I.ÆS flots de Marmara se troubleront de crainte
Et, sans contraindre Atbène è payer un succès Qui rarrachc expirante au joug de l'infidèle.
Si l’Anglais la délivre, au moins quelques Français Auront versé leur sang pour elle.
Toi, qu’ils ont devancé dans ton noble dessein, A’aisscau libérateur, reçois-moi sur ton sein ;
Pars, va me déposer sons ces bbnclies colonnes Où Socrate inspirait les discours de Platuu.
Mes yeux verront flotter les premières couronnes Que les Grecs vont suspendre aux murs du Parlbénon. Laisse-moi , sous des fleurs et sous de verts feuillages. Consacrés par mes mains à ses dieux exilés, Laisse-moi caclier les outrages De ses marbres vainqueurs de la guerre et des Igcs Que votre Elgin a mutilés.
Je les verrai, ces morts qui vivent dans l’histoire. Pour saluer dcs'jnurs si beaux ,
Renaître et soulever les trois mille ans de gloire Dont le temps chargea leurs tombeaux ;
Et moi , chantant comme cnx ces jours de délivrance , J’irai mêler la voix, l’hymne à peine écouté D’un obscur enfant de la France,
Va donc, nliésitc plus, n’attends pas les étoiles; Des flambeaux de la nuit les feux seront pour toi. N’entends-tu pas le vent qui frémit dans tes voiles? Il t’invite ù partir : pars , vole, emporte-moi! Notiis, je me confie ù Ion humide haleine,
A toi, brûlant Siroc, i toi, noir aquilon ;
Mugis , qui que tu sois qui souffles vers Atliènc : Tout me sera zéphir, quelque vent qui m’entraîne Du tombeau de Virgile au tombeau de Ryron !
Vain songe!... Il dédaigna ma prière inutile.
Hélas! pour un Français il n’arait point d'asile !
Au lever du soleil, mes yeux l’ont découvert Entre le doux Sorrente, où la grappe dorée Sc marie au citronnier vert ,
Et les rochers aigus de la pèle Caprée.
Sans doute il entendit , sur ce pic menaçant ,
Le stupide héritier des demi-dieux du Tibre, Tibère, s’éveillant au nom d’un peuple libre.
Des Grecs ressuscités lui demander le sang.
Sur la rive opposée , il ne put méconnaître Ce chantre harmonieux que Sorrente a vu naître :
Le Tasse errait encor dans l’asile enchanté Où l’amour d’une soeur recueillit sa misère.
Du sein de l’immortalité ,
Poète , il fit des voeux pour les enfants d’Homère!... Le vaisseau cependant voguait sur l’oiide amère.
Qui des deux a-t-il écouté ?...