‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 72 sur 276 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Le départ de Chactas pour le conseil avoit laissé René à la solitude. Il sortoit et rentroit dans la cabane, suivoit un sentier dans le désert ou regardoit le fleuve couler. Un bois de cyprès avoit attiré sa vue. Perdu quelque temps dans l'épaisseur des ombres, il se trouva tout à coup auprès de l'habitation de Céluta. Devant la hutte s’élevoient quelques gordonias qui étaloient l'or et l’azur dans leurs feuilles vieillies, la verdure dans leurs jeunes rameaux et la blancheur dans leurs fleurs de neige. Des copalmes se méloient à ces arbustes, et des azaléas formoient un buisson de corail à leurs racines.

Conduit par le chemin derrière ce bocage, le frère d'Amélie jeta les yeux dans la cabane, où il aperçut Géluta : ainsi, après son naufrage, le fils de Laerte regardoit,- à travers les branches de la forêt, Nausicaa, semblable à la tige du palmier de Délos.

La fille des Natchez étoit assise sur une natte: elle traçoit, en fil de pourpre, sur une peau d’orignal, les guerres des Natchez contre

OUTOUGAMIZ ET CELUTA

(Lex Nalchex lage 215)

Carmier freres, Editeurs,

Page 1