‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 55 sur 669 · DISCOURS D’OUVERTURE DU SECOND THÉÂTRE FRANÇAIS · texte numérisé non relu

DISCOURS D’OUVERTURE DU SECOND THÉÂTRE FRANÇAIS

( Il est, je crois, de votre connaissance )

Était un parc admirable en tout point.

(ihosc bizarre : une seule avenue Le traversait dans sa vaste étendue.

I,A s'assemblaient gens de cour et bourgeois: Juge, avocat , militaire , coquette,

.S'y délassaient du soin de leurs emplois ,

Ou des travaux d'une longue toilette.

Les orangers parfuniaicnl ces beaux lieux ;

On y rêvait au doux bruit des rontaincs.

Quels gazons frais ! quels sons niélotlicux !

Les rossignols y chantaient par centaines , Toute l'aniiée... hormis deux ou trois mois ,

Où ces messieurs preoaieut tous leur volée , Couraient les champs, et laissaient daus l'allée D’autres oiseaux, lesquels étaient sans voix.

A leur retour la foule consolée.

Dans l'avenue oubliait ses ennuis.

On s’y portail : c'était la mode; et puis... C'étail la seule. Un bon vieillard , un sage Dit : Mais pourquoi ne pas en avoir deux ? Soudain on plante ; on se bâte , et l'ouvrage Va lentement ; alors c'étail l’usage.

La promenade ouverte aux curieux.

Tout le monde entre , et d’abord la Critique. Sur les défauts ciiaque passant s'explique.

Qui n’a les siens? C’est bien, s’écriait-on ;

I Mais peu de fleurs ! mais des arbres sans ombre ! 1 Les rossignols n'y sont pas en grand notnbre!

! Des fruits, pas un I à peine du gazon!

Oh ! l'autre allée aura la préférence ;

Elle a la mienne, et j’y cours... i Patience ,

I Dit le vieillard qui parlait de bon sens; j Juger trop vite à l’erreur nous entraîne.

Est-ce en deux jours que le gland devient eliéne?

' Laissez grandir ces arbustes naissants ,

Ils donneront du frais et de l’ombrage, f Prodiguez l'onde aux gazons délicats ,

Et leur duvet s'étendra sous vos pas.

Encouragez les clianires du bocage ,

Les rossignols épars sur les rameaux Verront près d’eux s’élex'er des rivaux ;

Leur foule un jour couvrira ce feuillage ,

Vous charmera de citants toujours nouveaux. Toute l'année ils vous seront fidèles...

On prendra soin de leur couper les ailes.

Laissez aux fleurs le temps de s'entr'o'uvrir ,

Et leurs couleurs n'en seront que plus belles. Vienne l'automne , et les fruits vont mûrir : Achetez donc par un peu d'indulgence : Double avenue et double jouissance. ■

I Suivit-on ce conseil ? ce conseil fut-il vain ?

Le mot de celte énigme au compliment prochain

»SI.,iVIUXE,

DISCOURS D’INUUCUIUTION

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