‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 20 sur 358 · Dion., lib. iaxiv; Herod., lib. mi; Spart., Hist., p · texte numérisé non relu

Dion., lib. iaxiv; Herod., lib. mi; Spart., Hist., p

nien ici présent de m’égorger; il t’obéira , car je te fais empereur1. »

Peu de temps après, Sévère, malade à York, et sentant sa fin venir, dit : « J’ai été tout, et rien ne vaut2. » L’ofiicier de garde s’étant, approché de sa couche, il lui donna pour mot d’ordre : « Travaillons3; » et il tomba dans le repos éternel.

Les règnes de Commode, de Pertinax, de Julian us et de Sévère virent éclater l’éloquence des premiers Pères de l’Église : parmi les Pères grecs, on trouve saint Clément d’Alexandrie (Le Maître et Les Stromates sont des ouvrages remplis de faits curieux) ; parmi les Pères latins, Tertullien est le Bossuet africain. Saint Irénée, bien qu’il écrivît en grec, déclare dans son traité contre les hérésies qu’habitant parmi les Celtes, obligé de parler et d’entendre une langue barbare, on ne doit point lui demander l’agrément et l’artifice du style. Il nous apprend que l’Évangile étoit déjà répandu par tout le monde ; il cite les Églises de Germanie, de Gaule, d’Espagne, d’Orient, d’Égypte, de Libye, éclairées, dit-il, de la même foi comme du même soleil4. Il nomme les douze évêques qui succédèrent à Rome depuis Pierre jusqu’à Éleuthère. Il affirme qu’il avoit connu lui-même Polycarpe établi évêque de Smyrne par les apôtres, lequel Polycarpe avoit conversé avec plusieurs disciples qui avoient vu Jésus-Christ5. C’est un des témoignages les plus formels de la tradition.

En ce temps-là Pantenus, chef de l’école chrétienne d’Alexandrie, prêcha la foi aux nations orientales : il pénétra dans les Indes ; il y trouva des chrétiens en possession de l’Évangile de saint Matthieu, écrit en langue hébraïque, et que cette Église tenoit de l’apôtre Barthélemy 6 .

1. Si me cupis, inquit Severus, intcrficere, hic me interfice. Quod si id récusas aut times tua manu facere, adesttibi Papinianus præfectus, cui jubere potes ut me interficiat, nam is tibi quidquid præceperis, propterea quod sis imperator efficiet. (J)ion., Hist. Rom., lib. lxxvii, p. 868.)

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