CALCUL PATRIOTIQUE
Cent mille écus pour la justice î Deux cents pour la religion !
Prêtres, juges, la nation Surpaie un peu votre service.
Mais aussi, vous craignez , dit-on, Qu'hal)iîement on ne saisisse Cette attrayante occasion D'opérer, par suppression De maint omce et bénéfice, Quelque bonification :
Et vraiment, vous avez raison , Plaise au ciel qu'on y réussisse!
Croire et plaider sont deux imnôts Que tout peuple met sur lui-uiêmc; Aux dépens des heureux travaux De Bac chus et de Triptolême; Croire et plaider ^ont deux besoins De notre mince et folle espèce.
Que la France, dans sa détresse, Tâche de satisfaire à moins.
De nos jours la philosophie A porté quelqu'économie
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Dans la dépense du chrétien.
Mettons de côté l'aulre vie :
Ce qn'on perd en théologie ,
En finance on le gagne bien.
L'américaine prud'hommie
Croit très-peu pour ne payer rien.
Que dites-vous de ce moyen ?
11 est bien fort pour ma patrie ;
Mais elle y viendra , je parie.
En attendant un si grand bien,
Je me console, en citoyen,
Des malheurs de la sacristie.
Courage! allons, mes chers Français ,
Méritez un second succès :
Attaquez cette autre manie :
Émondez l'arbre des procès;
Et mettant de même au rabais
De messieurs l'avare industrie :
Economisez sur les frais
De la seconde maladie,
Dont nous ne guérissons jamais.