FRÈRE ARSÈNE, PEBI.O, DON JUAN
DO?« Jl'ATI.
t^)uoiî mon père, est-ce que IVIjIo m’a dit vrai? Quand je me rc|>osais sur vous du soin de mAi déiivrancc, b nuiiiinalion d'un abbé vous uccup;iii?
FRÈRE ARSÈRB.
Vous m'accusez, don Juan : voilà comme on nous juge! Pcblo, va me cbcrclicr celle épée.
PEOI.O, qui aautc «ur un fauteuil pour la prendre,
Dieu! fpi'cllc est lourde!
Di>^ JCA’f , la tirant du fourreaii.
Pour la main , cnfuiil, mais pour la mienne!
FRÈRE ARSÈ'IE.
Je pense en effet, mon fils , que voire bras ne lui
ferait pas faute dans le besoin, et qu'il ne la ramènerait pas en arrière à rhciirc du danger.
IK)R Jl'AR.
Non, fussé-jc seul contre mille.
FRÈRE AESÈRB, prenant r«pde.
Colle arme est plus précieuse que vous ne pensez ; elle est un don de cet empereur qui viol mourir ici sous une robe que sans doute il eût décliiréc comme vous à votre Age.
Don jca:v.
De Cbarles-Quint! vous étiez donc son ami? il est mort entre vos bras?
FRÈRE AR8ÈVB.
Il l'avait prise, par droit de victoire, à ce François I" que vous aimez mieux que lui.
DOR Jl'Afl.
Ft vous pourriez vous en dessaisir!...
FRÈRE àRSÈFlE.
De quel usage est-elle pour un moine?
DOR Jl'AR.
Ft en ma faveur!
FRÈRE ARSÈRE.
Mais à des conditions que devant Dieu vous allez
me jurer d'aCCOmplir.( Lui préacnlant repéc nue pour recevoir ton Mrmirni.) A moins d'y être forcé par une défense légitime, vous ne vous servirez pas de celte épée pour votre propre cause ; il lui faut des œuvres de grand capitaine et non des duels déjeune homme; clic ne sortira du fourreau que par l'ordre de votre souverain, elle tombera de vos mains A son premier signe, et elle ne sera jamais teinte que du sang des ennemis du roi et du royaume ; le jurez-vous?
UOR JPAR.
Devant Dieu, sur mon honneur de gentilhomme, je le jure.
FRÈRE ARSÈRR.
Prenez-1a donc : j'ai le prcsseniimuiit qu'elle gagnera des batailles I
DOR JVAR, IVpCe A la main.
Je ne ferai pas mentir votre prédiction.