‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 164 sur 358 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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armement contre les Vandales. Le commandement en fut donné à Basilisque, qui laissa brider sa flotte devant Carthage, réduit à la nécessité de passer pour un traître, afin de conserver la réputation d’un grand général. Sauvé de ce danger, Genseric reprit ses courses, et s’empara de la Sicile.

Théodoric II avoit rompu ses traités avec Rome à la mort de l’empereur Majorien ; il réunit Narbonne à son royaume. Euric, son frère, qui l’assassina , acheva la conquête des Espagnes sur les Romains et sur les Suèves : ceux-ci reconnurent son autorité, en restant en possession de la Galice. Dans les Gaules, Euric ne fut pas moins heureux : il étendit sa domination, d’un côté depuis les Pyrénées jusqu’au Rhône, de l’autre jusqu’à la Loire. En ce temps les Bourguignons étoient alliés de Rome et se déchiroient entre eux ; il en étoit ainsi des Franks et des Saxons.

Cependant Ricimer se brouille avec Anthême, son beau-père, et se détermine à changer encore le maître titulaire de l’Occident. Il appelle à la pourpre Olybre, qui avoit épousé Placidie, fille de Valentinien III. Il en résulte une guerre civile. Rome est saccagée une troisième fois, dit le pape Gélase, et les misérables restes de l’empire sont foulés aux pieds. Anthême est tué (11 juillet 472), Olybre meurt, et Ricimer le précède dans la tombe où il avoit précipité cinq empereurs, tous faits de sa main '.

Gondivar oy Gondibalde, neveu de Ricimer, et élevé à la dignité de patrice par Olybre, pousse Glicerius à s’emparer du pouvoir. Gondibalde est peut-être le célèbre roi des Bourguignons. A Constantinople, on proclama Julius Nepos empereur d’Occident. Il surprit son compétiteur Glycerius, le fit raser et ordonner évêque de Salone2. Julius Nepos céda l’Auvergne à Euric, roi des Visigoths , croyant qu’on pouvoit sacrifier ses amis à ses ennemis. Les troupes que Nepos tenoit à sa solde se révoltent ; il fuit, traînant dans sa retraite en Dalmatie un titre que lui seul reconnoissoit : il retrouva à Salone son rival impérial, qu’il avoit fait évêque3. Nepos ne valoit pas la peine d’un coup de poignard, et fut assassiné pourtant4. Les Ostro-

1. Valois s’appuie de l’auteur anonyme, conforme pour ces temps obscurs à ce que l’on trouve dans les Fastes consulaires d’Onuplire, dans les Actes des Conciles, dans Cassiodore, dans Victor de Tunne, dans la Chronique d’Alexandrie, etc. , etc. ( Vales. Rer. Franc. )

2. Phot., cap. lxxviii, p. 372; Onuph. ; Jorn., De Reg. ac. temp. Sac., p. 654.

3. Quo compe'rto, Nepos fugit in Dalmatias, ibique defecit privatus regno, ubi jam Glycerius, dudum imperator, episcopatum Salonitanum habebat. (Vales. Rer. Franc., p. 227 ; ld. in not. Amm. Marcel. )

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