‹ Œuvres complètes de Chamfort (volume 2)Chapitre 3 sur 106 · AMAN · texte numérisé non relu

AMAN

Peux-tu le demander , dans la place où je suis ?

Ce trait est profond et digne de Corneille. Cependant, il eût peut-être fallu que le dernier hémistiche fût plus détaché du premier pour présenter l'idée d'une manière plus frappante.

Rien n'est plus brillant en poésie que les gradations; mais elles demandent un art extrême. Il faut toujours observer la règle de cette figure , qui exige que le trait qui suit l'emporte de beaucoup pour la force , sur celui qui le précède , et que le dernier enfin les efface tous. Racine nous en offre un modèle dans ces Vers du rôle d'Aman :

Mardochée est coupable; et que faut-il de plus ? Je prévins donc contre eux l'esprit d'Assuérus ; J'inventai des couleurs, j'armai la calomnie ; J'intéressai sa gloire, il trembla pour sa vie.

Quelle vivacité dans ces deux derniers vers ! quels coups redoublés ! et comme ils sont bien terminés par le plus terrible : il trembla pour sa

^ie !

Nulle paix pour l'impie; il la cherche, elle fuit.

Ce vers vole presqu'aussi vite que la pensée. Maynard, dans l'Ode dont j'ai parlé plus haut , a un trait d'une rapidité aussi sublime. Il dit à Alcippe:

La cour méprise ton encens; Ton rival monte, et tu descends.

M. Tabbé crOlivet(*), au sujet du vers de Racine , fait une renjarque de grammaire bien importante ; il dit : «Je doute que le pronom relatif » la , puisse être mis après nulle paix » ; et il s'appuie de cette règle de Vaugelas « qu'on ne doit pas mettre de relatif après un nom sans article. « Cependant il n'admet cette règle que pour le relatif /e?, et non pas pour le relatif qui. Dans la phrase , il la cherche , le la semble en effet dire il cherclie nulle paix ^ puisque ces deux roots ne font qu'un sens et sont inséparables. Pascal , dans ses Lettres provinciales , l'ouvrage le plus pur de la langue française , a fait aussi la même faute. On lit dans sa vn® lettre (édit. 1766, vol. «72-12, pag. 97 ) : « Et ce n'a pas éié sans raison. La voici. — Je la sais bien, lui dis-je.» Pour pouvoir dire, la voici ., je la sais , il aurait fallu qu'il y eût et ce na pas été sans une bonne raison^ ou une phrase équivalente, dans laquelle le substantif fut précédé d'un article.

Là où l'on aime à trouver surtout Racine , c'est dans ces images gracieuses, où son imagination féconde s'est plu à embellir ime expression peu noble , à enrichir d'un mot créé une idée sans cela trop commune , enfm à métamorphoser , pour ainsi dire tous les objets sur lesquels elle promèneses regards. Citons-en quelques exenjples.

(*) Voyez pag. 253 de ?,es> Remarques sur Racine, insérées dans le volume intitulé , Remarques sur la langue française , par M. Tabbé d'Olivet ; chez BarbOu , édit. de 1783 , vol. in- 11.

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L'une d'un sang fameux vantait les avantages ; L'autre , pour se parer de superbes atours. Des plus adroites mains empruntait le secours.

Ces deux derniers vers n'avaient assurément qu'une idée bien commune à exprimer ; mais comme tout est embelli par le charme du style î

Je ne trouve qu'en vous je ne sais quelle grâce.

Le terme àeje ne sais quoi semblait apparte, nir à la familiarité de la conversation ou de la comédie; cependant, dans le vers cité, il parait être placé si naturellement , que l'élégance, loin d'en être blessée , en contracte un air de naturel , qui ajoute ici au mérite de l'expression, parce que ce naturel sied à merveille au langage d'un amant. Aman dit ailleurs, d'ime manière aussi heureuse :

tn je ne sais quel trouble empoisonne ma joie.

Tout le monde a cité ces vers où les exemples de mots communs , ennoblis par notre poète , sont frappans :

Baiser avec respect le pavé de les temple».

Et celui-ci ,.dans Athalie \

Ai-jc besoin du sang des boucs et des gé nisses ?

OO OEUVUES

En voici un où cette hardiesse n'a pas été heureuse.

Racine i-dit dire à une Israélite :

Mes sœurs, j'entends du bruit dans la chambre prochaine.

Ce vers pèche par trop de familiarité. Le mot chambre surtout est choquant. Mais la phrase payer avec usure , qui est du nombre de celles que Ton appelle des phrases faites , et par conséquent appartenant au langage familier , a été employée avec beaucoup de bonheur par Racine , dans le vers suivant:

Babylone paya nos pleurs avec usu;"e.

Le vers est noble , et la phrase p^jr^r avec usure ^ loin de paraître basse , ajoute même à l'énergie.

Rien n'est plus gracieux que les images suivantes. En parlant de jeunes filles emmenées en captivité , Esther dit :

Jeunes et tendres fleurs par le sort agitées, Sous un ciel étranger, comme moi transportées, Dans un lieu séparé de profanes témoins. Je mets à les former mon étude et mes soins.

Cette image nous intéresse à la fois, nous émeut de compassion. On ne saurait mieux peindre la situation de jeunes filles sans soutien, jetées au

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milieu d'une nation qui leur est étrangère.

Ma vie à peine a commencé d'éclore,

Je tomberai comme une fleur

Qui n'a vu qu'une aurore.

Hélas ! si jeune encore,

Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur ?

Il est impossible de lire rien de plus parfait; toutes ces images sont fraîches , gracieuses et touchantes dans la bouche de jeunes filles.

Ma vie à peine a commencé d'éclore,

est de l'imagination la plus aimable et la plus riante.

Aman veut demander à Hydaspe quelle protection Mardochée peut avoir à la cour. Un autre poète aurait fait de cette idée un vers qui n'eût été ni bon ni mauvais ; mais Racine a dit :

Sur quel roseau fragile a-t-il mis son appui ?

Et ailleurs , Hydaspe , pour demander à Aman qui jamais fut plus heureux que lui , dit :

Eh! qui jamais du ciel eut des r,e^rds plus doux?

Toujours des images ! et voilà ce qui distingue particulièrement la langue de Racine. Lorsqu'il a

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de belles idées à exprimer , quelque long récit à faire, ou des passions à traiter, il est j!lftpossible, en exceptant cependant l'amour, que d'autres poètes puissent approcher de lui , ou même qu'ils parviennent quelquefois à l'égaler ; mais quand il faut substituer une image à l'idée simple , dire une chose que tout le monde a dite, son heureuse imagination laisse bien loin tous ses rivaux.

Citons un des tableaux les plus agréables qui se trouve dans Esther\

Tous ses jours paraissent charmans :

L'or éclate en ses yêtemens ; Son orgueil est sans borne, ainsi que ses richesses ; Jamais l'air n'est troublé de ses gémissen:iens ; Il s'endort, il s'éveille au son des instrumens ;

Son cœur nage dans la moîesse.

Pour comble de prospérité, Il espère revivre en sa postérité ; Etd'enfans à sa table une riante troupe Semble boire avec lui la joie à pleine coupe.

Toujours cette manie du poète de donner u chaque idée l'expression et l'harmonie qui lui est propre. Quel calme dans ce vers :

Jamais lair n'est troublé de ses gémissemens.

Et cet il s' endort qui coupe le vers , avec quel art il peint , par sa chute lourde , l'accablement du sommeil ! Je n'ai pas besoin d'avertir combien est

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belle l'image qui termine le morceau , et combien est hardie l'expression de boire la joie à pleine coupe.

Voyons encore Rousseau , avec son énergie et son feu ordinaires, exprimant les mêmes images :

Cette mer d'abondance où leur âme se noie , Ne craint ni les écueils , ni les vents rigoureux : Ils ne partagent point nos fléaux douloureux ; Ils marchent sur les fleurs , ils nagent dans la joie ; Le sort n'ose changer pour eux.

On voit tout de suite , comme dans le premier exemple , l'imaginaiton créatrice et le pinceau du grand maître; et Ton aime, après avoir admiré les vers de Racine cités plus haut , à payer un juste tribut d'éloge à ceux-ci :

Cette mer d'abondance où leur âme se noie,

qui est magnifique , ainsi que le dernier , Le sort n'ose changer pour eux.

Le sort qui rtose changer^ est de la plus grande force.

Pourquoi si peu de poètes ont-ils été doués de cette sensibilité profonde , si nécessaire à celui quiveul traiter tour à tour les douceurs et les em-

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portemens de l'amour ? Pourquoi n'a-t-on recours le plus souvent qu'au seul Racine , quand on parle de cette passion? Et je ne dis pas cela des poètes tragiques seulement, mais encore de presque tous ceux qui ont écrit dans les autres genres; cependant , ils se disent tous inspirés par la sensibilité et par l'amour. Ce moyen est si sûr pour plaire , qu'on ne pense pas à l'impossibilité qu'il y a d'en imposer au cœur. Qu'est-il arrivé ? c'est que la plupart des poètes ont rempli leurs ouvrages de définitions de ces sentimens , et que très-peu les font reconnaître au langage qui leur est propre. Ils n'en eussent pas parlé ainsi, s'ils en avaient réellement été pénétrés, car ils auraient su qu'il est certaines affections de l'âme dont les définitions sont aussi inutiles qu'impossibles à faire , parce qu'elles ne sont comprises de personne. L'homme qui n'aura point connu cette passion , ne vous entendra pas ; et vous ne pourrez jamais la rendre que faiblement à celui qui l'aura éprouvée. En effet , est-il rien de plus ridicule que de vouloir définir l'amour, la sensibilité, la tendresse ? Leurs nuances fines et imperceptibles se font sentir; mais elles échappent, lorsqu'on veut les saisir; et il en sera toujours d'elles comme du plus grand nombre des choses; on dira plutôt ce qu'elles ne sont pas que ce qu'elles sont. Un amant a t-il jamais cherché à exphquer la passion qui le tourmente? non, il en est incapable ; les idées , les mots, tout lui manque. Il pense à celle

qu'il aime; c'est-là tout ce qu'il peut dire; il est condamné à renfermer sa passion au-dedans de lui-même , ou à ne la manifester que par la joie , la tristesse, le dépit , le chagrin , et d'autres mouvemens semblables et passagers. L'amour n'a pas permis que son secret fût révélé ; l'homme ne le possède qu'avec l'impossibilité de le divulguer, et il en perd le souvenir au moment où sa passion cesse, car ce secret n'est jamais que l'amour même. Voilà ce que les Corneille semblent n'avoir pas senti , lorsqu'ils ont mis dans la- bouche de leurs amantes ces maximes d'amour , si froides et si éloignées de la nature. Dans Racine au contraire, Hermione, Roxane, ne me débitent aucune sentence, ne cherchent point à me faire comprendre qu'elles aiment par des définitions ou par des raisonnemens. Mais je les vois tour-à-tour accabler leurs amans de reproches et s'efforcer de les attendrir , prendre la résolution de les abandonner et les chercher partout , vouloir bannir leur image de leur cœur et parler sans cesse d'eux. C'est alors que je reconnais l'amour et que je m'intéresse à ceux qui l'éprouvent, parce que je ne doute plus que cette passion ne les tyrannise. Mais quel cœur il faut avoir pour cela , et quelle irritabilité dans l'imagination , pour être frappé de tout et pour pouvoir tout exprimer ! Ce devait sans doute être une âme de feu que celle d'où sont partis les emportemens de Roxane , les reproches amers d'Hermione, les douces plaintes de Bérénice, et

les fureurs de Phèdre. Aussi, si quelques anciens ont peint l'amour avec la même force que Racine , il n'y a ni anciens ni modernes qui puissent jamais être mis au-dessus de lui ; il semble qu'en parlant d'^j^Aer , réloge de cette partie du talent de ce grand poète ne dût pas y trouver place. En effet, on avait demandé à Racine une pièce sans amour , il le promit ; mais fut-il en état tie tenir parole ? et dépendait-il de lui qu'on ne reconnût , même dans ce sujet sacré , la plume brûlante qui avait exprimé tous les mouvemens de Tamour ? car, qu'est-ce que l'amour , si ceci n'en est point?

Croyez-moi , chère Esther, ce sceptre, cet empire,

Et ces profonds respects que la terreur inspire ,

A leur pompeux éclat mêlent peu de douceur.

Et fatiguent souvent leur triste possesseur.

Je ne trouve qu'en vous je ne sais quelle grâce

Qui me charme toujours , et jamais ne me lasse.

De l'aimable vertu doux et puissans attraits !

Tout respire en Esther l'innocence et la paix;

Du chagrin le plus noir, elle écarte les ombres,

Et fait des jours sereins de mes jours les plus sombres.

Que dis-jel sur ce trône , assis auprès de vous,

Des astres ennemis j'en crains moins le courroux.

Et crois que votre front prête à mon diadème

In éclat qui le rend respectable aux dieux même.

Osez donc me répondre , et ne me cachez pas

Quel sujet important conduit ici vos pas ,

Quel intérêt , quels soins vous agitent , vous pressent.

.Te vois qu'en m/écoutant, vos yeux au ciel s'adressent.

Parlez : de vos désirs le succès est certain.

Si ce succès dépend d'une mortelle main.

Sans doute , celui qui parlait ainsi était inspiré par l'amour. Assuérus n'est content que lorsqu'il est auprès (ÏEsther ; il voudrait pouvoir ne la jamais quitter: à son aspect , le chagrin fait place au plaisir ; assis à côté d'elle , il ne craint plus ni les astres ennemis , ni les dieux ; il est attentif à ses moindres mouvemens ; il la presse , il la supplie de lui révéler son secret. Il la voit lever les yeux au ciel; l'inquiétude s'empare de son esprit , il ne se possède plus ; et il finit par lui dire en amant aveugle, sans savoir ce qu'elle exigera :

De vos désirs le succès est certain, Si ce succès dépend d'une mortelle main.

Voità le véritable langage de la passion. Et quelle diction ! quelle énergie dans ces vers '

Ce sceptre et cet empiré A leur pompeux éclat mêlent peu de douceur , Et fatiguent souvent leur triste possesseur.

Et quel charme dans les deux suivansî

Du chagrin le plus noir elle écarte les ombres ,

Et fait des jours sereins de mes jours les plus sombres.

Rien n'est plus dans le caractère de la passion que ces sortes de répétitions , ni plus agréable que ces oppositions de mots, comme sereins et sombres

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qui se trouvent dans le même vers. C'est là ce qui fait la beauté de ce vers de Virgile :

Te 5 veniente dîe^ te, decedente, canebat.

Quelques taches légères s'aperçoivent pourtant dans ce beau morceau. Les critiques ressemblent à ceux qui examinent de grands tableaux d'histoire , une loupe à la main. Les défauts qu'ils aperçoivent au moyen de leur vue artificielle , disparaissent lorsqu'on examine l'ensemble du tableau , mais n'en sont pas moins des défauts. Au reste , cette loupe est plus nécessaire pour Racine que pour tout autre ; et puisque nous avons tant fait que de nous en servir , profitons-en pour découvrir encore quelques petites imperfections.

Croyez-moi, chère Esther , ce sceptre , cet empire , Et ces profonds respects que la terreur inspire, A leur pompeux éclat mêlent peu de douceur, Et fatiguent souvent leur triste possesseur.

11 y a ici une petite faute , parce que des trois nominatifs qui régissent la même phrase, il y en a un qui ne peut point la régir. Dégageons ces vers de la tournure poétique , et nous aurons , ce sceptre , cet empire et ces profonds respects fatiguent leur possesseur. On conçoit bien \ç^ possesseur d'un sceptre y d'un empire., mais non pas \q possesseur de respects. On e'st l'objet de profonds

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respects , on ncn n'est pas \ki possesseur. Plus loin on trouve ces vers :

Que dis-je ! sur ce Irône as::is auprès de vous , Des astres ennemis j'en crains moins le courroux.

Le relatif en signifie ici â cause de cela , de cette circonstance , et devrait se trouver ainsi à côté de la phrase à laquelle il se rapporte , assis auprès de vous , fen crains moins le courroux des astres ennemis. Mais étant placé immédiatement après des astres ennemis , on est tenté de rapporter cet en à ces astres : ce qui deviendrait alors une véritable faute , au lieu que ce n'est ici qu'une petite négligence ; d'ailleurs, je crois ce en très-nécessaire, parce qu'il revient sur l'idée principale qui occupe Assuérus , et il eût été moins bien de dire :

Que dis-je ! sur ce trône assis auprès de vous, Des astres ennemis je crains moins le courroux.

Racan , dans ces belles stances à Tircis , fait la faute que semblait faire Racine ; il dit :

Et voit enfin le lièvre après toutes ses ruses , Du lieu de sa retraite en faire son tombeau.

Le e/i est ici visiblement inutile. Puisque le substantif est exprimé , le pronom ne tient la place de rien , et par conséquent est de trop.

Citons encore quelques-uns de ces vers qui

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n'ont point été faits par Racine, mais qui se sont trouvés faits chez lui , et qui se sont élancés du fond de son âme.

Demain , quand le soleil rame nera le jour , Contente de périr , s'il faut que je périsse , J'irai pour mon pays m'offrir en sacrifice.

Cette répétition du mot périr rend le second vers doux et touchant. Les sentimens vifs et les passions aiment en générai à revenir sur les mêmes mots , parce que l'âme est toujours obsédée de la même pensée.

Virgile , qui se présente si naturellement à l'esprit lorsqu'on parle de Racine , dit dans une de

ses égiogues:

Occidet et serpens, et fallax heiba veneni Occidet.

On voit ici l'espérance qui se complaît dans l'idée de voir mourir les serpens et les herbes venimeuses , et qui répète avec complaisance le mot mourir ( occidet ).

Voici quelques exemples encore du même genre :

Ma prompte obéissance Va d'un roi redoutable affronter la punissance. C'est pour toi que je marche, accompagne me!> pas Devant ce fier lion qui ne te connaît pas.

DE CHAMFORT. 6l

Cette image du lion est noble , sans être recherchée, parce qu'elle est naturelle à une personne de qui la terreur s'est emparée. On la trouve aussi dans la Bible : mais ce qui ne s'y trouve pas , c'est cet hémistiche , qui ne te connaît pas , dont la simplicité est si touchante.

Le dialogue de Racine offre souvent de ces réponses d'une concision élégante, et si rare lorsqu'on est restreint dans les bornes étroites d'un seul vers. Assuérus demande à Asaph :

Quel honneur pour sa foi, quel prix a-t-i! reçu ?

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