lib. xxvm, cap. iv
4. Cum miles cantilenas meditaretur, pro jubilo molliores : et non saxum erat ut
n’étoit plus où un légionnaire ayant trouvé dans le camp d’un roi de Perse un petit sac de peau rempli de perles les jeta, sans savoir ce que c’étoit, et n’emporta que le sac1.
Le soldat romain quitta la cuirasse, abandonna lepilum et la courte épée : alors, nu comme le barbare et inférieur en force, il fut aisément vaincu. Végèce attribue les défaites successives des légions à l’abandon des anciennes armes2.
Les désordres de la police de Rome étoient extrêmes : on en jugera par un événement arrivé sous le règne de Théodose Ier.
Les empereurs avoient bâti de grands édifices où se trouvoient les moulins et les fours qui servoient à moudre la farine et à cuire le pain distribué au peuple. Plusieurs cabarets étoient élevés auprès de ces maisons ; des femmes publiques attiraient les passants dans ces cabarets; ils n’y étoient pas plus tôt entrés qu’ils tomboient par des trappes dans des souterrains. Là ils demeuraient prisonniers le reste de leur vie, contraints à tourner la meule, sans que jamais leurs parents pussent savoir ce qu’ils étoient devenus. Un soldat de Théodose , pris à ce piège , s’arma de son poignard, tua ses détenteurs et s’échappa. Théodose fit raser les édifices qui couvraient ces repaires; il fit également disparaître les maisons de prostitution où étoient reléguées les femmes adultères 3.
L’anarchie dans les provinces égaloit celle qui régnoitdans la capitale : Sal vien déclare qu’il n’y a point de châtiment que ne méritassent les Romains ; il les compare aux barbares, et les trouve inférieurs à ceux-ci en charité, sincérité, chasteté, générosité, courage. Il fait la description de la Septimanie : «Vignes, prairies émaillées de fleurs, vergers, campagnes cultivées, forêts, arbres fruitiers, fleuves et ruisseaux, tout s’y trouve. Les habitants de cette province ne devroient-ils pas remplir leurs devoirs envers un Dieu si libéral pour eux? Eh bien, le peuple le plus heureux des Gaules en est aussi le plus déréglé4. La gourmandise et l’impureté dominent partout. Les riches méprisent la religion et la bienséance; la foi du mariage n’est plus un frein, la femme légitime se trouve confondue avec les concubines. Les maîtres se servent de leur autorité pour contraindre leurs esclaves à se rendre
antehac armato cubile.* .... et graviora glacliis pocula, testa enim bibere jam pudebat. ( Amm., lib. xxii, cap. iv.)