‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 95 sur 276 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

«Et Lopez m'inondoit de ses larmes, comme un jardinier arrose l'arbrisseau qu'il a planté. Le chef de la prière voulant prévenir une plus longue foiblesse nous cria ;: « À quoi pensez-vous ? où est donc « votre courage? » Il me jette dans Ia hutte roulante, en ferme brusquement la porte, et fait un geste de la main. A ce signal le guide du traîneau pousse ses coursiers, qui s’agitoient dans leurs traits et blanchissoient le frein d’écume : frappant de leurs seize pieds d’airain le pavé sonore, ils partent suivis des quatre ailes bruyantes de la cabane mobile, qui roulent avec des étincelles de feu. Les édifices fuient des deux côtés ; nous franchissons des portes qui s’ébranlent à notre passage, et bientôt le traîneau, lancé dans une longue carrière, glisse comme une pirogue sur la surface unie d’un fleuve. »

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