‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 84 sur 669 · LA DÉCOUVERTE DE LA VACCINE · texte numérisé non relu

LA DÉCOUVERTE DE LA VACCINE

Ce niortcl si lerribli! 6 leurs yeux sc présente.

Scs rrgnrils paternels dissipent l'épouvante ,

Il rassure La mère , il sourit aux enfants ,

Il prédit au vieillard qu'il doit vivre cent ans.

Sons le chaume bientôt la foule se rassemble ;

On entre, on est assis, de nouveau chacun tremble. Us répondent par ordre à l'appel du pasteur ;

Une bourse i la main, de loin le bon docteur Montre au pins intrépide un prix de sa vaillance ;

Le magister sourit d'un air de défiance,

El les traces d'un mal qu'il a trop mérité ,

Ont gravé sur son front son incré-dulité.

Llnslanl fatal approche; il faut qu’on se décide...

Des assistanLsnombreux quel est le moins timide 1 Qu'il se signale '. Il vient ; tous au fer menaçant Vont offrir tour à tour un bras obéissant.

Debout au milieu d'eux, le Nestor du village Tout bas par ses diseours alfermit leur courage.

Une mère l'écoute, et, lus pleurs dans les yeux , Inquiète, à son fils adresse ses adieux.

Le présente au docteur et soudain le retire,

Puis le présente encor, sc détourne cl soupire.

L’un allécte un grand cœur que son trouble dément, L'autre rougit , pâlit et pleure franchement ; latur voisin en héros affronte la piqiire ,

Après ce bel exploit, plus fier de sa blessure.

Qu'un vieux soldat français mourant pour son pavs Dans les champs de Rocroi, de latns ou d’Austerlitz.

(épendant à regret leur bienfaiteur les quille. Quelques jours écoulés, un soir il les visite.

I Ce n'est plus la terreur qu'il fait naître aujourd'hui :

; Ses malades charmés sautent autour de lui ;

^ Le plus jeune d'entre eux l’embrasse et le caresse ; j Leurs visages vermeils respirent l'allégresse; j Ils dévancent ses pas d'un air leste et dispos, i Leurs compliments naïfs, leurs aimables pro|>os,

La verdeur des vieillards, la fraîcheur de leurs filles, 1 La joie et la santé de toutes les familles ,

{ Allestcnt le pouvoir d’un art libérateur,

; Et tous, sans le connaître, en bénissent l'auteur.

.Adopte ce bienfait, d France! d ma patrie !

Après tant de revers qui ne t'ont pas flétrie ,

En dépit des vainqueurs, forcés de t'admirei'.

Quel lieau siècle pour toi semble se préparer !

Je vois de toutes parts une race nouvelle S’élever dans ton sein plus nombreuse cl plus belle. La nature vaincue en respecte la fleur.

Plus tard étincelants de grdcc et de vigueur,

(les jeunes nourrissons peuplent tes champs fertiles ; Laboureurs au village, artisans dans les villes.

Par l'équité sévère armés du fer des lois ,

Admis à la tribune è discuter nos droits.

Ardents, prêts à donner tous les trésors de l'Inde Pour les lauriers de Mars ou les palmes du Pinde. Croissez, nobles enfants, l'espoir du nom français ; Par la guerre illustrés , soyez grands dans la |>aix.

Si quelque roi jaloux insulte à votre gloire , Couronnez votre front d'une double victoire :

Itégnez par les beaux-arts sur ses peuples soumis , Et soyez sans rivaux comme sans ennemis.

DITHYRÂ^MBE

SUR LA NAISSANCE DU ROI DE ROME (i>.

« Deslin, qui in'RS promis Tcmpiro de U terre ,

* Tu disais : Home, un jour souveraine des rois,

» Les verra, courbés sous scs lois,

» Devant elle abaisser leur sceptre tributaire ;

* Rome au monde asservi dictera ses arrêts.

« Où sont CCS rois captifs , ces tributs, ces hommages, » Kl ce sceptre vainqueur des peuples et des âges 1 * Destin, qu'ont produit tes décrets?

> Ma gloire a disparu comme une ombre légère ;

» Autour de moi je vois épars » I.es antiques débris du trône des Césars,

» Ensevelis dans la poussière.

I Où marchaient mes soldats, où floUaillcurbannièro.

> Je n'aperçois que des tombeaux ;

» Kl, décliu pour jamais de sa splendeur première ,

» l'n peuple de vaincus ose fouler la terre

> Où dort un peuple de héros. »

Uomc ! ne gémis plus sur tes foudres éteintes.

Au séjour du destin ont pénétré tes plaintes,

Kt, de son antre obscur, aussi vieux que le temps , La voûte propitétique a redit ces accents :

4 Que la cité de Mars à ma voix se console ;

> Un nouveau Jupiter, garant de mes décrets,

> Va présider au (Apitoie ;

» O monts du Latium , inclinez vos sommets !

* Napoléon va rendre à raiitiqiic Ausonic

> Scs lauriers, sa splendeur, son trône, son génie.

> Uomc, tes destins vont changer;

» La France, sur tes pas, t'appelle à la victoire,

» Elle ne peut céder sa gloire,

» Mais elle peut la partager.

(I) Première unnév de riicluritiiu*.

I » l^our soutenir le poids du sacré diadème j » Qui doit à les grandeurs bientôt t'associer ,

I » Du héros la bonté suprême I I Te promet un autre lui-méinc ,

1 I De ses vertus immortel héritier » .

. Mais déjà le ciel te le donne ;

I L'éclair luit, les airs sont troublés ,

I Et dans les temples ébranlés

L’airain pieux tremble et résonne.

La foudre a retenti cent fois :

t Quel est celui que le tonnerre I En grondant annonce à la terre ?

» C'est le fils du plus grand des rois! >

Salut , doux espoir de la France !

Gloire au guerrier fils du guerrier !

A peine H vient de naître,... et ruoivers entier ’ A retenti de sa naissance.

, Déjà l’aigle romaine , au vol audacieux.

Va prendre son essor et planer dans les cieux ; Ces fils de Romulus, dont vingt siècles de gloire Protègent les exploits passés-,

Tremblent de les voir ccli|>sés Par cet illustre enfant qu'adopte la victoire : L’astre de Jule en a pâli,

El sous le marbre solitaire ,

De ses restes glacés muet dé|K)silaii c ,

César a tressailli.

Quel auguste appareil ! quels pompeux sacrifices ! Aux autels de son dieu, dans les saints édifices,

I I.a France est à genoux !

Quel immense concours assiège ces portiques !

I Ministres du Seigneur , redoublez vos cantiques ! [ O temples, agrandissez-vous!

DITHYRAMBE SLR h\ NAISSANCE DU ROI DE ROME.

Sous CCS voûtes religieuses Où flottent de vingt rois les (lc|)Ouillcs fameuses. Mobiles monuments des exploits d'un héros.

Ce peuple ne vient pas , dans sa reconnaissance ,

Du dieu guerrier, protecteur de la France, Chanter les triomphes nouveaux.

Un besoin plus touchant que celui de la gloire A guidé les Français ravis ;

Et rbymne de la paix résonne en ces parvis . Naguère accoutumés aux chants de la victoire.

Le Danube est ému jusqu'au fond de ses eaux;

Kt secouant sa clievelure humide ,

11 s'élance joyeux de son palais liquide.

Le front ceint de roseaux.

Hais quelle sublime harmonie Soudain retentit sur ses bords!

Des vierges de la Germanie Qui dira les divins accords?

Ln dieu lui-méme les inspire ,

Un dieu leur a prêté sa lyre,

Et la corde sonore a frémi sous leurs doigts.

Cest toi que leur voix chante, aimable souveraine, Toi , dont les jeunes mains ont désarmé la haine , Toi, la fille, l’épouse et la mère des rois.

Tu parus : aussitôt les peuples de la France Entourèrent ton char de leurs concerts joyeux ; Devant loi niarch.ail rcspéruncc,

Et ce jour à jamais heureux D’un jour plus doux encor nous donne l'assurance. Jeune immortelle, il naît de ton sein généreux

I Ce fils que la présence annonçait à rEinpire,

I Un doux transport déjà se mêle à tes douleurs ,

Et sur ces traits soulTranisoù la beauté respire,

\ Le souris maternel brille au milieu des pleurs.

Telledans sacoursc légère,

Dissipant un brouillard obscur ,

Du jour l'aimable messagère Apparaît sur son char d'azur.

A la terre qui se réveille ,

La déesse, de sa corbeille Prodiguant les trésors divers ,

Par ses pleurs et par son sourire Annonce le dieu dont l'empire Va s’élendré sur l’univers.

Reçois, royal enfant, les voeux de la pa*ric : Qu'un laurier paternel ombrage ton berceau !

’ Que la gloire et les arts, qui charmeront ta vie,

' Consacrent à jamais le règne le plus beau!

Enfant chéri du ciel , attendu de la terre ,

Promis à la postérité.

Puisses-tu, sous les yeux de ton auguste père,

I Croître pour l'immortalité !

Et vous, peuples heureux qui couvrez ces rivages O vous dont sa tiaissauce a comblé tous les vœux , I Goûtez un bonheur sans nuages ^ Qui doit s'étendre un jour à nos derniers neveux.

' Bannissez la crainte importune ;

I Par un vent favorable en sa course entraîné.

Le vaisseau de l'Etat , de gloire enviroiiné ,

I I*oric César et sa fortune.

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