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Alaric ferma le Tibre : la famine et la peste désolèrent les assiégés Alaric consentit à s’éloigner moyennant une somme immense1 2. On dépouilla les statues des richesses dont elles étoient ornées, entre autres celles du Courage et de la Vertu3.
Honorius, renfermé dans Ravenne, ne ratifioit point le traité conclu. Le sénat lui députa Attale, intendant des largesses, Cécilien et Maximien : ils n’obtinrent rien de l’empereur, dominé par Olympe.
Alaric se rapprocha de Rome, et battit Valens, qui la venoit secourir.
Olympe, disgracié, puis rétabli, puis disgracié encore, eut les oreilles coupées, et on l’assomma. Jove succéda à Olympe; il avoit connu Alaric en Épire ; il étoit païen et versé dans les lettres grecques et latines. La nécessité des temps avoit amené une tolérance momentanée; une loi d’Honorius, de 409, accorde la liberté de religion aux païens et aux hérétiques.
Alaric assiège de nouveau la ville éternelle; l’habile et dédaigneux barbare, voulant trancher les difficultés qu’il avoit avec l’empereur, change le chef de l’empire; il oblige les Romains à recevoir pour auguste Attale, devenu préfet de Rome. Attale plaisoit auxGoths parce qu’il avoit été baptisé par leur évêque.
Attale nomme Alaric général de ses armées. Il va coucher une nuit au palais, et prononce un discours pompeux devant le sénat.
Il marche ensuite contre Honorius, son digne rival. Honorius envoie des députés à Attale, et lui offre la moitié de l’empire d’Occident. Attale propose la vie à Honorius et une île pour lieu d’exil. Jove trahit à la fois Honorius et Attale. Alaric, qui tient Ravenne bloquée, et qui commence à se dégoûter d’Attale , lui soumet néanmoins toutes les villes de l’Italie, Bologne exceptée4. Ces scènes étranges se passent en 409.
En Espagne, Géroncese soulève contre Constantin, l’usurpateur qui régnoit à Arles, et communique la pourpre à Maxime.
L’Angleterre, que Rome ne défend plus, se met en liberté. Dans les Gaules, les provinces armoricaines se forment en républiques fédératives 5. Les Alains, les Vandales et les Suèves entrent en Espagne
1. Portas undique concluserat, et occupato Tiberi flumine, subministrationem commeatus e porta impediebat... Famem pestis comitabatur. (Zosim., Hist., lib. v, p. 105; Basileæ.)
2. Omne aurum quod in urbe foret et argentum. (7c7., p. 106.)
3. Non ornamenta duntaxat sua simulacris ademerunt, verum etiam nonnulla ex auro et arger.to facto conflarunt : quorum erat in numéro Fortitudinis quoque simulacrum quam Romani Virtutem vocant.
Quod sane corrupto quidquid fortitudinis atque virtutis apud Romanos superabat extinctum fuit. (Zosim., Hist., lib. v, p. 107; Basileæ.)