ISBA£L
La solde que larmée aticnd depuis deux mois,
Si d*aulrcs, la payant, tentent par ce salaire De nos conduuieri la bande mercenaire,
!*uis-je rempéclicr, moi?
Demain.
fAî.lERO, vivemcni.
Tu le vengerais!
ISRAËL
EAMERO.
Tu le |)ciix donc?
Si j'étais doge.
Non... mais je le {>ourrai.s.
FALIERO
Vous avez donc de l'or ?
ISRAËL
Si de vrais citoyens, car il en est encor,
Dcssoldau du vieux temps, du vôtre, clqu on méprise, Par la foi du serment sont lies dans Venise;
Aux glaives des tyrans, qu’ils veulent renverser, Suis-je un patricien , moi, pour les dénoncer?
FALIERO
FALIERO
Approche cl parle sans mystère.
ISRAËL
On risque à trop parler ce qu’on gagne à se taire.
FALIERO
Tu sais qu’un mot de moi peut donner le trépas , Tu le crains.
Pourquoi?
ISRAËL
Je le sais, mais je ne le crains pas.
FALIERO
ISRAËL
.Notre intérêt nous unit Tun à Taulre; J’ai ma cause à venger, uiais vousavez ta vôtre.
FALIERO
Ainsi donc, pour le faire, il existe un complot .
De quelle part viens-tu?
lüBAU.
De la mienne. En un mol , Pour soutenir nos droits voulez-vous les euiifoudrc ?
FALIERO
Je veux l’interroger avant de te ié|H>iidrc.
ISRAËL
Qui nrintorrogera, vous, ou le doge?
FALIERO
Achève.
I ISRAËL
I J'ai tout dit.
FALIEBO.
. Ce sont là des indices,
j Le reste, ton projet, les amis, tes complices?
ISRAËL
' Mon projet î c’est le vôtre.
FALIERO
En ai-je un?
ISRAËL
Mes moyens?
' Mon courage, celle arme...
El les armes des tiens.
Tes complices? leurs noms?
ISRAËL
Je n’ai pas un complice.
FALIERO
Quoi! pas un?
ISRAËL
■ En a-t-on pour rcmlrc la justici' ?
[ FALIERO
Tes amis, si tu veux.
Moi.
I*our le doge , il ii'esl plus.
LSRAEL.
C’est jKirlcr; je vous croi.
FALIERO
I^arle donc à luii tour.
ISRAËL
Si le |>euplc imirmurc
Du joug dont on l'accahleet des maux qu’il ciulure, Est-ce moi qui l'oppi ime?
I Quand vous serez le leur.
i FALIERO.
f xMoÜje..
ISRAËL
Vous reculez’
FALIERO
• Agir avec chalcui ,
I Concevoir fioidcinenl , c’est le secret du iiiaiirc Puis-je rien décider avant de tout connaîtr* ?
MARINO FALIERO. — ACTE I
3Gb
Mais le sénal m'appelle, un plus long enlrclien Pourrait mcUrc au hasard mon secret et le tien.
ISRAËL
Vous revoir au palais serait risquer ma télé. .
Le seigneur Lioni vousaUciid à sa fête;
J'irai.
FALIERU.
Te reçoit-il?
ISRAËL
Mon bras sauva scs jours;
J'eus tort : c'est un de plus.
FALIERO
A0able en scs discours, Dans ses actes cruel, esprit fin , àroc dure ,
.Assistant du même air au bal qu'à La torture, Soupçonneux , mais plus vain, et dans sa vanité li^pris d'un fol amour de popularité,
Il doit te recevoir.
ISRAËL
Il en a le courage.
Du marin parvenu le rude et fier langage Le trompe en l’amusanl; et sans prendre un soupçon Dans la bouclie de fer U trouverait mon nom.
FALIERO
Mais la torture est prête aussitôt qu'il soupçonne.
ISRAËL
Je la supporterais de l'air dont il la dumu'.
FALIERO
Tu me gagnes le cœur.
I ISR.AEI..
j Vos ordres , général ?
FALIERO
J'irais à leurs regards m'cE|K>ser dans un bal, Rendre en les acceptant lourds mépris légitimes, CJicrcber mes ennemis !
Non, compter vos vitllincs.
FALIERO, Tivement.
Je n'ai rien décidé.
ISRAËL
Voulez-vous me revoir?
FALIERO
Plus tard.
ISRAËL
Jamais.
Il faU un p.*ki potir anrilr.
FALIERO
Reviens.
ISRAËL
A ce soir?
FALIERO, niireaunc pauMr.
\ ce soit !
I»r.ici tiorl.