‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 112 sur 276 · LIVRE SEPTIÉÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÉÈME

« Le lendemain de ce jour si complétement employé, je me résolus de chercher moi-même la nation françoise et d’essayer si je ne la rencontrerois pas mieux seul qu’à l’aide d’un conducteur.

« Je sortis sans guide, vers la première moitié du matin. Après avoir parcouru des chemins étroits et tortueux, j'arrivai à un pont, où je saluai un roi bienfaisant que portoit un cheval de bronze”. De là, remontant le cours du fleuve aux eaux blanches, dans lequel les femmes lavoient des tuniques de lin, je parvins à la place du sang°. Une grande foule s’y trouvoit rassemblée : on me dit qu’on alloit attacher une victime à la machine qu’on me montra, et sur laquelle j’aperçus le génie de la mort" sous la forme d’un homme.

« Persuadé qu'il s’agissoit de l’exécution d’un prisonnier de guerre, je m'assis pour entendre chanter ce prisonnier et pour l’encourager à souffrir les tourments comme un Indien. Je dis à l’un de mes voisins qui paraissoit fort touché : « Fils de l'humanité, ce guerrier a-t-il été

Page 1