‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 612 sur 669 · DON · texte numérisé non relu

DON

Ce que je dis, sire; rien de plus.

Depuis quand la connuisscz-vuus ? ;

DUN Ol'EXADA. ^

Depuis le jour où Votre Majesté m'a donné rendez- j

vous cliez elle. !

PHILIPPE II . qui élifii'l la niaJii ter* la lUtr.

Don Quexada !

DON QIEXADA.

Ail! sire, arrêtez ; vous me condamnez pour avoir été sincère, que ferez-vous si je oc le suis pas?

Au mépris de mes ordres, vous avez conduit don Juan dans le couvent de Saint-Jusl ; |k>uvcz-vous le nier?

DON QIBXAOA.

Je ne le puis.

Pour qu'il y vU mon père ?

DON QlCXAD.i.

Et le sien.

PHILIPPE II, puriatil la malu sur la lUti'

Don Quexada!

DON QL'EXADA.

J’en appelle à vous, sire, est-ce vrai?

PHILIPPE il.

El il l'a vu? et il sait tout?

DON QIEXADA.

Non, sire.

Non? faites bien attention que vous avez dit non.

DON QIEXADA.

Je répète que Cliarles-Quiiil ii'a pas cessé d'élre, |K>ur lui, frère Arsène.

PHILIPPE 11, uionlranl l'ép^o qui cit <ur la table.

Mais cette é|>ée fait foi du contraire, et frère Arsène, en la lui donnant, a prouvé du moins qu'il ne |)ersisiait pas dans les résolutions arrêtées entre nous sur ce jeune homme.

DON QIEXADA.

Je cüuvieiis que ce serait un étrange preseut , s'il destinait encore don Juan à l'Eglise; mais j’albrmc que l*em}>ercur mon maître...

Qui fut votre maître.

DON QIEXADA.

Que t'einporcur Cliarles-Quiiit ne l'a pas reconmi |K)ur son lils.

Vous en êtes sûr?

DON QIEXADA.

Aussi sûr que je le suis peu de vivre demain.

PHILIPPE II, avec rlolnnce , en luUliAanl la UMc.

Don Quexada!. .

DON QrEXAUA.

Sire, le seul tiniii de ce |apicr dans vos mains sul-

SfiC . DON JUAN D'ACTlUCnE. - ACTE V.

Arait pour troubler une meilleure t^le que la iiiiennc. GiUe torture vaut l'autre; mais ce que j'aAirme est la vérité.

raiiirn ii, mIstiqi.

Il s'intéresse donc moins A ce 61s que je ne le pensais?

MK QtEX4DA, Tlvement.

Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire.

PDIUPPI II.

El cet lutérél, fût>il de la tendresse, il tomberait de soi-méme devant un crime de lèse-majesté , crime que don Juan a commis, et pour lequel il doit périr.

MV QCBXA9A, •'«Dlnunt roalsré lui.

Non, vous lie prononcerez pas cet arrêt; votre auguste père ne le souffrirait pas.

PBI1.IPPB II.

Y a-t-il deux rois dans le royaume? Celui qui règne osl-il le sujet de celui qui ne règne plus? Charles- Quint est mort pour l'Espagne , mort pour le monde; vous en aurez la preuve : car ce jeune homme périra, en dépit de toutes les volontés ou de toutes les faiblesses d'un moine de Saint-Just.

DOV QCBXADA, •'OUbtlAQl lOUt i r»JI.

Eh bien t non; je n'aurai pas entendu parler ainsi de mon royal maître ; on n'aura pas condamné son (ils en ma présence, sans que moi, leur vieux serviteur, j’aie au moins protesté pour tous deux.

Est-ce bien vous qui parlez ?

DOX QtEXAPA, lombaDt A «ca pied».

Je ne vous le dirai qu'à genoux , mais je vous le dirai : au nom de la prudence, au nom de la nature et de votre gloire, ne brisez pas la grande Ame de Qiarles-Quint ; ne vous licuiiez pas contre celui dont la renommée est encore dans toutes les Imuchcs, dont les bienfaits vivent dans tous les cœurs. Ne fût-il plus qu’une ombre, il sortirait du tombeau pour défendre contre vous son sang et le vôtre.

PHILIPPE 11 , «*éUnc«nl ver» U Ubie, oû il prend une plume et la li»(r.

Ab! c'en est trop.

MX QIEXAPA.

Ecrivez, sire, écrivez; tuez le vieillard : il ne vous est plus bon à rien ; mais épargnez le jeune lioomie , qui a une existence entière à vous sacrifier, un cœur de vingt ans à dévouer au service de son roi et de son |iays ; qu'il vive, lui , ou s'il doit mourir, que ce soit pour vous et non par vous. C’est votre frère î

(!»c traînant A genoux Juaqu’au fauteuil du roi.) Oui, G 65t

votre frère!... Ah! sire, un roi a si |>eu d'amis Gdèlca ;

' peut-il volontairement se priver du dévouement d'un frère?

i PHILIPPE H.

^ Relevez vous, vieillard ; vous êtes encore tout pâle de votre courage. {Apr«a une pau»e.) Je ne m'engage à I rien envers don Juan; mais si je lui laisse la vie, cl ! j’en doute, ce sera pour qu’elle s'éteigne dans les ; austérités. Je vous permets de l’en instruire. Je sais que vous aurez peu de pouvoir sur son esprit ; n'importe, essayez de le convaincre. Allez le trouver, et qu’il vous accompagne ici. (a don comPa, qui ea , enirs A U fin de la fcPne.) Ameiicz devant moi dona i Florindc.

MX GoaSs.

i Quoi, sireî. .

< PHILIPri IL

Amcnez-la , et en même temps donnez des ordres ' pour que don Quexada puisse voir votre prisonnier.

! Allez.

MX Ql'BXADA, Apari.

Encore une ambassade! probàbleroent la dernière : de toutes.

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