Pian., lib. ai, epist. xvi
3. Accepit impositionem manuum episcopatus, et eo recusato remoratus est ( dicit enim in una epistola sua : Secedo, abeo, erigatur populus Dei...) Cletus constituitur. ( Epiphanius, Contra Hœreses, cap. vi.)
Anaclet
pape.
An de J. -G
Domitien
emp.
Anaclet,
Sixte
Évariste,
papes.
An de J. -G 82-97.
Nerva , Trajan emp.
ÉvARlSTE , Alexandre 1er papes.
An de J.-G.
Domitien vaincu ne s’en décerna pas moins les honneurs du triomphe : il prit avec raison le surnom de dacique. Il donna des jeux, se consacra des statues, et se traîna dans la gloire où d’autres empereurs s’étoient précipités.
Ses armes furent plus heureuses dans la Grande-Bretagne. Agricola battit les Calédoniens, et sa flotte tourna Elle au septentrion.
Un coup funeste fut porté à l’empire par l’augmentation de la paye des soldats; leur influence, déjà trop considérable, s’accrut; le gouvernement dégénéra en république militaire : il faut toujours que la liberté, d’elle-même impérissable, se retrouve quelque part.
Domitien persécuta les philosophes1, que Ton confondoit avec les chrétiens : ils se retirèrent à l’extrémité des Gaules, dans les déserts de la Libye et chez les Scythes. Apollonius, interrogé par Domitien, montra du courage et une rude franchise.
On commença à voir de tous côtés la succession des évêques : à Alexandrie, Abilius succéda à saint Marc ; à Rome, saint Évariste à saint Clet; Alexandre Ier ou Sixte Ier à saint Évariste. Vers la fin de son règne, Domitien se jeta sur les fidèles. L’apôtre saint Jean, relégué dans l’île de Pathmos, eut sa vision. Flavius Clément, consul et cousin germain de l’empereur, qui deslinoit les deux enfants de Clément à l’empire, avoit embrassé la foi, et fut décapité. L’Évangile faisoit des progrès dans les hauts rangs de la société.
Domitien assassiné, Nerva ne parut après lui que pour abolir le crime de lèse-majesté 2, punir les délateurs, et appeler Trajan à la pourpre : trois bienfaits qui lui ont mérité la reconnoissance des hommes.
Sous le règne de Trajan l’empire s’éleva à son plus haut point de prospérité et de puissance. Cet admirable prince n’eut que la foiblesse des grands cœurs : il aima trop la gloire. Vainqueur de Décébale, il réduisit la Dacie en province. Cette conquête, qui fut un sujet de triomphe, devoit être un sujet de deuil, car elle détruisit le dernier peuple qui séparoit les Goths des Romains. Trajan porta la guerre en Orient, donna un roi aux Parthes, prit Suze et Ctésiphon, soumit l’Arménie, la Mésopotamie et l’Assyrie, descendit au golfe Persique, vit la mer des Indes , se saisit d’un port sur les côtes de l’Arabie ; après tout cela il mourut , et son successeur, soit sagesse, soit jalousie, abandonna ses conquêtes.
1. Philosophia autem acleo perterrita est, ut, habita mutato, alii in extremam Galbant aufugerent, alii in Libyæ Scythiæqne deserta. ( Euseb., Chron., ann. 92 ; Philost., Vit. Apoll., lib. vu, cap. iv. )