‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 314 sur 669 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

AURÉLIE

On aime?

\ous m'aviez dit, pardon de vous le rappeler,

Qu'à son pays, je crois, on peut tout immoler... Maisnon; n'y songeonsplus : ce serment qui vous coûte Ferait deux malheureux... On vous aime sans doute. Au reste j'ai parlé ; c'était lé mon projet.

Je le ferai connaître ; oui , comte, on vous permet O'en instruire aujourd'hui notre cour qui l'ignore;

Il prouvera du moins combien je vous honoi-c.

Si j'en avais quelque autre...

AiraonsE.

Ah I qu'il reste inconnu !

Oc toute ambition me voilà revenu !

ACUSLIE.

C'est ce que noos verrons.

ALPHONSE, à pari, en falunt un paa pour icrt^r.

Ah! quand on est princesse, il faut donc scdéfcn.IiT I O’écouter quelquefois ce qu'on brûle d'entendre !

I Mais on doit tout prévoir quand on veut tout oser.

! Sur sa discrétion je puis me reposer,

I Üu s'il parle il me sert. Achevons mon ouvrage;

; Tout marche ; le docteur iwrlera son message;

Le conseil va s'ouvrir... Mais quel soudain effroi Au moment du combat vient s'emparer de moi?

I Comptons nos ennemis ; un, deux , trois adversaires : : Et je suis seule. Allons, point de terreurs vulgaires! Plus le péril fut grand, plus grand est le vainqueur.

I Et s'il trouble un coeur diible , il anime un grand cœur. I II m'exalte, il m'inspire, et seule je délie ' Les finances, la guerre et la diplomatie.

: ISous verrons qui de nous, messieurs, l'emportera; Vous offrez la bataille ; eh bien ! ou combattra.

. Vos pareils sont enclins à gouverner leurs maitres ;

Après un si doux songe, i

Quel réveil !

Il fait quelque# pas pour aortlr.

AI BU1B,A part

J'ai pitié du trouble où je le plonge.

Je sons que malgré moi mou dépit désarmé...

Comte!

Alplionae revient.

>'on, rien ; plus Urü.

AI.PIIONSE.il a'élolenc.

A part.

Je n'éuis pus aiuié f

Il sort.

Aux tableaux do fainllio qui reuloHrcni.

Cela s'est vu souvent... N’esl-ce pas, mes ancêtres? Un favori sur vous eut souvent du pouvoir.

En ai-je un, par hasard?.,. Je n’en veux rien savoir. J'aspire à vous venger. Surpris de mon audace,

Je crois voir vos portraits, fiers auteurs de ma race, La visière baissée et le glaive à la main ,

S’élancer des lambris pour m'ouvrir le chemin.

I Vous donnez le signal et j'entre dans la lice.

Que de mes ennemis le plus hardi pâlisse!

Je n’ai qu’un peu de ruse, et cependant je crois Que celle arme suffit pour conquérir mes droits ,

El qu avec son secours, bien mieux qu'avec vos lances. Une Altesse en champ-clos vaincra trois Excellences!

Page 1