SUS
\fort comme eux, je tcux bien garder leur sépulture ; t Je m*y plonge ; ou plutôt qu'Édouard sous la bure ,
Par les ciseaux d'uii moine à l'autel couronne.
Ait pour royaume un cloître où je l’aurai traîne. | Je l'y traîne , et le laisse au tond de sa retraite; i < ! ar je suis, j'en conviens , mauvais anachorète.
Mais l'autre, je l'emmène en France, à l'étranger, ’ Ivoin, si loin , que sa vie est pour vous sans danger;
Je lui donne les mœurs, les goûts que j'ai moi^méme, Mes vices, s'il le faut... Que voulcz-vous? je l'aime. J'aime en lui le seul bien qui m'ait coûté des pleurs: ' Mon Toniy, mon trésor de joie et de douleurs , I L'astre qui rayonnait sur mes nuits enivrantes , !
L'enfant qui m'a baisé de scs lèvres mourantes. ^ Traitcx-uioi de rêveur, de fou , si vous voulez ; |
Maisquand je vois scs yeux, scs longs cheveux bouclés, | Je me sens tressaillir jusqu'au fond des entrailles; i.<or$que leurs cris aigus frap|>craicnt ces murailles, i C'est de mon fils, milord, que j'entendrais les cris : | Je ne peux pas pour vous assassiner mon fils. j
GLOCLSTCB.
A part. A Tjrrel.
Je l'avais dit, pas un ! Allons, calme ta tête. !
A ton projet , Tyrrcl , il se peut qu'on s'arrête ;
C'est accorder leur vie avec ma sûreté.
Nous y rélléchirons; mais reprends ta gaieté. i
Quelques joyeux amis, que le plaisir amène, j
Viennent fêter ma royauté prochaine. |
TYEBXl.
C^ttcnuil?
GLOCESTER
A demain les travaux im[>ortanls!
Pour ccitcnuit encor revenons à vingt ans;
Sois l'homme d'autrefois. Je veux que celle orgie Surpasse en beau désordre, en brûlante énergie,
Kn joie, en mets exquis, comme en vins généreux. Tous tes vieux souvenirs retrempés dans scs feux.
TYRREL.
Non, milurd.
GLOCESTER
Refuser, qui ? loi ! C'est impossible.
l'ourqiioi?
TTRREL.
Non, par pitié; mon ivresse est terrible.
GLOCESTER
.\ussi je cuinplc bien que sir Jamc aujourd’liiii Saura devant .son roi rester maître de lui.
('.raint-il de n'avoir {ms une tête assez furie Pour calculer les points que le dé nous apporte?
GLOCESTER
Des trésors: tes yeux vont s'enflammer, I.K>r8quc sur le lapis lu verras s'abîmer,
S'engloutir en un coup plus d'or, plus de richesse , Que n'en ont dévore vingt nuits de ta jeunesse.
TYRREL, à part.
Oh! le démon me tente.
Oui, trésor sur trésor.
Risqués par nous, {terüus, gagnés, {lerdus encor, Taudis que dans sa course un bol intarissable.
Dont les flots à plein bord circulent sur la table. Dont la vapeur s'exhale en {larfiimant les airs ,
.Aux reflets des enjeux vient mêler scs éclairs.
Ils sont aux mains: l'or brille et le punch ctincellc; Vcux-lu laisser languir la veine qui l’ap{>elle ? Veux-tu laisser mourir la fortune en es{>oir?
Le veux-tu?.., libre à loi!
TYRREL.
J’irai.
GLOCESTER, avec lodilFérence.
Si le devoir,
Ix.' scrupule est plus fort...
TYRREL.
J'irai.
GLOCESTER, do ll](![De.
Suis ton envie.
TYB»I.
le ne puis reculer sans mentir a ma vie.
ULOeSSTEa.
Sans te |)erdre d'Iionneur.
TvaaiL.
Longs jours A Ricbanl trois.
Et bonheur à Tjrrel!
L'est Ëilouanl.
ÉOOl'ARD, en debora.
Sir Jame !
TYRREL.
C'est sa voix ;
GLOCESTER, froidement.
Eh bien! qu'as-iu donc?
TYRREL.
Rien.
GLOCESTER
Qu'il vienne.
A part, landli que Tyrrcl va ouvrir la porte.
1YKRCL, \Kcment.
On jouera?
i Quand j'achète ton bras, c'est|iourqn'ilm'apparliennc, l’itojable rêveur!