LE VAISSEAU
Par les flots balaix^e, une banpe légère ,
Hier, m'avait porté sur ce vaste vaisseau,
Qui fatiguait le golfe et sa vaine colère D'un inébranlable fardeau.
Ses longs mâts dans les cieux montaient en pyramides ; Comme un serpent ailé, leur flamme, au sein des airs, Déroulait scs anneaux rapides.
Et j'admirais ce noir géant des mers ,
Armé d'un triple rang de bronzes homicides,
Qui sortaient à demi de ses flancs entr ouverts.
Ces mots : demain ! demain ! ce doux nom de la Grèce , Volent de Imuchc on bouche : on s’agite , on s'empresse, L'un , penché sous les ponts, aux câbles des sabords.
Enchaîne les foudres roulantes;
L’autre court, suspendu sur les vergues tremblantes; Où la voile, en criant, cède à scs longs efforts.
Leur clief le commandait, et son regard tranquille De la poupe â la proue errait de tous côtés,
Avant d'abandonner cette masse immobile Au souffle des vents irrités.
Ainsi, prêt â quitter les sphères immortelles ,
Pour ravir une proie au vautour furicMix,
L'aigle, tranquille et fier, se mesure des yeux, Ivisaye, en les ouvrant, si scs ongles fidèles A sa colère obéiront encor,
El , pour baUrc les airs, étend deux fois ses ailes , Avant de prcmlrc son essor.
Témoin de ces apprêts, debout sous la misaine,
(1) Ce vaisM>AU Jcvsil porter à Coaoiantînoplc M. Stnilfimlrannini* . aml>AkKA<lrur d’Anglrterre, et le hniU eourail elori. «]Ue 1.1 mi«<ion tic rr iliplomnle aïaiI pour l»ut i'âffnncliist: • irtetil tl<- In <iri-ce/
Il part, disais-je, il part; mais doit-il affranebit*
Les généreux enfants de Sparte et de MesstMie? Doit-il sous un pacha les contraindre à fléchir ?
Pour qui grondera son tonnerre?
A ce peuple persécuté
Porte-t-il dans ses flancs ou la paix ou la guerre. L'esclavage ou la liberté?
La liberté, sans doute!... cl la Grèce est mourante; Son sang coule et s’épuise. Ab! qu’il parle! il est temps De sauver, d'arracber au sabre des sultans La victime encor palpitante Quand je la vois touclicr à ses deniicrs instants ,
11 fatigue mon cœur d’une trop longue altcnlc.
Comme toi menaçant , et comme toi muet ,
Vésuve, que fuit-il sous ton double soiumoi.
Qui, trompant mon espoir par la vapeur légère Que la bouche béante exhale vers les cieux.
Fume éternellement sans éblouir mes yeux Du spectacle de ta colère !
Dors volcan imposteur, par les ans, refroidi ;
Dors, et sois |>our l'cnfaocc un objet de risée , Vieillard , sous la cendre engourdi ;
Je suis las d'insulter à la lave épuisée ;
Mais qu'il tonne du moins, ce Vésuve flottant ;
Muins avare que loi des flammes qu'il recèle ,
Que son courroux tardif soit juste en éclatant Sur les mers du Bosphore où Canaris l'appelle î
Quand il fendra leurs flots , si souvent éclairés Par des esquifs brûlants qui vengeaient la patrie ,
S'il faut une étincelle à s.v flamme assoupie ,
Quelle s'allume aux feux de ces brandons sacrés