‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 83 sur 669 · LA DÉCOUVERTE DE LA VACCINE · texte numérisé non relu

LA DÉCOUVERTE DE LA VACCINE

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Kt la chair par degrés sc gonfle et se colore.

La tumeur en croissant de pour|)re sc revêt, Sarrundil à la base cl se creuse au sommet.

I ji cercle plus vermeil de scs feux renvironne;

D’une écaille d'argent l’épaisseur la coui unnc ; iMus milre , elle est dorée ; elle s'oiivrc, et soudain Délivre la li(|iieur captive dans son sein.

Puisez le germe heureux dans sa fraîcheur première, Quand le soleil cinq fois a fourni sa carrière.

Si la douzième nuit a commencé sou cours ,

Souvent il oflrira d’infidèles secours.

A peine les accès d’une fièvre légère Accompagnent les pas de ce mal volontaire,

Ll t’enncini secret par lui seul combattu,

Chassé de veine en veine, expire sans vertu.

O triomphe imuiortcl dans les fastes du monde ! Deaulc, fille des cieux , toi dont la main féconde Se plaît à varier scs trésors enchanteurs,

Joint la forme élégante à l'éclat des couleurs,

Imprime au front de l’hoiiime une mùlc noblesse,

Kt d'un sexe adoré fait régner la faiblesse ;

Premier lien des cœurs et volupté des yeux.

Beauté , loi dont l'éclat surdes traits gracieux , Détruit avant le temps, passait comme un sourire, Nous pouvons désormais prolonger ton empire.

Mais te bruit du prodige à Londres se répand. Becucilli dans la plaie, un philtre bienfaisant ,

Fixé sur des tissus , prisonnier sous le verre ,

Sans perdre sou pouvoir traverse l’Angleterre.

Pour Jenner chaque épreuve est un succès nouveau ; Vainqueur, devant ses pas il chasse le fléau, l'ài vain dans scs fureurs une ignorance altière ,

Un bandeau sur les yeux, insulte à la lumière ; l^ fanatisme, en vain contre lui déclare ,

Knvironne Terreur de son rempart sacré;

Où règne la raison. Terreur est sans défense; L’Angleterre examine, approuve et récompense. 1/Anglais, né libre cl fier, aime la vérité ;

II la cherche, il la trouve, il marclic à sa clarté. Kslimé des Français, il leur doit son estime ;

Mais avare en tout temps d'un tribut légitime ,

.Sans accorder Téloge, il le veut obtenir.

Bivaux, si Timéréta pu nous désunir,

I.a justice eu nos cœurs ne dut jamais s’éleimlrc : Deux grandes nations s’admirent sans se craindre ! Voyez loin d'Albion ces .Vuglais courageux ,

A travers les écueils, sur les (lots orageux.

Du secret de Jenner propageant les merveilles, Seiiicrsur d’autres bordsTheureux fruit desos veilles.

Fendez le sein des mers, hardis navigateurs !

Les autans cncliainés suspendent leurs fureurs ;

Un dieu veille sur vous, un dieu doit vous conduire. .\handonnez la voile au souffle du zéphire ,

Le ciel est pur, la nuit prodigue ses flambeaux,

Kl les soeurs de Théiis entraînent vos vaisseaux.

Déjà vous atteignez, par delà le tropique.

Le vaste continent que baigne TAtlantique.

Le vaccin voyageur parcourt ces bords lointains Où le moka dure mûrit pour nos festins,

Kt ces vallons peuples de jeunes bavadéres ,

I Dont Madras a tissu les parures légères.

: Il pénètre à Bagdad aux murs de Bassora Que le myrte enrichit des larmes de Myrrha ,

Dans ces chanq>$, où de loin le voyageur admire Quelques débris épars des grandeurs de Palmire ,

.\ux lieux où Constantin a fondé scs remparts,

I Kl sous le ciel glacé de Tempire des Czars.

! Mais volons sur ses pas aux rives de la France.

Le bruit de scs bienfaits vainement le devance;

La folle confiance, aux regards effarés,

.Adopte les récits par Teffroi consacrés.

Des crimes de Jenner quelle absurde chronique!

L'un croit trouver la mort dans ce philtre magique ; L’autre croit voir sa fille, errante aux pieds des monts, Fouler, nouvelle îo , le thym et les gazons (1);

ICi chacun s’obstinant dans Terreur <{ui Tobsède,

Veut expirer du mal, parla peur du rcnicile.

Un plus hardi parait , et seul mieux inspiré ,

Hasarde un premier pas trop lunglcmps différé.

Son audace est heureuse, un autre se rassure;

Un troisième après lui veut tenter Tavcnlure.

Chaque jour est marqué par de nombreux essais ; Paris donne Tcxemplc au reste des Français :

Aux leçons de Paris la province est docile,

I Kt bientôt le village ose imiter la ville.

I Loin du toit fastueux par le riche habité,

I J'ai vu dans les hameaux la sainte humanité,

I .V des travaux pieux consacrant scs lumières, i Do lu cunlagioii affranchir les chaumières.

Quand sous TImmble clocher du temple villageois,

; L’airain qui frappe l’heure avait frémi deux fois;

VéUi, comme aux l>caux jours, de sa blanche imiiquo,

! Le chantre précédé d'un laiiihour pacifique,

I Du docteur redouté proclamait le retour ;

‘ Femmes, enfants, vieillards sc pressent à Tentour.

(I) Quei<|ucs Itabilanls tic la cain[>*(;nr. mOmo üan« lr»eiivironn (le l'arU. »nt pgu««c ta Tulie jii>qirà croire (juc lu Tscciti |M>uvail leur fjirr preiKlic Io forme de i’Anirnnl c|tti fournil.

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