !... M'auricz-vous survécu, Sassano?

SASSAI«E.

Moi! comtesse!

O llicu !...

BÉ.VTRIX.

Non? Quoi! vraiment? Voilà de la tomlresso! El Ton dit qu'à la cour on ne sait pas aimer!...

Que sur vos sciuinicntsj eus lort de in’alariiier ! SAS-SA^E, U'im air piqué.

Un tel aveu nie Messe et jusqu'au fond de l’àino. iiEatbix.

Mais je n’en doute plus.

SASSA'lt.

I A part. Haut.

Ah! voili le moyen!... M6mcav.ini ce service, 'On saUqn’oii raJmirant vous lui rcinlicz jiislice.

, Rt.VTRlX.

I Comment!

I SASSA?fB.

1 II csl lrO|> vrai ; je l'avais soiipçonniS;

El de votre froideur je m'étais étonné.

.Non, depuis quelque temps vous n'éles plus la même. hêatrix-

Sloi!

I SAS-SAXE, vivement.

1 Ne m'expliquez point cette réserve extrême ; * ' Je la comprends, j’eus tort, et c'est trop présumer I Que de prétendre au coeur qu’un autre a su charmer, * Je ne m’arrête pas au vain motif qu on donne

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