I .Maudit par tous, maudit par son père lui-méine
' .Maudit par celle enfin dont les flancs ont porté ' Ccl exécrable fruit de leur fécondité !
; Cienx, entendez cccri de ma donleur profonde;
I Vengcz-moi.jusicscienx, moi, qui sois seule an monde, .Moi, qui n'ai plu.sde fils!...
I t« retournant vera Paolo , en lui tendant lc> bra<.
Ah! pardon! qu'ai-jedit?
Il m'en reste un encor.
I PAOLO» qui la repouweel ^eoruil dpouvanid.
] Non, VOUS l’avez maudit!
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EXAMEIN CRITIQUE
DTTSE FAMILLE AL TEMPS DE Ll THER,
J>AR M. PIlOSl'EU I>OITEVIN.
Prrsenler au théâtre un ouvrage simple et sévère, une tragédie en dehors du cadre habituel , et d'où l'ainour, cette inépuisable source d’intérêt, fût exclus] peindre des passions qui ne sont plus les nôtres, des senlimeiils qui ne (meuvent éveiller aucune sym|>athie; s'im|M)ser, par le seul amour de l’art, la difficile lâche de reproduire des caractères entièrement effacés, c’élail sans contredit, dans ce siècle de folles témérités, une tentative si sérieu* sement téméraire, (|u’un grand succès pouvait seul la jus tifier.
Ce succès, Une Famille au temps do t.uthcr l’a obtenu : nous en félicitons d'autant plus sincèrement M. Casimir Delavigne. que nous sommes convaincu que, dans la liste de ses nombreux triomphes, il n’assignera pas à celui-ci la dernière place. Mais disons-le, ce succès, si honorable qu'il soit i>oiir l'auteur, n'est pas moins honorable pour le public qui a su donner, en cette circonstance, une haute et incontestable preuve d’intelligence et de bon goût ] car l’extrême simplicité du sujet, la sévérité de la forme, la couleur antique qui se reflète sur presijue toutes les parties du drame, donnaient à celle tragédie un caractère si inaccoutumé , une physionomie si nouvelle , que le iK)è(e devait craindre qu'lmbitué aujourd’hui à des «’-inotions communes et vulgaires, le parterre ne lui tînt pas compte du mérite et de la hardiesse de son œuvre.
On a souvent répété que M. Casiraîr Drhvigne entait prudemment ses succès sur des idées auxquelles il savait ac(|uises d’avance les sympathies de la foule, et qu’il n’osait jamais au théâtre que ce qu'on y |»eut oser sans péril. A ces accusations étranges un autre se serait empressé de Té|mndre par une préface ; M. Casimir Delavigne a mieux aimé répondre par deux ouvrages t k chacun sa manière ; mais à coup sùr celle-ci vaut au moins l'autre, et de toutes les réfutations, aucune n'eùt pu être, selon nous, aussi formelle et aussi pértmiploire que Les Enfants d*Èdouard et Une famille au temps de Luther.
Quelles sont, en effet, les idées pO|Hilnires ayant cours qu’ait flattées et caressées l’auteur dans la première? Quelles sont les inutiles (raililinns consacrées mi théâtre
dont il ne se soit pas affranchi dans la seconde? Et, dans ce temps , où est le poète qui ail obéi â son inspiration avec plus d'indépendance, et qui ail su concilier avec un dédain plus manifeste de règles vieillies, plus de respect pour ce qu’il y a d'immuable et d'absolu dans l’art?
M. Casimir Delavigne ose au théâtre tout ce qu’on y {H'Ut oser avec convenance] il se garde bien, et nous lui eu savons un gré infini, de pousser la hardiesse poétique au delà, l'ii goût sûr, une profonde connaissance de la scène, le garantissent de ces inconcevables écarts auxquels le mauvais goût d’un temps ou d'un siècle pe^ul bien applaudir, mais que condamne la raison qui, elle, est de tous les temps et de tous les siècles :
OiiebincroU «tant «a rourac un esprit Tlgoiirrtn.
Trop resserre par Fart, sorl des règles prcscrile».
El de l‘arl niviuc apprend S TrancEir leura limites.
Oui, assurément, il est des licences que l'art lui-méme conseille et autorise : le vieux et sévère législateur de notre Parnasse en convient. Il a trouvé fort naturel, que. de son temps. Corneille et Molière aient, dans quelquesuns de leurs ouvrages, secoué le joug d'une poétique exigeante â l’excès cl gênante pour eux hors de tout propos; cl aujourd'hui personne ne blâmerait un auleiir qui s.iuraît, comme eux, se révolter avec intelligence contre la règle, et l'enfreindre au profit de l’art.
Hais, sous prétexte de suivre leur exemple, |>eut-ori si* [lermeltrede fouler aux pieds toutes les idées reçues, et de s’abandonner sans frein à ses capricieuses et bizarres inspirations? S'il est des règles arbitraires dont on |ieul s’affranchir sans danger, n'est-il pas aussi des principes invariables qu’il faut nécessairement res|)ecler, des lois qii’on ne jK'Ut enfreindre sans péril ? Travailler de scs deux mains â briser tout entier le vieux moule comme s’il n’en pouvait plus sortir de chefs-d'œuvre, n'esl-ce (ms agir en i^roslrate et faire du la profanation un moyen de célébrité?
Aucun homme de sens, aucun écrivain qui se n*sitecle