‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 588 sur 669 · PF.BIO · texte numérisé non relu

PF.BIO

Moi ? quel honneur!

FBÈRE AtSfcRB.

Pense à Tcn rendre digne par ta discrétion.

PEBLO.

Je ne dis jamais que ce qu’on ne me dit pas. ( k pnri. ^ ; Dieu! SC tient-il droit, frère Arsène! a-i-il l’aùl vifl c'est à ne pas le recoiinallrc.

FRfcaE ARSt'VE.

Gomme doyen du conseil, parlez don Quexada.

DO;V Qt EXADA.

Je le ferai en peu de mots, car le temps presse. | Les gens du roi f|ui nous ont accompagnes jusqu’au ' couvent, sont repartis dans la nuit pour rendre compte de leur mission : à chaque instant les ordres les plus sévères peuvent arriver de Tolède. Votre révérence doit avoir conservé au moins un ami dans le monde ou à la cour ; qu’elle écrive cii notre faveur, et de la | façon la plus pressante, et à quelqu’un d’inOuent, et j sur rtieure. Voilà mon sentiment ; j'ai dit.

FRÈRE ARSt:<E,

Moi, pauvre moine ! homme oublié !... d'ailleurs je l'avouerai, je trouve une jouissance d'oi^ucil à délivrer don Juan par la seule force de ma volonté, de mon intelligence; j’y mets ma gloire : je veux me prouver que je n’ai pas vieilli.

DOR ÇIEXAOA. à part.

Toujours le même ; sc créstnl des difficultés pour avoir le plaisir de les vaincre !

FRÈRE ARRÈRR.

I DUR JCAR.

Quant à moi je prends conseil de cette épée, que je vois suspendue à la muraille , et qui me prouve que vous avez été soldat.

FRÈRE ARSÈRE.

, J'ai fait un peu de tout ; mais celte épée est celle d’un autre, qui fut captif comme vous.

DOR Jl'AR.

I Et qu’on a voulu faire moine? Donnez-la*moi , cl tenez pour certain que je serai libre avant une heure, quand je devrais livrer bataille à tous les frères de toutes les congrégations d’Espagne.

FEBLO. «c levant pn^clpitamment

Dieu! quel carnage de capuchons!

FRÈRE ARSÈRE.

Voilà justement un moyen à la François I".

DOR jr.AR.

Ah ! mon révérend , vous voulez recommencer la querelle.

FRÈRE ARSÈRE.

Non pas; mais tout chevaleresque qu’il est , voire expédient, qui serait de mise dans une citadelle, no convient pas dans un iiionastèro; cependant, que faire? je ne trouve rien... xMlons donc! seigneur Qiiexada, vous qui avez été le conseiller d'un empereur, vous devez avoir des idées.

DOR orEXADA.

Des niées, des idées, frère Arsène!... il ne m'en vient jamais que quand je n’en clien-be pas, et dans ce moment-ci j’eii cherche.

DOR JVAR.

Eh bien! j’en ai une, c’est que Peblo |>cul nous tirer d'affaire.

FRÈRE AR8ÈRB, AdOnJunn.

Comment?

DOR JCAV.

Je lui al promis le secret.

PEBLO.

Ah! luoii frère, c'est mal.

FRÈRE ARSÈRE.

■ l'arlez, Pehio, je vous ronloniie.

PEBLO

L’avis est rejeté ; n'est-ce pas ; don Juan ?

DOR JCAR.

Dejeté; |>ourvu qnc je sorte d'ici peu lu'iiuporte comment.

PEBLO. avec Imporlaactt.

Rejeté, rejeté! ( A|un.) U n'était pas heureux, l'avis du dovcii.

Vous me gronderez.

PRÈBE ARSÈRE.

Eh non !

Me le jurez-vous?

PRÈRÈ ARSÈRE.

Je ne (e le jure pas, mais je te le promets.

DON Jl AN D’ACTIIICIIE. — ACTE III.

PEB1 U.

El mon c\i)c(]icnt une fois connu , j'cn pourrai profiler pour mon compic?

rittBE AE5t>E.

Tu veux me quillcr?

PEILO.

Non ]>a8 vous, frère Arsenic, mais la maison : on respire ici un air renfermé qui ne me convient pas.

pEftai AI8E1B.

VoyeZ'Vous! le fripon d enfant! il sait qu'on a besoin (le lui.

1H)X Ql'E\ABA,ba««u rrère Ar»ènc.

Traitez toujours, sauf à raiilier si bon vous semble.

FRERE AE^tXE.tlc mémcAOiiCXada.

Comme dans notre bon temps. ( a prbio.) Voyons, parle.

PEDLO.

J'ai (leux moyens : (xonirani ucipr.) en voici nu.

feEre aesEre.

Dieu me pardonne! c'est le passe-partout du fi'ère gardien; cst-il bien possible?...

PEBLO.

Souvenez-vous do votre promessi*.

De grâce, mon péri- !...

PEBLO, courant A la uaUe r|u'il »oul^vc^

Kl voici le second.

frère arsexe.

Une échelle de cordes !

PEBLO.

Avec celui-ci on descend par celle fenêtre ; avec l’autre on sort par la petite porte qui donne sur la campagne; avec tous deux on est libre.

FRÈRE AESERB.

Mais pour avoir eu celte idée-là, il mériterait de laisser quinze jours au pain cl à l'eau.

DU5 gi'EXAPA.

Si nous ne profilons pas de l'idée!

FEEEB ARStlB.

Au fait, je ne vois rien de mieux. Ce ne sera pas la première fois qu'un novice aura eu plus d'esprit à lui seul que toutes les vieilles têtes d'un chapitre.

Les moines sont au rcfecluire , dont les fenêtres ne donnent pas sur ce jardin ; quand ils dînent, ils no s'occupent pas d'autre chose : proüloiis du moinenl.

FRERE AESfi^VE.

Va |K)ur le moyen de Pehlu !

Do:^ Jt Al», qui foulèvc Pclilo eu IV-mbraManl.

Cdoirc à toi! tu es un polit démon adoiahle.

FRERE ABSEvE, A QueXAclji.

Dès que vous serez hors d'ici, conduisez don Juan cliezic vieux duc de Médina; parlez-lui de moi : il se souviendra de son ancien ami , et , renfermés dans son ' (lalais, attendez que je vous écrive. A l'œuvre! don Juan, à l'œuvre !

DO!( JTA7I, courant «uapenUrc récbcUe au balcoo .

Je ne me ferai pas prier.

DO^ griXADA, au frère Arsène.

Vous voulez donc qu'à mon âge je descende par ^ celle fenêtre.

j frErb ARSEKE.

Je tiendrai l'éclielle.

001 QUBXAOA.

j Votre révérence daignerait...

1 FREBB ARSE'IE.

J'en ai fait descendre bien d'autres, et déplus liaui.

Si je m'étais douté qu'il eût cette habiiude-là !...

FRERE ARSÈVE.A Poblo.

Cours entrouvrir la porte , et veille au dehors.

I DOX JTAV, du balcon.

i Tout est prêt ; allons ! don Quexada , hâtons-nous.

DOX Ql'BXADA, balaant ta maindu frère Arsène.

Adieu , mon révérend !

DOX JCAX.

^ A revoir, frère Arsène !

FRÈRE ARSE^E

I Vous parlez sans m’embrasser?

DOX JL AX.

Je serais bien ingrat.

FRERE ARSExe, avec émoUon.

Le rcvcrrai-je ?

DOX JL'AX.

El ma robe, dont j'oubliais de me débarrasser,

PEBLO, accourant.

Alerte I alcric ! voici le prieur.

I DOX glEXADA.

Tout est perdu.

frErb arsEae.

Mais celle échelle qui reste sus|)cnduc à la fenétn* , il va la voir.

PEBLO, A guexada.

Fermez un des deux battants.

DOX giEVADA

C'est une idée toute simple ; je ne l'aurais pas cm\

, J’ai l'espril frappé.

DON JUAN D'AUTRICHE. - ACTE III

Page 1