Hypatiam ope musicæ ilium a morbo isto libérasse
G. Suidas, v. ÏTraTta, p. 533.
7. Quorum dux erat Petrus quidem lector. (Socr., Hist. eccles ., lib. vu, cap. xv;, Parisiis, 1678.)
8. Eamque e sella detractam ad ecclesiamquæ Cæsareum cognominatur rapiunty et vestibus exutam testis interemerunt. Cumque mcmbratim eam discerpsissent, mem bra in locum quem Cinaronem vocar.t compoit.ita incendio consumpserunt. (Soç Hist. écriés., îib. vu, cap. xv, p. 352.''
assistons1. Ce n’étoit plus, comme au temps de Julien, un mouvement rétrograde, c’étoit, au contraire, une course sur la pente du siècle; mais de vieilles mœurs, de vieux souvenirs, de vieilles habitudes, de vieux préjugés disputoient pied à pied le terrain : en abandonnant le culte des aïeux, on croyoit trahir les foyers, les tombeaux, l’honneur, la patrie. La violence , exercée en opposition avec l’esprit de la loi, rendoit le conflit plus opiniâtre ; on reprochoit aux chrétiens d’oublier dans la fortune les préceptes de charité qu’ils recommandoient dans le malheur.
Hommes de guerre et hommes d’État , sénateurs et ministres , prêtres chrétiens et prêtres païens, historiens, orateurs, panégyristes , philosophes, poètes, accouroient à l’attaque ou à la défense des anciens et des modernes autels.
Théodose est un empereur violent et foible, livré au plaisir de la table, selon Zosime 2 : c’est un saint qui règne dans le ciel avec Jésus- Christ aux yeux de saint Ambroise3.
Les temples s’écroulent à la voix et sous les mains des moines et des évêques ; ils tombent aux chants de victoire de Prudence : le vieux Libanius ranime sa piété philosophique pour attendrir Théodose en faveur de ces mêmes temples.
« Celui, dit-il à l’empereur, celui qui, lorsque j’étois encore enfant (Constantin), abattit à ses pieds le prince qui l’avoit, traité avec outrage (Maxence), croyant qu’il lui convenoit d’adopter un autre iâieu, se servit des trésors et des revenus des temples pour bâtir Constantinople; mais il ne changea rien au culte solennel : si les maisons des dieux furent pauvres, les cérémonies demeurèrent riches. Son fils (Constance) s’abandonna aux mauvais conseils de faire cesser les sacrifices. Le cousin de ce fils (Julien), prince orné de toutes les vertus, les rebâtit. Après sa mort, l’usage des anciens sacrifices subsista quelque temps : il fut aboli , il est vrai , par deux frères (Valentinien etValens), à cause de quelques novateurs; mais on conserva la coutume de brider des parfums. Vous avez vous-même toléré cette coutume, en sorte que nous avons autant à vous remercier de ce que vous nous avez accordé qu’à nous plaindre de ce dont on nous prive. Vous avez permis que le feu sacré demeurât sur les autels, qu’on y brûlât de l’encens et d’autres aromates.
« Et voilà pourtant qu’on renverse nos temples! Les uns travaillent
1. Nous n’y assistons plus; il est fini. Je corrige le 13 août 1830 ces épreuves, tirées avant le 27 juillet. Insensés qui êtes placés à la tête des États, profiterez-vous de cette rapide et terrible leçon ?
2. Zos., lib. iv. 3. Ambr., t. V, Sermo de diverses, p. 122, f.
à cette œuvre avec le bois, la pierre, le fer; les autres emploient leurs mains et leurs pieds : proie de Mysiène (proverbe grec qui signifie conquête facile). On enfonce les toits , on sape les murailles , on enlève les statues , on renverse les autels. Pour les prêtres, il rfy a que deux partis à prendre : se taire ou mourir. D’une première expédition on court à une seconde, à une troisième; on ne se lasse pas d’ériger des trophées injurieux à vos lois.
« Voilà pour les villes : dans les campagnes c’est bien pis encore! Là se rendent les ennemis des temples; ils se dispersent, se réunissent ensuite, et se racontent leurs exploits : celui-là rougit qui n’est pas le plus criminel. Ils vont comme des torrents sillonnant la contrée et bondissant contre la maison des dieux. La campagne privée de temples est sans dieux; elle est ruinée , détruite, morte ; les temples , ô empereur ! sont la vie des champs ; ce sont les premiers édifices qu’on y ait vus, les premiers monuments qui soient parvenus jusqu’à nous à travers les âges; c’est aux temples que le laboureur confie sa femme, ses enfants, ses bœufs, ses moissons...
« Voilà la conduite des chrétiens ; ils protestent qu’ils ne font la guerre qu’aux temples; mais cette guerre est le profit de ces oppresseurs : ils ravissent aux malheureux les fruits de la terre , et s’en vont avec les dépouilles , comme s’ils les avoient conquises et non volées.
« Cela ne leur suffit pas : ils attaquent encore les possessions particulières, parce que, au dire de ces brigands, elles sont consacrées aux dieux. Sous ce prétexte, un grand nombre de propriétaires sont privés des biens qu’ils tenoient de leurs ancêtres, tandis que leurs spoliateurs, qui à les entendre honorent la Divinité par leurs jeunes, s’engraissent aux dépens des victimes. Va-t-on se plaindre au pasteur (nom qu’on affecte de donner à un homme qui n’a certainement pas la douceur en partage), il chasse les réclamants de sa présence, comme s’ils dévoient s’estimer heureux de n’avoir pas souffert davantage .
« On prétend que nous avons violé la loi qui défend les sacrifices. Nous le nions. On répond que si aucun sacrifice n’a eu lieu on a égorgé des bœufs au milieu des festins et des réjouissances : cela est vrai ; mais il n’y avoit. pas d’autels pour recevoir le sang; on n’a brûlé aucune partie de la victime; on n’a point offert de gâteaux; on n’a point fait de libation. Or, si un certain nombre de personnes pour manger un veau ou un mouton se sont rencontrées dans quelque maison de campagne; si, couchées sur le gazon, elles se sont nourries de la chair de ce veau ou de ce mouton , après l’avoir fait bouillir ou rôtir, je ne vois pas quelles lois ont été transgressées ; car,
ô divin empereur ! vous n’avez pas prohibé les réunions domestiques. Ainsi , bien qu’on ait chanté un hymne en l’honneur des dieux et qu’on les ait invoqués, on n’a point violé votre édit, à moins que vous ne vouliez transformer en crime l’innocence de ces festins.
<( Nos persécuteurs se figurent que par leur violence ils nous amènent à la pratique de leur religion ; ils se trompent : ceux qui paraissent avoir varié dans leur culte sont restés tels qu’ils étoient. Ils vont avec les chrétiens aux assemblées; mais lorsqu’ils font semblant de prier, ils ne prient point, ou ce sont leurs anciens dieux
qu’ils adjurent .
« En matière de religion, laissez tout à la persuasion, rien à la force. Les chrétiens n’ont-ils pas une loi conçue en ces termes : Pratiquez la douceur; tâchez d’obtenir tout par elle ; ayez horreur de la nécessité ou de la contrainte. Pourquoi donc vous précipitez-vous sur nos temples avec tant de fureur? Vous transgressez donc aussi vos lois? . . . .
a . . . Mais puisque les chrétiens allèguent l’exemple de celui qui le premier a dépouillé les temples (Constantin), j’en vais parler à mon tour. Je ne dirai rien des sacrifices : il n’y toucha pas ; mais qui fut jamais plus rigoureusement puni que le ravisseur des trésors sacrés? De son vivant, il vengea les dieux sur lui-même, sur sa propre famille ; après sa mort, ses enfants se sont égorgés.
<( Les chrétiens s’autorisent encore de l’exemple du fils de ce prince (Constance) ; il démolit les temples avec d’aussi grands travaux qu’il en eût fallu pour les reconstruire (tant il étoit difficile de séparer ces pierres liées ensemble par un fort ciment) ; il distrib uoit les édifices aux favoris dont il étoit entouré de la même manière qu’il leur eût donné un cheval, un esclave, un chien, un bijou. Eh bien , ces présents devinrent funestes à celui qui les accordoit comme à ceux qui
les acceptaient .
« De ces favoris, les uns moururent dans l’infortune, sans postérité, sans testament ; les autres laissèrent des héritiers , mais qu’il eût mieux valu pour eux n’en avoir point! Nous les voyons aujourd’hui, ces enfants qui habitent au milieu des colonnes arrachées aux temples ; nous les voyons couverts d’infamie et se faisant une guerre cruelle 1 . »
Cette citation, trop instructive pour être abrégée, offre un tableau presque complet du ive siècle : usage et influence des temples dans les campagnes ; fin de ces temples ; commencement de la propriété du clergé chrétien par la confiscation de la propriété du clergé païen ;