‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 398 sur 669 · SAME · texte numérisé non relu

SAME

Je vous revois , mon jxirc !

A CoUlcr.

Salut, luailrc; du roi que fnal-il qu'on espère?

COITIER.

Son Ame le soulicnl ; sa sombre activité Nous lourineiilc des maux dont il est tourmenté.

MARIE

Croyez-vous que sur eux voire savoir remporte?

COITIER.

Que peut notre savoir où la nature est morte?

11 8 agite, il se plaint, il accuse mon art,

(^onimine, vous...

MARIE

Lui-même a permis mon départ.

COIMIAE.

U n’a pu résistera tou ardente envie

De voir riiomme de Dieu dont il attend la vie;

Duis, il s’est plaint de toi.

COITIER.

Voilà les souverains!

CUMllRE.

Ton enjouement naïf amuse scs chagrins ,

Kt le corps souffre moins quand l'esprit est tranquille. 11 est seul dans la tour où sa terreur l'exile;

La dame de Bcaiijeu n’est plus auprès de lui.

COITIER.

Elle eût mieux supporté le poids de son ennui,

Si Louis d'Orléans, chevalier plus fidèle,

Kûl voulu l’alléger en s'encliainant près d’elle.

COSMl?l£.

Que dites-vous, Coilier?

comcR.

Mais ce qu'on dit partout,

Commine.

COIXIXE.

Je l’ignore.

COITIER.

.\h ! vous ignore/ tout.

A Mario.

Kh bien ! vous l'avez vu ce pieux solitaire !

François de Paulo arrive; cl chaque nionasière. Chaque hameau voisin, qui le fête à son tour.

Fait résonner |>our lui les clocdnus d’aleiiluur.

A graiid'pcinc arraché de sa retraite obscure.

Lui seul )>cut rétablir, du moins Uomc l'assure , l.a royale santé que nou.s, pauvres humuins,

Nous voyons par luiulH-’aii.x s'échapper de nus main.'). Qu'il fasse mieux que nous ce médecin de l’âme; C'est mon maître, et pour tel ma ImiucIio le proclame,

’ S'il ranime un fantéme, et si de ce vieux coq>s : Son an miraculeux raffermit les ressorts.

j MARIE.

j Osez-vous en douter? Le bruit de scs merveilles j Est-il comme un vain son perdu pour vos oreilles?

I Un vieillard, qu’à Fondi le saint avait touclié,

. Vil refleurir les chairs de son bras desséché.

I 11 rencontra dans Uomc une femme insensée, j El chassa le démon qui troublait sa pensée.

I 11 veut, et pour l'aveugle un nouveau jour a lui ;

I Le muet lui réjnmd, l'infirme court vers lui; {dre I Kls’üparleaux tombeaux, ils s’ouvrent pour nous ren- I Les morts qu'il ressuscite en soufllani sur leur cendre

J COITIER.

I Je vous crois.

MARIE

Ei{>ourlanl que de simplicité'

Le saint n’empruntait passa douce nnajesté Au sceptre pastoral dont la magnificence I Des princes du conclave atteste la puissance,

' A la mitre éclatante, aux ornements pieux ' Que le nonce de Home étale i\ tous les yeux.

I Point de robe à longs plis dont la pourpre chrétienne Héclame le secours d'uu hras qui la soutienne. Pauvre, et pour crosse d’or un rameau dans les main», i'our rul>c un lin grossier traînant sur les clieniins. C’est lui, plus luiinblc encor qu’au fond de sarctraite.

I COITIER.

, El que disait tout bas cet humble anachorète , i En voyant la litière où le faste des cours Prodiguait sa mollesse au vieux prélat de Tours.

El ce cheval de prix, dont l'.arnhle doux et sage Pour monseigneurde Vienne abrégeait le voyagiî?

! MARIE

Tous les deux descendus niarcliaicnt à scs côtés;

Le dauphin le guidait vers ces murs redoutés.

Puis venaient en cliantanl les pasteurs des villages.

! Les seigneurs suzerains, appuyés sur leurs pages,

I.es renés dans les mains, devanvnient leurs coursiers. J’ai vu les écussons de nos preux chevaliers,

I J'ai vu les voiles blancs des jeunes châtelaines ] Confondre leurs couleurs sur les monts, dans lesplaiiics. ' La croix étincelait aux rayons d’uu ciel pur;

Des bannières du roi , l’or, les lis et l'azur,

I Que paraient de nos bois les dépouilles fleuries . Courbaient autour du saint leurs noldcs aniioirios. Des enfants devant lui faisaient fumer fcnccns;

, Le peuple s'incliuail sons ses bras bénissants.

.Viiisi des imiisd'.Vinboise au pied de ces tourelle^

I II iraiiiait sur ses ps la foule des fidèle.s.

' Longtemps j'ai contemplé ceiiiii|K»sant tableau...

LOUIS XL — ACTE L

Kl quand !c clicmiii tourne au |>enchaiil du coteau, Hcprcnant avec Bertiic un sentier qui l'abrège,

J'ui sur mon palefroi devance le cortège.

CUMIIITIE.

Viens donc, viens faire au roi ce récit qu'il attend.

lARtE,aCQiHDilae.

Un mot, mon |>èrc!

COMMISE

Kt plus encor pour loi.

MARIE

L’envoyé de Boui^ogne attendu par le roi...

De son nombreux cortège il reinidil le village;

Ses armes, son héraut, son brillant équijvage,

J’ai tout vu.

COMMISE

COITIEH.

Adieu; j’y cours en vous quiltanu

COMMISE

U'est prendre trop de soin,

CUITIER.

Le maître s’inquiète;

Il est là, sur le seuil de la porte secrète,

Qui s'ouvre dans sa tour pour lui seul et (K>urnioi,

Kt depuis trop longtemps se souvient qu’il est roi.

CUXVIXE.

11 apprendra de vous ce qu'il eût su par elle.

COITIER.

J'entends... Si quelques dons récompciisaiciUmou zèle, Votre ûllc aurait |iart, Coinminc, à ses bontés. i

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