‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 59 sur 669 · DISCOIRS EN L’HONNEUR DE PIERRE CORNEILLE · texte numérisé non relu

DISCOIRS EN L’HONNEUR DE PIERRE CORNEILLE

Couronnait dans SbaVspcar le père du théâtre. Juliette, àsou iiom.s’urrachant du cercueil,

Othello tout sanglant prèsd'Ojdiélic en deuil, Macbeth, qui sur leurs pas s’avançait d'un air sombre, De leur cortège auguste environnaient son ombre. Carrickdes 8|»ectutoursécbaufrail les iraiispurls... Notre Garrick n’est plus : mais du moins, chez les St Corneille l’a vu d'un lac de Trasituèiic [morts. Menacer devant lui l'arrogance romaine ,

Kiiivré de scs vers. Corneille en l'admirant A pleuré de plaisir et s’est senti plus grand.

Ah ! qu'il pleure d’orgueil en se voyant renaître !

Dans le marbre animé par le ciseau d'un luaiircl Que David nous le rende avec ce vaste front Ocusé par les travaux de son esprit fécond.

Où rayonnait la gloire , où siégeait la |)enséc,

Kl d'où la tragédie un jour s’csi élancée :

Simple dans sa grandeur, l'air calme et l'œil ardent. Que ce soit lui, qu’il vive, et qu’en le regardant On croie entendre encor ces vers remplis de flamme, Dont le bon sens sublime s’élève , agrandit Pâme, Ressuscite l'bonncurdans un cœur abattu : l^ovcrbcs éternels dictés par la vertu ;

Morale populaire ù force de génie,

Kl que ses actions n’ont jamais déroemie!

Venez donc, o(Trcz*lui vos vœux rccoiiiiaissaiii^; OfTrcz-lui vos tributs : orateurs, quels accents Plus brûlants que les siens, de plus d'ilolàlrie Ont embrasé les cœurs au nom de la patrie?

Vous aussi, magistrats; c’est lui qui tant de fois Entoura de respect l'autorité des lois :

Venez, généreux Üls, en qui l'airront d’nn |>ére Ferait encor du Cid bouillonner la colère;

Pour les lui présenter, Rodrigue attend vos dons t Vous, qui, les yeux en pleurs à scs nobles leçons, Sentez de pardonner la magnanime envie,

Rois, à lui rendre hommage Auguste vous convie :

Et vous, guerriers, et vous, qui trouvez des appas ; Dans ce bruit glorieux que laisse un beau trépas ,

! Venez au vieil Horace apporter votre offrande :

' Venez, jeunes beautés, Chimène la demande :

I .\ccourez tous, Corneille a cliurmé vos loisirs; j Payez, en on seul Jour, deux cents ans de plaisirs. Vos applaudissements font tressaillir sa cendre; Appelé par vos cris, heureux de les entendre ,

Pour jouir de sa gloire , il descend parmi nous.

Il vient ; honneur à lui! levez-vous, levez- vous!... Aux acclamations d'une foule ravie ,

! Les rois sc sont levés pour honorer sa vie :

Eb bien ! qu’à leur exemple , ému d’un saint traiispoi i I Le peuple devant lui sc lève après sa mort.

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