‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 345 sur 669 · ISBA£L · texte numérisé non relu

ISBA£L

La solde que larmée aticnd depuis deux mois,

Si d*aulrcs, la payant, tentent par ce salaire De nos conduuieri la bande mercenaire,

!*uis-je rempéclicr, moi?

Demain.

fAî.lERO, vivemcni.

Tu le vengerais!

ISRAËL

EAMERO.

Tu le |)ciix donc?

Si j'étais doge.

Non... mais je le {>ourrai.s.

FALIERO

Vous avez donc de l'or ?

ISRAËL

Si de vrais citoyens, car il en est encor,

Dcssoldau du vieux temps, du vôtre, clqu on méprise, Par la foi du serment sont lies dans Venise;

Aux glaives des tyrans, qu’ils veulent renverser, Suis-je un patricien , moi, pour les dénoncer?

FALIERO

FALIERO

Approche cl parle sans mystère.

ISRAËL

On risque à trop parler ce qu’on gagne à se taire.

FALIERO

Tu sais qu’un mot de moi peut donner le trépas , Tu le crains.

Pourquoi?

ISRAËL

Je le sais, mais je ne le crains pas.

FALIERO

ISRAËL

.Notre intérêt nous unit Tun à Taulre; J’ai ma cause à venger, uiais vousavez ta vôtre.

FALIERO

Ainsi donc, pour le faire, il existe un complot .

De quelle part viens-tu?

lüBAU.

De la mienne. En un mol , Pour soutenir nos droits voulez-vous les euiifoudrc ?

FALIERO

Je veux l’interroger avant de te ié|H>iidrc.

ISRAËL

Qui nrintorrogera, vous, ou le doge?

FALIERO

Achève.

I ISRAËL

I J'ai tout dit.

FALIEBO.

. Ce sont là des indices,

j Le reste, ton projet, les amis, tes complices?

ISRAËL

' Mon projet î c’est le vôtre.

FALIERO

En ai-je un?

ISRAËL

Mes moyens?

' Mon courage, celle arme...

El les armes des tiens.

Tes complices? leurs noms?

ISRAËL

Je n’ai pas un complice.

FALIERO

Quoi! pas un?

ISRAËL

■ En a-t-on pour rcmlrc la justici' ?

[ FALIERO

Tes amis, si tu veux.

Moi.

I*our le doge , il ii'esl plus.

LSRAEL.

C’est jKirlcr; je vous croi.

FALIERO

I^arle donc à luii tour.

ISRAËL

Si le |>euplc imirmurc

Du joug dont on l'accahleet des maux qu’il ciulure, Est-ce moi qui l'oppi ime?

I Quand vous serez le leur.

i FALIERO.

f xMoÜje..

ISRAËL

Vous reculez’

FALIERO

• Agir avec chalcui ,

I Concevoir fioidcinenl , c’est le secret du iiiaiirc Puis-je rien décider avant de tout connaîtr* ?

MARINO FALIERO. — ACTE I

3Gb

Mais le sénal m'appelle, un plus long enlrclien Pourrait mcUrc au hasard mon secret et le tien.

ISRAËL

Vous revoir au palais serait risquer ma télé. .

Le seigneur Lioni vousaUciid à sa fête;

J'irai.

FALIERU.

Te reçoit-il?

ISRAËL

Mon bras sauva scs jours;

J'eus tort : c'est un de plus.

FALIERO

A0able en scs discours, Dans ses actes cruel, esprit fin , àroc dure ,

.Assistant du même air au bal qu'à La torture, Soupçonneux , mais plus vain, et dans sa vanité li^pris d'un fol amour de popularité,

Il doit te recevoir.

ISRAËL

Il en a le courage.

Du marin parvenu le rude et fier langage Le trompe en l’amusanl; et sans prendre un soupçon Dans la bouclie de fer U trouverait mon nom.

FALIERO

Mais la torture est prête aussitôt qu'il soupçonne.

ISRAËL

Je la supporterais de l'air dont il la dumu'.

FALIERO

Tu me gagnes le cœur.

I ISR.AEI..

j Vos ordres , général ?

FALIERO

J'irais à leurs regards m'cE|K>ser dans un bal, Rendre en les acceptant lourds mépris légitimes, CJicrcber mes ennemis !

Non, compter vos vitllincs.

FALIERO, Tivement.

Je n'ai rien décidé.

ISRAËL

Voulez-vous me revoir?

FALIERO

Plus tard.

ISRAËL

Jamais.

Il faU un p.*ki potir anrilr.

FALIERO

Reviens.

ISRAËL

A ce soir?

FALIERO, niireaunc pauMr.

\ ce soit !

I»r.ici tiorl.

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