Amm. Marcell., lib. xxxt, cap. n
4. Ex ea enim crinitus quidam, nudus omnia præter pubem, subraucum et lugubre strepens, educto pugione agmini se medio Gothorum inseruit, et interfecti hostis jugulo labra admovit, effusumque cruorem exsuxit. ( Id ibid ., cap. xvi.)
5. Ipsis ex vulneribus ebibere. (Pomp. Mêla, De Scyth. Europ., lib. n, cap. i.)
parties les plus succulentes des pâtres, délicieux festin pour eux L Les Alains arrachoient la tête de l’ennemi abattu, et de la peau de son cadavre ils caparaçonnoient leurs chevaux2. Les Budins et les Gelons se faisoient aussi des vêtements et des couvertures de cheval avec la
peau des vaincus 3, dont ils se réservoient la tête 4. Ces mêmes Gelons
se découpoient les joues ; un visage tailladé, des blessures qui présentoient des écailles livides surmontées d’une crête rouge , étoient le suprême honneur 5.
L’indépendance étoit tout le fond d’un barbare, comme la patrie étoit tout le fond d’un Romain , selon l’expression de Bossuet. Être vaincu ou enchaîné paroissoit à ces hommes de batailles et de solitudes chose plus insupportable que la mort : rire en expirant étoit la marque distinctive du héros. Saxon le Grammairien dit d’un guerrier : « Il tomba, rit et mourut6. » Il y avoit un nom particulier dans les langues germaniques pour désigner ces enthousiastes de la mort : le monde devoit être la conquête de tels hommes.
Les nations entières , dans leur âge héroïque , sont poètes : les barbares avoient la passion de la musique et des vers ; leur muse s’éveilloit aux combats , aux festins et aux funérailles. Les Germains exaltoient leur dieu Tuiston 7 dans de vieux cantiques : lorsqu’ils s’ébranloient pour la charge, ils entonnoient en chœur le Bardit, et de la manière plus ou moins vigoureuse dont cet hymne retentissoit ils présageoient le destin futur du combat8.
1. Quid loquar de cæteris nationibus, quum ipse adolescent.ulus in Gallia viderim Atticotos, gentem britannicam, humanisvesci carnibus; et quum per silvas porcorum greges et armentorum pecudumque repcriant, pastorum nates et feminarum, et papillas solere abscindere, et bas solas ciborum delicias arbitrari? (S. Hier., t. IV, p. 201 ; adv. Jovin lib. n.)
2. Interfectorum avulsis capitibus detractas pelles pro phaleris jumentis accommodant bellatoriis. (Amm. Marc., lib. xxi, cap. ii.)
3. Budini sunt et Geloni perquam feri, qui detractis cutibus hostium indumenta rsibi equisque tegmina conficiunt. ( Id ibid .)
4. Illos, reliqui corporis ; se, capitum... (Pomp. Mêla, lib. xi, cap. iv.)