Vir eximie
3. Dii te servent, per quos et eorum atque cunctorum mortalium communem patrem, universi mortales quos terra sustinet mille modis concordi discordia veneramur et colimus! ( Ap . Augustin., ep. xvi, al. xliii, t. II.)
4. Ut autem me cultorem tuarum virtutmn dignatus es. (Augustin., ep. ccxxxm, n. 3.).
à ne rien affirmer touchant le Christ; c’est une louable réserve clans un païen U »
L’illustre évêque d’Hippone expira à soixante-seize ans, dans sa ville épiscopale assiégée, en plein exercice des devoirs d’un pasteur courageux et charitable. « Il mourut, » dit l’élégant auteur que vous aimerez encore à retrouver, « il mourut les yeux attachés sur cette cité céleste dont il avoit écrit la merveilleuse histoire 1 2 » .
Mais avant ces lettres d’Augustin on trouve peut-être un monument encore plus extraordinaire de la tolérance religieuse entre des esprits supérieurs : ce sont les lettres de saint Basile à Libanius, et de Libanius à saint Basile. Le sophiste païen avoit été le maître du docteur chrétien à Constantinople. « Quand vous fûtes retourné dans votre pays, écrit Libanius à Basile, je me disois : Que fait maintenant Basile? Plaide-t-il au jbarreau? enseigne-t-il l’éloquence ? 'J’ai appris que vous aviez suivi une meilleure voie : que vous ne vous étiez occupé qu’à plaire à Dieu, et j’ai envié votre .bonheur3. »
Basile envoie de jeunes Cappadociens à l’école de Libanius sans crainte de les infecter du venin de l’idolâtrie. « Il suffira, lui mandet-il, qu’avant l’âge de l’expérience ces jeunes gens soient comptés parmi vos disciples 4. » — « Basile est mon ami, s’écrie Libanius dans une autre lettre, Basile est mon vainqueur, et j’en suis ravi de joie5.» — « Je tiens votre harangue, dit Basile; je l’ai admirée: ô Muses! ô Athènes! que de choses vous enseignez à vos élèves 6! »
Est-ce bien l’ennemi de Julien, l’ami de Grégoire de Nazianze, le fondateur de la vie cénobitique; est-ce bien Tardent sectateur de Julien, le violent adversaire des moines, l’orateur qui défendoit les temples ; sont-ce bien ces deux hommes qui ont ensemble un pareil commerce de lettres?
Synesius, de la colonie lacédémonienne fondée en Afrique dans la Cyrénaïque, descendoit d’Eurysthène, premier roi de Sparte de la race dorique : il étoit philosophe ; comme saint Augustin dans sa jeunesse, il partageoit ses jours entre la lecture et la chasse. Le peuple de Ptolémaïde, en Libye, le demande pour évêque. Synesius déclare qu’il ne se reconnoît point la pureté de mœurs nécessaire à un si saint état; que Dieu lui a donné une femme, qu’il ne veut ni la quitter ni s’approcher d’elle furtivement comme un adultère; qu’il souhaite
1. Pixnnde quod de Christo nihil tibi negandum vel affirmandum putasti, hoc in pagani animo temperamentum non invitus acceperim. (Epist. ccxxxv.)