DON
Ce que je dis, sire; rien de plus.
Depuis quand la connuisscz-vuus ? ;
DUN Ol'EXADA. ^
Depuis le jour où Votre Majesté m'a donné rendez- j
vous cliez elle. !
PHILIPPE II . qui élifii'l la niaJii ter* la lUtr.
Don Quexada !
DON QIEXADA.
Ail! sire, arrêtez ; vous me condamnez pour avoir été sincère, que ferez-vous si je oc le suis pas?
Au mépris de mes ordres, vous avez conduit don Juan dans le couvent de Saint-Jusl ; |k>uvcz-vous le nier?
DON QIBXAOA.
Je ne le puis.
Pour qu'il y vU mon père ?
DON QlCXAD.i.
Et le sien.
PHILIPPE II, puriatil la malu sur la lUti'
Don Quexada!
DON QL'EXADA.
J’en appelle à vous, sire, est-ce vrai?
PHILIPPE il.
El il l'a vu? et il sait tout?
DON QIEXADA.
Non, sire.
Non? faites bien attention que vous avez dit non.
DON QIEXADA.
Je répète que Cliarles-Quiiil ii'a pas cessé d'élre, |K>ur lui, frère Arsène.
PHILIPPE 11, uionlranl l'ép^o qui cit <ur la table.
Mais cette é|>ée fait foi du contraire, et frère Arsène, en la lui donnant, a prouvé du moins qu'il ne |)ersisiait pas dans les résolutions arrêtées entre nous sur ce jeune homme.
DON QIEXADA.
Je cüuvieiis que ce serait un étrange preseut , s'il destinait encore don Juan à l'Eglise; mais j’albrmc que l*em}>ercur mon maître...
Qui fut votre maître.
DON QIEXADA.
Que t'einporcur Cliarles-Quiiit ne l'a pas reconmi |K)ur son lils.
Vous en êtes sûr?
DON QIEXADA.
Aussi sûr que je le suis peu de vivre demain.
PHILIPPE II, avec rlolnnce , en luUliAanl la UMc.
Don Quexada!. .
DON QrEXAUA.
Sire, le seul tiniii de ce |apicr dans vos mains sul-
SfiC . DON JUAN D'ACTlUCnE. - ACTE V.
Arait pour troubler une meilleure t^le que la iiiiennc. GiUe torture vaut l'autre; mais ce que j'aAirme est la vérité.
raiiirn ii, mIstiqi.
Il s'intéresse donc moins A ce 61s que je ne le pensais?
MK QtEX4DA, Tlvement.
Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire.
PDIUPPI II.
El cet lutérél, fût>il de la tendresse, il tomberait de soi-méme devant un crime de lèse-majesté , crime que don Juan a commis, et pour lequel il doit périr.
MV QCBXA9A, •'«Dlnunt roalsré lui.
Non, vous lie prononcerez pas cet arrêt; votre auguste père ne le souffrirait pas.
PBI1.IPPB II.
Y a-t-il deux rois dans le royaume? Celui qui règne osl-il le sujet de celui qui ne règne plus? Charles- Quint est mort pour l'Espagne , mort pour le monde; vous en aurez la preuve : car ce jeune homme périra, en dépit de toutes les volontés ou de toutes les faiblesses d'un moine de Saint-Just.
DOV QCBXADA, •'OUbtlAQl lOUt i r»JI.
Eh bien t non; je n'aurai pas entendu parler ainsi de mon royal maître ; on n'aura pas condamné son (ils en ma présence, sans que moi, leur vieux serviteur, j’aie au moins protesté pour tous deux.
Est-ce bien vous qui parlez ?
DOX QtEXAPA, lombaDt A «ca pied».
Je ne vous le dirai qu'à genoux , mais je vous le dirai : au nom de la prudence, au nom de la nature et de votre gloire, ne brisez pas la grande Ame de Qiarles-Quint ; ne vous licuiiez pas contre celui dont la renommée est encore dans toutes les Imuchcs, dont les bienfaits vivent dans tous les cœurs. Ne fût-il plus qu’une ombre, il sortirait du tombeau pour défendre contre vous son sang et le vôtre.
PHILIPPE 11 , «*éUnc«nl ver» U Ubie, oû il prend une plume et la li»(r.
Ab! c'en est trop.
MX QIEXAPA.
Ecrivez, sire, écrivez; tuez le vieillard : il ne vous est plus bon à rien ; mais épargnez le jeune lioomie , qui a une existence entière à vous sacrifier, un cœur de vingt ans à dévouer au service de son roi et de son |iays ; qu'il vive, lui , ou s'il doit mourir, que ce soit pour vous et non par vous. C’est votre frère î
(!»c traînant A genoux Juaqu’au fauteuil du roi.) Oui, G 65t
votre frère!... Ah! sire, un roi a si |>eu d'amis Gdèlca ;
' peut-il volontairement se priver du dévouement d'un frère?
i PHILIPPE H.
^ Relevez vous, vieillard ; vous êtes encore tout pâle de votre courage. {Apr«a une pau»e.) Je ne m'engage à I rien envers don Juan; mais si je lui laisse la vie, cl ! j’en doute, ce sera pour qu’elle s'éteigne dans les ; austérités. Je vous permets de l’en instruire. Je sais que vous aurez peu de pouvoir sur son esprit ; n'importe, essayez de le convaincre. Allez le trouver, et qu’il vous accompagne ici. (a don comPa, qui ea , enirs A U fin de la fcPne.) Ameiicz devant moi dona i Florindc.
MX GoaSs.
i Quoi, sireî. .
< PHILIPri IL
Amcnez-la , et en même temps donnez des ordres ' pour que don Quexada puisse voir votre prisonnier.
! Allez.
MX Ql'BXADA, Apari.
Encore une ambassade! probàbleroent la dernière : de toutes.