‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 188 sur 358 · pulcbra Laverna · texte numérisé non relu

pulcbra Laverna

Da mihi fallere, da justum sanctumque videri.

(Horat., ep. xvi, lib. i.)

2. Exuuntur etiam vestibus populo flagitante meretrices, quæ tune mimorum funguntur officio, et in conspectu populi usque ad satietatem impudicorum luminum cum pudendis motibus detinentur. (Lactant., De falsa Religione, lib. i, p. G 1 ; Basileæ.)

3. Lenonum vectigal et meretricum et exoletorum in sacrum ærarium inferri vetuit, sed sumptibus publicis ad instaurationem theatri, circi, amphithëatri et ærarii deputavit. (Lamprid., in Alex. Sev.)

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acheteurs leurs maladies et défauts; s'ils sont sujets à la fuite ou au vagabondage ; s’ils n’ont point commis quelques délits ou dommages. . . .

« Si depuis la vente l’esclavage a perdu de sa valeur; si, au contraire, il a acquis quelque chose, comme une femme qui auroit eu un enfant; . si l’esclave s’est rendu cou¬

pable d’un délit qui mérite la peine capitale; s’il a voulu se donner la mort ; s’il a été employé à combattre contre les bêtes dans l’arène, etc. »

Immédiatement après ce titre vient un article sur la vente des chevaux et autre bétail , commençant de la même manière que celui sur la vente des esclaves : a Ceux qui vendent des chevaux doivent déclarer leurs défauts, leurs vices ou leurs maladies, etc. »

Toutes les misères humaines sont renfermées dans ces textes, que les légistes romains énonçoient sans se douter de l’abomination d’un tel ordre social.

Les cruautés exercées sur les esclaves font frémir : un vase étoit-il brisé, ordre aussitôt de jeter dans les viviers le serviteur maladroit, dont le corps alloit engraisser les murènes favorites ornées d’anneaux et de colliers. Un maître fait tuer un esclave pour avoir percé un sanglier avec un épieu, sorte d’armes défendues à la servitude1. Les esclaves malades étoient abandonnés ou assommés; les esclaves laboureurs passoient la nuit enchaînés dans des souterrains : on leur distribuoit un peu de sel, et ils ne recevoient l’air que par une étroite lucarne. Le possesseur d’un serf le pouvoit condamner aux bêtes, le vendre aux gladiateurs, le forcer à des actions infâmes. Les Romains livroient aux traitements les plus cruels, pour la faute la plus légère, les femmes attachées à leur personne. Si un esclave tuoit son maître, on faisoit périr avec le coupable tous ses compagnons innocents. La loi Petronia, l’édit de l’empereur Claude, les efforts d’Antonin le Pieux, d’Adrien et de Constantin , furent sans succès pour remédier à ces abus, que le christianisme extirpa.

L’instinct de la cruauté romaine se retrouvoit dans les peines applicables aux crimes et aux délits. La loi prescrivoit la croix (à laquelle fut substituée la potence2), le feu, la décollation, la précipitation, l’étranglement dans la prison, la fustigation jusqu’à la mort, la livraison aux bêtes, la condamnation aux mines, la déportation dans une île et la perte de la liberté.

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