LA PRUDE
Amour et pruderie Eurent toujours quelque léger débat ; La dame par orgueil donne à tout de l'éclat; Puis, je ne sais comment elle fait sa partie , Elle finit toujours par avoir le dessous.
u A propos de cela, messieurs;, connaissez- vous
La prude Arsinoé? — Qui ? cette présidente
Dont le cœur a quinze ans, le visage quarante?
— Précisément; veuve depuis trois mois , On la voit convoler pour la troisième fois. Dorval , hier , a fait cette conquête ; Il est intéressant; Chez le peuple insurgent , Il abattit la tête De maint et maint forban ; Et troqua ses deux bras contre un double ruban. Je ne vous peindrai pas la modeste grimace , Qu'en prononçant son oui, notre bégueule fit. Après bien des façons, la voilà dans son lit; De ceci , de cela , je vous fais encore grâce ; Le désir, sous le lin, comme un zéphyr léger. Circule en murmurant ; c'est l'heure du berger. L'époux était de feu, l'épouse résignée Dédiait ses soupirs au dieu de l'hyménée, Quand.... hélas ! — Vous riez? Ah ! plaignons-les plutôt. Si faudrait-il au moins qu'hymen ne fut manchot.
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Le Tantale nouveau , de la Yoix et du geste , A[>pelle un prompt secours, que sa position Devant tout cœur bien lait , sollicite de reste. La volupté dit oui, mais la pudeur dit non. On supplie, on refuse 5 on presse, on boude, on peste; On avance en tremblant un doigt, puis deux, puis trois Lnfin , notre héroïne est réduite aux abois, De rhunianité sainte elle écoute la voix ; Déjà son protégé l'en payait par deux fois ; Quand par un trait nouveau de fine pruderie ,
La voilà qui s'écrie :
« Devoir , tu l'as voulu, mais j'en jure par toi ! L'otera qui voudra, ce ne sera pas moi.»