‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 433 sur 669 · soleil molilouil, cl sa clialcur iu'opiircsse · texte numérisé non relu

soleil molilouil, cl sa clialcur iu'opiircsse

LOUIS XI. — ACTE III

L'air était moins pesant, pins pur dans ma jeunesse ; locis.

Les climau ont changé. | ■’o»'' fst le plaisir, pour uous la peine.

OLIVIER, lui monlrant Ica paysanc.

Mêlez-vous à leurs jeux ; Vous êtes inconnu; p.irlcz-lcur.

Tu le veux?

OLIVIER, aux payaaïu.

('.c seigneur do la cour a deux mois à vous dire ; Venez,

l,C4 payaaiu »e rapprocbrnl «lu roi.

LOri8, â Marltie.

Vous, la fermière.

lARTHE.

A vos ordres, messirc.

Comment faiies-vous donc pour vous porter si bien?

N.VRTUC.

■ARTBE.

, Ad'aulres!

I Pensez à nos soucis, vous oublierez les vâlres.

Quand le pain se vend cher, vous vous en troublez peu; Tout eu filant mon lin, j*y rêve au coin du feu. Pourtant je chante encore : bon ne humeur vaut richesse, I Et qui souffre gaiement a de moins la tristesse, j Quel que soit notre lut, nous nous en plaignons tous; Mais le plus mécontent fait encor des jaloux.

Il n’est pauvre ici-bas qu’un plus pauvre n’envie ;

I Kt quand j'ai par malheur des chagrins dans la vio.

{ Le sort d'un moins heureux me console du mien ;

I J'en vois qui sont si mal que je me trouve bien.

I MARCEL

Maillard, notre cousin, doit un an sur sa ferme ;

Donc je bénis le ciel, moi qui ne dois qu'un terme.

(kimmcnl ?

LOUS

Dilcs-lc-moi.

MARTRE

Pour cela fait-on rien?

On y perdrait son temps; aussi, mauvaise ou bonne. Nous prenons la santé comme Dieu nous la donne. i C'est chose naturelle, et qui vient, que je crois, '

Ni plus ni moins que l'herbe et le gland dans les bo». Pour m'en troubler la lélc ai-jc un instant de reste? | Que neniii! le coq chante, et chacun, d'un pas leste. Court s'acquitter des soins qu'exige la saison :

Le mari fait ses blés; la femme, à la maison,

Gouverne de son mieux la grange et le ménage. L'appétit, qui s'éveille et qu'on gagne à l'ouvrage. Change en morceau de roi le mets le plus frugal.

Jamais un lit n'est dur quand on fut matinal;

Le somme commencé, jusqu'au jour on l'achève :

Qui n'a pas fait de mal, n'a pas de mauvais rêve.

Puis revient le dimanche, et pour se ranimer,

On a par-ci par-là quelque saint à chômer.

Travail, bon appétit, et bonne conscience,

Sommeil à l'avenant, voilà notre science Pour avoir l'âme en paix et le corps en santé ;

L'amiéc arrive au bout, et l'on s'est bien porté.

LOl'19.

Quoi ! jamais de chagrins?

MARCEL

Dame! la vie humaine N'a qu'un beau jour sur trois, c'csl comme la semaine : ’ La pluie et te beau temps, la pciuc ci le plaisir; ^ C’est à prendre ou laisser ; on ne peut pas choisir.

Lot», à Olivier.

Ces misérables-là font du bonheur de tout!

OLIVIER, au roi.

Bonheur qui sent le peuple.

MARTHE

Il est de notre goût.

Qui nous dit qu'un plus gfand nous plairait davantage,

OLIVIER, qui fait clguc i Marthe.

Mais chacun, dans ce monde, a ses maux en partage ; Vous aussi.

Répondez ; n'avez-vous pas vos maux.

Partant des médecins?

Oui dà! pour nos troupeaux ; Mais pour nous, que non pas !

La raison?

MARCEL

Rllc est claire :

Ils prennent votre argent souvent sans vous rien faire. Leur bailler mes écus, pas si simple ! il vaut mieux Acheter au voisin un quarlaul de vin vieux.

Cl, pour m'administrer ce remède que j'aime..

N’avoir de médecin que le chantre et moi-iucme :

Vu qu'on paicàgrandsfrais tousccs donneurs d’espoir. On croit en revenir, cl puis crac! un beau soir Plus personne !

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