Philost., lib. i, cap. ix
expressions, disant que rien ne pouvoit être semblable selon la nature qui ne fût de même nature1. L’arianisme divisé en plusieurs branches, eusébien, demi-arien, etc., passa des Romains auxGoths; son caractère se mélangeoit de faste, de violence et de cruauté. Arins, son fondateur, étoit pourtant un homme doux, quoique obstiné : l’antagoniste d’Arius fut, vous le savez, le fameux Athanase.
Avec Arius, dans le ive siècle, vinrent aussi les réformateurs qui attaquèrent la discipline de l’Église et du culte de la Vierge : par l’austérité des mœurs, ils arrivoient à la dépravation. On compte Helvidius, Bonose, Audée, Collathe, Jovinien, Priscillius et plusieurs autres.
Le ve siècle vit les hérésies placées dans les prélats : celle du violent Nestorius, évêque de Constantinople, éclata. Il nia l’union hypostatique, admettant toutefois l’incarnation du Christ, mais disant qu’il n’étoit pas sorti du sein de la Vierge. L’Orient se divisa; il y eut conciles contre conciles, anathèmes contre anathèmes, persécutions, dépositions, exils. Après le concile d’Éphèse, le nestorianisme triompha; bientôt Eutychès vint combattre Nestorius et remplacer une erreur par une erreur. Le nestorianisme supposoit deux personnes dans Jésus-Christ : Eutychès, par un autre excès, prétendoit que les deux natures de l’Homme-Dieu, la nature humaine et la nature divine, étoient tellement unies qu’elles n’en faisoient qu’une. Les moines avoient soutenu contre les nestoriens la maternité de la Vierge ; ils s’enrôlèrent presque tous sous les bannières d’Eutychès. L’empire d’Orient, berceau de toutes les hérésies, continua de s’engloutir dans ces subtilités déplorables. Les patriarches de Constantinople acquirent une puissance qui leur permettoit de disposer de la pourpre. Après Eutychès, des moines scythes, dans le vie siècle, posèrent en principe qu’une des personnes de la Trinité avoit souffert. Dans le vne siècle, autres chimères ; dans le vme, Léon Isaurien donna naissance à la secte des iconoclastes, et enfin, vers le milieu du ixe siècle, s’établit le grand schisme des Grecs.
L’Occident, ravagé par les barbares au ve siècle, enfanta des hérésies qui sentoient le malheur; des chrétiens opprimés cherchèrent une cause aveugle à des souffrances en apparence non méritées : Pélage, moine breton, qui avoit beaucoup voyagé, fut l’auteur d’un nouveau système; il disoit l’homme capable d’atteindre le plus haut degré de perfection par ses propres forces. De cette hauteur stoïque il étoit -aisi de glisser à cette rigueur du destin qui écrase le juste sans