Onuph., p. 477 ; Marc., Chron., xvi
gotlis pendant l’apparition de Glycerius s’étoient montrés en Italie.
Les autres barbares, qui opprimoient plus qu’ils ne défendoient ce malheureux pays, a voient alors pour chef Oreste, ce secrétaire d’Attila dont je vous ai déjà parlé. A la mort du roi des Huns, il passa au service des empereurs d’Occident, sous lesquels il dévint patrice et maître général des armées ; il avoit eu un fils d’une mère inconnue, ou peutêtre de la fille de ce comte Romulus que Valentinien envoya en ambassade auprès d’Attila. Ce fils est Romulus Auguste, surnommé Augustule : humiliez-vous, et reconnoissez le néant des empires !
Oreste refusa la pourpre que lui offroient ses soldats, et en laissa couvrir son fils*. Les Scyres, les Alains, les Rugiens, les Hérules, les Turcilinges, qui composoient ces défenseurs redoutables des misérables Romains, enflammés par l’exemple de leurs compatriotes établis en Afrique, dans les Espagnes et dans les Gaules, sommèrent Oreste de leur abandonner le tiers des propriétés de l’Italie ; il leur crut pouvoir résister. Odoacre (peut-être fils d’Édécon , ancien collègue d’Oreste dans sa mission à Constantinople), Odoacre, après diverses aventures, se trouvoit investi d’une charge éminente dans les gardes de l’Italie ; il se met à la tête des séditieux, assiège Oreste dans Pavie, emporte la place, le prend et le tue1 2. Le 23 août de l’an Zj76, Odoacre, arien de religion, est proclamé roi d'Italie. L’empire romain avoit duré cinq cent sept ans moins quelques jours, depuis la bataille d’Actium; on comptoit douze cent vingt-neuf ans de la fondation «le Rome.
Quand Augustule, dernier successeur d’Auguste, quitta les marques de la puissance, Simplicius, quarante-septième pontife depuis saint Pierre, occupoit la chaire de l’apôtre dont l’empire avoit commencé sous l’héritier immédiat d’Auguste; les successeurs de Simplicius, après treize cent cinquante-quatre ans, régnent encore dans les palais des césars.
Odoacre établit son siège à Ravenne. Le sénat romain renonça au droit d’élire son maître ; satisfait d’être esclave à merci, il déclara que le Capitole abdiquoit la domination du monde, et renvoya, par une ambassade solennelle, les enseignes à Zénon, qui gouvernoit l’Orient. Zénon 3 reçut à Constantinople les ambassadeurs avec un front sévère; il reprocha au sénat le meurtre d’Anthême et le bannissement de Nepos : « Nepos vit encore, dit-il aux ambassadeurs; il sera, jusqu’à sa mort, votre vrai maître. » Ce brevet de tyran honoraire, délivré par Zénon à Nepos, est le dernier titre de la légitimité des césars.
1. Augustulo a pâtre Oreste in Ravenna imperatorc ordinato. ( Jornaad., cap. xlv.)