‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 173 sur 358 · Na te, nate, Symphoriane . Sursum cor · texte numérisé non relu

Na te, nate, Symphoriane . Sursum cor

suspende, fili ; liodie tibi vita non tollitur, sed mutatur in melius. ( Act . Martyr, in Symphor p. 72; Parisiis, 1089.)

3. Beata vero Blandina ultima omnium... festinat, exsultans, ovans, velut ad thaamum sponsi invitata et ad nuptiale convivium. (Euseb., lib. iv, cap. m, p. 539.)

4. Cum venerabili matre, Marcella, ignis suppliciis consummata est. {Ici., lib. vi, cap. v. )

un seul mot ce qui se pouvoit attacher d’étrange à l’infortune de leur vieillesse. La plus âgée ôta son voile, et montrant sa tête chenue au jeune homme : « Tu as peut-être une mère blanchie comme moi. Laisse-nous nos larmes, et prends pour toi l’espérance '. »

Félicité, matrone romaine d’un rang illustre, fut jugée à mort avec ses sept fds, qu’elle encouragea à confesser hardiment.

Symphorose, de Tibur, avoit également sept fds. Adrien l’appela devant lui, et l’exhorta à sacrifier ; elle répondit: « Getulius, mon mari, et son frère Amantius, étoient vos tribuns, et ils ont préféré la mort à vos idoles. » Symphorose, pendue par les cheveux, fut précipitée dans ces cascades qui avoient baigné les courtisanes et rafraîchi le vin d’Horace. Les sept fils suivirent leur mère2.

Un des quarante martyrs de Sébaste avoit résisté à la double épreuve de la glace et du feu : les bourreaux, l’oubliant à dessein et le hissant sur la place, espéroient qu’il abjurerait : sa mère le mit de ses propres mains dans le tombereau : « Va, dit-elle, mon fils! achève ton heureux voyage avec tes compagnons, afin que tu ne te présentes pas à Dieu le dernier 3. »

Il n’est rien de plus célèbre dans les Actes sincères que le martyre de Perpétue et de Félicité à Carthage. Perpétue, femme noble, étoit âgée de vingt-deux ans ; son père et sa mère vivoient ; elle avoit deux frères ; elle étoit mariée, et nourrissoit un enfant : Félicité étoit esclave et enceinte.

Le père de Perpétue, païen zélé, engageoit sa fille à sacrifier. « Après avoir été quelques jours sans voir mon père (c’est Perpétue qui écrit elle-même la relation du commencement de son martyre), j’en rendis grâces au Seigneur, et son absence me soulagea. Ce fut dans ce peu de jours que nous fûmes baptisés : je ne demandai, au sortir de l’eau , que la patience dans les peines corporelles. Peu de jours après, on nous mit en prison ; j’en fus effrayée, car je n’avois jamais vu de telles ténèbres. La rude journée4 ! Un grand chaud à cause de la foule. Les soldats nous poussoient. Enfin, je mourais d’inquiétude pour mon enfant. Alors les bienheureux diacres, Tertius et Pomponê , qui nous

1. Vélum raptim discerpens ostendebat ei capitis sui canitiem : et liæc inquit : Reverere, fili, nam et tu forsitan matremjam canam habes. Et nobis quidem miseris relinque lacrymas ; tibi vero spem habe. (Act. Mort. sincera , p. 300; Parisiis, 1089.)

2. Alia vero die jussit Adrianus imperator simul omnes septem filios ejus sibi præsentari et ad trochleas extendi. ( Ici ., p. 29. )

3. O nate ! inquit, perfîce cum tuis contubernalibus iter beatum, ne unus desis illorum choro, ne reliquis serius Domino præsenteris. (Act. sine., p. 409; Veron., 1731.)

Page 1