I.e sage qui la suit, prompt à se modérer
Sait Imirc dans sa cou|>c cl ne pas s’enivrer.
Quel que soit de nos jours ou l'éclat ou le nombre. L'existence de l'homme est le rêve d’une ombre (1 1 : Veux-tu donc l’embellir ce rêve passager?
(t) ;Pi'<nAlic )
' Pourquoi cltercher au loin un bonheur mensonger ?
{ Livre-toi tout entier à la douceur secréte ' D'ensevelir la vie au fond d’une retraite.
Sans t'épuiser en soins, sans te perdre en projeta , laisse errer ton esprit sur ta fleur des objets ; Repoussant loin du mien l’aliment qui Laccable,
^ Je clicrcbe à le nourrir d'une science aimable.
! J’exerce ma raison avec timidité;
J'adore sans orgueil la sainte vérité.
' Virgile ou Cicéron m'enflamme à son génie :
Ils me font tour à tour fidèle compagnie.
; Que j'aime Cicéron lassé du consulat ,
• Préférant Tusculum aux pompes du sénat!
I Entouré de faisceaux, je l'admirais dans Rome : [me. I Là, je vois l’homme heureux qui vaut bien le grand hom-
Lc sort m’a-t-il repris scs présents incertains ,
' 1/éludc moins trompeuse adoucit mes chagrins;
: De mes sens agités calme l'inquiétude,
' Dissijiemes ennuis, peuple ma solitude.
; O champs de la Ncuslric, ô fertiles vallons!
Quand la fraîcheur du soir descend du haut des monts, Sousdespommiersen fleurs, àPombredes vieux chênes, Laissez-moi m’égarer aux bords de vos fuiilaincf ! l/aspect de l'univers m'élève à son auteur;
Il me révéle un Dieu , mais un Dieu bienfaiteur. J’apprcuds à mépriser cette horreur fantastique Qu'au clicvel des mourants plaça la politique.
' Doil-oii dans ses décrets prévenir l'Elcrnel?
Mortel, songe à loi-mèmc en jugeant un mortel ;
I El, faible comme lui, ne sois pas plus sévère I Que ce Dieu qui pardonne ou qui punit en père.
Avons-nous à pleurer la perte d'un ami ?
^ Notre esprit est plus fort par l'élude aflermi.
Que c'est bien à mon sens la volupté suprême, D'oublier les humains, de descendre en soi-mémi‘, t Oc fixer dans son cœur, trop longtemps combattu , L'inaltérable paix que donne la vertu !
, Fais-toi donc de te vaincre une douce habitude ;
. Oui, consacre la force à celte noble élude ;
Elle est digne de riiomme, elle mène au Imnheur .\pprends pour être heureux, à devenir meilleur.
j Mais je vous vois sourire, auguste aréopage;
• t Docteur, me dites-vous, c'est raisonner en s.ago;
I » Pour vous l’éliide obscure a seule des douceurs ;
» Vous rimez cepeiidanl en blâmant les neufs Sœurs...»
J'entends, brûlez mcsvors. Dansrardeurd'unheau zèle, Je condamnais la gloire et l'étmie avec elle ;
ÉPITIIE A MESSIEIRS DE I/ACADÉMIE FRANÇAISE.
Ingrat, je blasphémais; leurs rêves séduisants D'un orgcuilleux espoir caressaient mes vieux ans, Mc promettaient déjà cette palme éclatante ,
Digne prix qu’ApolIon par vos mains nous présente ; Dans mon cœur épuisé réveillaient des désirs,
Kl réfutaient mes vers en charmant mes loisirs ; J'étais heureux enûn. Dans cette triste vie ,
Où de revers si prompts la victoire est suivie.
Où nos plus doux plaisirs deviennent nos Imurreaux , L'étude , après l'amour est le meilleur des maux.
EPITKE
A M. A. ÜE LAMARTIAE.
(!âpiif <;ous mes rideaux, dmu la double banièro Enfermait avec moi la fièvre meurtrière.
J’humectais vivement mes poumons irrités Des sirops onctueux par ('liarlard inventés ;
Hod rhume s'obstinait, et ma bruyante haleine Par secousse , en siffianl, s'exhalait avec peine.
Tes vers , qui m'ont sauve, m'ont a[ipris, un |»eu tard , Qu'A|)ollon , pour guérir, vaut son docte bAlnrd;
Et je crois, plein du dieu qu'en le lisant j'adore,
Que Toraclc du Dinde est celui d'Épidaure.
Oui , tu m'as bien compris; oui celte liberté Qui séduit mn raison à sa mâle beauté,
Que ma muse poursuit de son ardent bommage.
Et dont mes fleurs d'un jour ont couronné l'image , Propice à l’innocent, redoutable au pervers, celle que ^Socrate invoque dans tes vers.
Messène l'adorait au pied du mont Itlièmc,
Venise n'embmssa que son sanglant fantôme;
Son arc de rilcivélie a chassé les (>ermaliis.
Et la flèche de Tell étincelle en scs mains.
Créé pour commander, l'homme naquit sans m.'ii'ire. Kl chef>d'<euvrc imparfait du Dion qui le fit naître. Avec rinstiiici du bien vers le mal emporté,
Pour choisir la vertu reçut la liheiié.
l.a licence est en lui l'abus d'un droit sublime :
U liberté gouverne, cl la licence opprime.
Ellcscate, ù nos yeux, de son front sans pudeur Sous un masque romain déguisa la laideur,
El de la liberté simulacre infidèle,
Eui ravit nos respects en se donnant pour elle.
E'cxcès de In raison cuminc un autre est fatal ,
Et l'abns d’un grand bien le change en un granii mal. Pour détrôner l'alms pruseriruiis-noiis l'usage? ntl ir.itE.
I Mais quel bienfait si grand , ou quelle loi .si sagt' , Hors la tendre amitié, quel sentiment si l>caii ,
I Dont l’abus dangereux n'ait pas (ail un lléaii?
Du soupçon à l’mil faux la prudence est suivie,
El Pémulalion traîne après soi l'otivic.
I*oiir la pliilüsophic, un jour on m’a conté Que son front se gonfla d'avoir trop médité ,
Son cerveau douloureux s’ouvrit, cl le sopiiisnie En sortit tout armé d'un double syllogisme;
Entre Eiiclide cl Pascal, de l'exct*s du savoir Naît le doute efl’aré i|ui regarde sans voir ;
Ea faiblesse pour mère a rcxirèmc indulgence,
El rcxlrérac justice est presque la vengeance.
En punissant la faute, elle insulte au malheur;
La torture, à sa voix, fait mentir lu douleur. Thémis moins rigoureuse est atijourd'lmi plus juste; Mais on ta trompe encore, et sa balance auguste N'incline pas toujours du côté du bon droit;
Son glaive tombe à faux cl frappe en maladroit.
Ea cliicanean teint jaune, aux doigts longs et dilTorme-, Entoure sou palais du dédale des formes;
El, dans l’obscurilé, les plaideurs aux alwis ; Sont par leurs défenseurs pillés .iu fond du bois J’ôlc à ce parvenu la loge qui le pare,
Et je découvre un sut caché sous la sim.ure '
! Que faire? de Thémis briser les tribunaux.
Mettre sa loque en cendre , et sa rolic en lamlieaiix? Mais je vois iin bandit qui ne craint pltis Tem|uéte, ma bourse, en plein jour, ndressrT sa requête;
I El deux plaideurs inanccaiix, de colère animés, ( més ' En champs clos, pour leursdroils, plaidera poings fer
Noire chevalerie .autrefois la bannière.
De l'Orient pour nous rapporta l.t lumièi e.
Él'lTIlE A M. A. DE LAMAUTINK.
lOS
J’aime avec l'Ariostc à vanter tes exploits Oonl la justice erranlG à devance les lois;
A voir tes jeux guerriers, ton amoureux servage, Adoucir de nos mœurs laspérilé sauvage.
Mais dans leurs jeux parfois tes preux moins innocents Ont, la lance en arnH, détroussé les passants,
Ont levé sur riiymcn des dîmes peu morales, l'.t possesseurs armés de leurs jeunes vassales, Opposant aux maris un rempart crénelé ,
Ont fait plus d orphelins qu’ils n’en ont consolé.
Eh bien! de nos romans hanniroiis-nous tes fées? Irons-nous, de riiisloire arrachant les Iropliées,
Des excès féodaux d'un fougueux cliAlelain Klélrir Clissou, Roland, Bayard et Dugucsclin?