Suid.; Athen., lib. iv, p
3. Laert., lib. in Pyrrhon. 4. /t/., lib. vu. 5. Id., lib. ix, in Dem.
6. Id., in Heracl. 7. Id., lib. vm; Lucian., Strab., lib. vi.
.peau de lion, et s’écriant : « Je te salue, portique superbe, entrée de mon palais! » Ensuite Ménippe raconte à Philonide que, fatigué de l’incertitude des doctrines, il s’adressa à un disciple de Zoroastre. Ce magicien par excellence, appelé Mithrobarzanes , avoit de longs che-
veux et une longue barbe. Il prit Ménippe, le lava trois mois entiers dans l’Euphrate, en suivant le cours de la lune et marmottant une longue prière ; il lui cracha trois fois au nez, le plongea de l’Euphrate, dans le Tigre, le purifia avec de Rognon marin, le ramena chez lui à reculons, l’arma de la massue, de la lyre, de la peau du lion, et lui recommanda de se nommer à tout venant Ulysse, Hercule ou Orphée. L’initiation achevée, Ménippe descendit aux enfers conduit par Mithrobarzanes. Là, Tirésias lui conseilla de quitter les chimères philosophiques, en lui disant : « La meilleure vie est la plus commune. »
Les Sectes à l'Encan offrent le tableau complet des diverses sectes. Jupiter fait préparer des sièges; Mercure, investi de la charge d’huissier, appelle les marchands pour acheter toutes sortes de vies philosophiques; on fera crédit pendant une année, moyennant caution. Jupiter ordonne de commencer par la secte italique.
MERCURE
Holà, Pythagore! descends, et fais le tour de la place. Voici une vie céleste : qui l’achètera? Qui veut être plus grand que l’homme? qui veut connoître l’harmonie des sphères et revivre après sa mort?
D’où es-tu?
De Samos.
UN MARCHAND
PYTHAGORE
LE MARCHAND
Où as-tu étudié?
PYTHAGORE
En Égypte , chez les sages.
LE MARCHAND
Si je t’achète, que m’apprendras-tu?
PYTHAGORE
Je te ferai souvenir de ce que tu sus autrefois.
Comment cela?
LE MARCHAND
En purifiant ton âme.
PYTHAGORE
LE MARCHAND
Comment l’instruiras -tu?
P YTHAGORE.
Par le silence. Tu seras cinq ans sans parler.
LE MARCHAND
Après?
P YTHAGORE.
Je t’enseignerai la géométrie, la musique et l’arithmétique.
LE MARCHAND
Je sais celle-ci.
PYTHAGORE
Comment comptes-tu ?
LE MARCHAND
Un, deux, trois, quatre.
PYTHAGORE
Tu te trompes : quatre est dix, le triangle parfait et le serment, etc.
(On déshabille Pythagore, et l’on découvre qu’il a une cuisse d’or. Trois cents marchands l’achètent dix mines.)
(On appelle Diogène.)
UN MARCHAND
Que pourrai-je faire de cet animal, sinon un fossoyeur ou un porteur d’eau?
MERCURE
Non pas, mais un portier : il aboie, et il se nomme lui-même un chien.
LE MARCHAND
Je crains qu’il ne me morde ; il grince des dents et me regarde de travers.
MERCURE
Ne crains rien , il est apprivoisé.
LE MARCHAND
Ami, de quel pays es-tu? De tous pays.
DIOGÈNE
LE MARCHAND
Quelle est ta profession?
DIOGÈNE
Médecin de l’âme , héraut de la liberté et de la vérité.
LE MARCHAND
Maître, si je t’achète, que m’apprendras-tu?
DIOGÈNE
Je t’enfermerai avec la misère , tu ne te soucieras ni de parents ni de patrie ; tu quitteras la maison de ton père ; tu habiteras quelque masure, quelque sépulcre, ou, comme moi, un tonneau. Ton revenu sera dans ta besace pleine de rogatons et de vieux bouquins; tu disputeras de félicité avec Jupiter ; si l’on te fouette, tu n’en feras que rire.
LE MARCHAND
Il faudroit que ma peau fût une écaille d’huître ou de tortue.
DIOGÈNE
Voici ma doctrine : trouver à redire à tout, avoir la voix rude comme un chien, la mine barbare, l’allure farouche et sauvage, vivre au milieu de la foule comme s’il n’y avoit personne, être seul au milieu de tous, préférer la Vénus ridicule et se livrer en public à ce que les autres rougissent de faire en secret. Si tu t’ennuies, tu prendras un peu de ciguë; et tu t’en iras de ce monde : voilà le bonheur ; en veux-tu ?
Après Diogène, pour lequel on donne deux oboles, Mercure fait venir Aristippe; il est ivre, et ne peut répondre. Mercure explique sa doctrine : ne se soucier de rien , se servir de tout, chercher la volupté nhmporte où.
Héraclite et Démocrite, abrégé de la sagesse et de la folie, succèdent à Aristippe : l’un rit, l’autre pleure. Démocrite rit parce que tout est vanité et que l’homme n’est qu’un concours d’atomes produit du hasard. Héraclite pleure parce que le plaisir est douleur, le savoir ignorance, la grandeur bassesse, la santé infirmité, le monde un enfant qui joue aux osselets et se tourmente pour un songe. Héraclite regrette le passé, s’ennuie du présent et s’épouvante de l’avenir.
Jupiter fait semondre Socrate.
UN MARCHAND
Qu’es-tu ?
SOCRATE
Amateur de petits garçons et maître ès arts d’aimer 1 .