‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 82 sur 669 · DISCOURS EN VERS · texte numérisé non relu

DISCOURS EN VERS

Quels (ilrcs n'oDl-ils pas à l’amour des humains «

Ces mortels inspires , dont les savantes mains Pour nous de la nature ont percé tes mystères,

Dans des cercles connus ont fait rouler les sphères , Et, sondant rinfiui, peuple scs prorondeurs D'immobiles clartés et de feux voyageurs ?

Leur sublime génie , à travers les nuages ,

Osa ravir aux deux le secret des orages ;

A l'aide du cristal en prisme façonné,

Divisa les rayons du soleil étonné ;

Expliqua des couleurs les brillants phénomènes ,

Et de notre pensée agrandit les domaines.

Mais reculer l'instant qui nous plonge au tombeau, Des misères de riiomme alléger le fardeau ,

Dvtruirc sans retour ce mal héréditaire

Que l'Arabe a transmis au reste de la terre (f ) ,

Qui trop souvent mortel, toujours contagieux ,

D'une lèpre inconnue a frappé nos aïeux ,

Qui n'épai^ne le rang, ni le sexe, ni l’âge,

C’csl le plus beau laurier dont sc couronne un sage. Quelquefois le hasard nous prête son flaoil>cau,

Pour éclairer nos pas dans un sentier nouveau.

Au fond du Glocester, dont les vertes campagnes Nourrissent des taureaux les utiles compagnes,

Jenner opposait Part à ce fléau cruel ,

Tribut que la naissance impose à tout mortel.

Ses bienfaisantes mains prévenaient la nature,

El, déposant au sein d'iine heureuse blessure Du poison éprouvé Icgcnnc moins fatal, Transmcllaiciilà la fois le remède et le mal (â).

Cesi ainsi qu'avant nous les |>cuples de l'Asie Préservaient ces beautés, trésors de Circassie ,

(I) Oq «ait qticlesfcoMalft iTOraar a}>|K»rtèrc-ut ta petite vérole ea éçrptc, d'oCi elle *e répanitil ilaiit le reste du motide.

(i) Jenner iisurulait k HerLIey, tars(|M‘il découvrit la vsrcinc.

! Qu'un avide intérêt, par cc triste secours,

.Vux ennuis du sérail condamnait pour toujours.

! ^lais c*esl peu d’arrêter le torrent dans sa course ,

: Et Jenner plus heureux en doit tarir la source, j Le bien dans tous les arts n'esl qu’un pas vers le mieux:

I Tandis que dans Berklcy ses loisirs studieux j Contemplent les troupeaux des fécondes génisses , i D'un mal, qui le surprend , les fraîches cicatrices Ont fixé tout à coup scs yeux observateurs.

« Quelquefois, lui dil-on , de malignes humeurs ^ » S'arrêtent sous les chairs de la mamelle aiticntc.

» Le trayon douloureux que la lièvre louniienlo , j I Hérissé de Imncurs, couvert d’un pâle azur ,

I > Protligue moins les flots de son lait encor pur (â',

I El pressé par les doigts du Iwrgcr trop avide,

» » Distille gomie à goutte une liqueur limpide (i‘.

» Ces venins pénétrants empoisonnent la main » » Qui brise leur prison et leur ouvre un chemin :

I I Mais sitôt qu’un pasteur eu a senti ralleinle ,

• » Il ii’csi plus tourmenté par la commune crainte :

» Le fléau dont vos soins viennent purger ces lieux ,

» Émousse contre lui scs traits contagieux. »

Jenner entend ces mou, et sa route est tracée.

II marche, il touche au but que poursuit sa pensée. Par le fer délicat dont il arme ses doigts ,

Le bras d’uu jeune enfant est elfieuré trois foi.s. j Des utiles poi.sons d’une mainclte impure ,

’ Il infecte avec art celle iripic piqdrc.

.Autour d’elle s’allume un cercle fugitif.

Le remède nouveau dort longicinps inactif.

Le quatrième jour a commencé d’éclore,

(3) Le Uil moinn abomlant n'éprouve aucune a’Iéradoti. j (4) La limptüilé est uo ücs caractères >|tii «iis*

' (incpicnl le bon vaccin. (Ilcswa.)

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